Que contient l’étude sur l’assurance-chômage que Macron a cachée pendant 2 ans ?

Macron connaissait-il le contenu de l’étude sur l’assurance-chômage ? Avait-il connaissance des chiffres ? Entre 25 % et 42 % des salariés qui pourraient prétendre à l’assurance-chômage, n’y ont pas recours. Entre 390 000 et 690 000 personnes par an ne touchent pas un revenu auquel ils ont le droit. Ce rapport commandé en 2018 devait sortir en 2020 au plus tard. Il ne paraît que deux années après, le 3 octobre 2022. Ce retard est une aubaine. Il a permis au gouvernement Macron de justifier sa première réforme inique de l’assurance-chômage, prétextant que ces personnes percevraient des revenus trop importants, pendant trop longtemps.

Le rapport, réalisé par la Direction des statistiques du ministère du Travail (Dares) avec des économistes, avait été prévu par la loi sur la « liberté de choisir son avenir professionnel » de 2018 qui prévoyait qu’il soit remis au Parlement « dans un délai de deux ans ». Et depuis ? Il s’est visiblement perdu, malgré les nombreuses relances des parlementaires qui comptaient sur ce rapport pour s’opposer à la réforme de l’assurance-chômage portée par Elisabeth Borne. Notre article.

Qui peut croire qu’Emmanuel Macron n’avait pas connaissance des résultats de ce rapport sur l’assurance-chômage ?

Les chiffres dévoilés sont accablants pour la politique menée par le Président des riches depuis 2017. Entre 25 % et 42 % des salariés qui pourraient prétendre à l’assurance-chômage, n’y ont pas recours. Entre 390 000 et 690 000 personnes par an ne touchent pas un revenu auquel ils ont le droit. Le problème de l’assurance-chômage n’est certainement pas qu’elle coute un pognon de dingue, au contraire. Avec un tel taux de non-recours, l’État fait des économies sur le dos des personnes qui ont cotisé sur chaque heure travaillée pour ouvrir des droits. Qu’ils ne touchent pas ensuite.

Pourquoi un tel taux de non-recours ? À cause de la stigmatisation rabâchée par la droite macroniste et l’extrême-droite lepeniste

Ces nantis causent la misère de ces familles. Car oui, la protection sociale est le dernier rempart contre la misère. Au chômage, en moyenne, on est pauvre, 970 euros par mois, c’est en dessous du seuil de pauvreté. Mais, on peut encore donner à manger à ses enfants, les habiller correctement, réparer la voiture pour espérer un jour retrouver un emploi et aller voir les grands-parents s’ils ne vivent pas trop loin et que le litre d’essence ne dépasse pas les deux euros.

Le non-recours au droit mène à la misère, aux gosses qui vont à l’école le ventre vide, aux jeunes parents qui vont chercher le lait pour bébés à l’aide alimentaire

Et les propos insultants de Macron et de toute la droite, qui vise à faire proliférer la honte de percevoir ce revenu conquis par la lutte sociale et pour lequel les travaileuurs et travailleuses ont cotisé, ont payé, sont la cause de ce fléau qui ravage les familles modestes de la 6ème puissance économique mondiale au XXIème siècle.

Un tel niveau de non-recours ouvre une autre piste de réflexion. Si contrairement à ce que défendent les économistes libéraux et les membres du gouvernement macron (est-ce vraiment différent ?), ce ne serait pas l’excès de protection sociale qui empêcherait les personnes privées d’emploi d’en retrouver un ? Si au contraire, la faiblesse des revenus perçus et la proportion gigantesque de personnes non indemnisées était le vrai obstacle ? En effet, pas de revenu, pas de voiture, pas de mobilité… Difficile de trouver un emploi. Pas de revenu, pas de moyen pour garder les enfants… Difficile de chercher un emploi.

La misère exclue. Cette exclusion nous prive des savoirs, des qualités, des mémoires de toutes ces personnes. La misère est un fléau social, celles et ceux qui le subissent manquent à notre société

Le débat sur la nouvelle réforme de l’assurance-chômage a commencé lundi 3 octobre à l’Assemblée nationale. C’est le premier texte de la nouvelle session parlementaire. Les députés LFI-NUPES sont en première ligne de ce combat contre une nouvelle régression sociale.

L’Insoumission sera en première ligne de ce combat culturel pour affirmer que non, les plus démunis ne sont pas les profiteurs du système, ce sont les ultrariches qui profitent des milliards de niches fiscales offertes par leurs amis du gouvernement Macron. Non, ce ne sont pas les personnes au chômage qui sont des assistés mais ces grandes entreprises qui pompent l’essentiel des dizaines de milliards du CICE pour engraisser des actionnaires quand les PME honnêtes qui créent des richesses réelles, des emplois utiles, doivent se contenter des miettes.

Les députés LFI-NUPES vont continuer de tenir la tranchée, aussi bien à l’Assemblée nationale que dans la rue. Ils donnent rendez-vous à Paris le 16 octobre octobre pour une marche contre la vie chère et l’inaction climatique.

Par Ulysse