Salah Hamouri en conférence à Besançon : camouflet pour le préfet et le maire de droite

Dans le cadre du Besac antifa fest, le militant et avocat franco-palestinien Salah Hamouri devait tenir une conférence contre le génocide en cours à Gaza et en Cisjordanie, le préfet du Doubs a pris un arrêté d’interdiction pure et simple de la conférence ce 2 juin. Les réactions indignées d’acteurs locaux (associatifs, politiques et syndicaux), […]

Salah Hamouri

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Dans le cadre du Besac antifa fest, le militant et avocat franco-palestinien Salah Hamouri devait tenir une conférence contre le génocide en cours à Gaza et en Cisjordanie, le préfet du Doubs a pris un arrêté d’interdiction pure et simple de la conférence ce 2 juin. Les réactions indignées d’acteurs locaux (associatifs, politiques et syndicaux), et les applaudissements du maire (LR) Ludovic Fagaut, jamais à court de coups autoritaires. Une tribune de soutien à Salah Hamouri a aussi été mise à disposition, signée, entre autres, par Jean-Luc Mélenchon.

Ce 4 juin, quelques heures avant la tenue initiale de la conférence, le tribunal administratif rend une décision appelée à devenir une jurisprudence importante, en cassant l’arrêté d’interdiction : la conférence a bien eu lieu. Les organisateurs du Besac Antifa Fest se disent « satisfaits » de ce jugement, mais rappellent qu’une décision de justice ne doit pas constituer la totalité de la réponse politique à une mesure autoritaire. Le succès de ce jeudi soir l’a montré : la mobilisation populaire doit être l’autre face de cette réponse. Notre brève.

Pour aller plus loin : Jean-Luc Mélenchon présente la méthode d’un pouvoir insoumis pour faire respecter le droit international et arrêter le génocide en Palestine

Une jurisprudence historique pour Salah Hamouri et l’anti-impérialisme

Quelques jours avant la décision autoritaire du préfet, la droite locale avait déjà étalé son tapis de bombes, avec deux de ses plus fins artilleurs. Élu local de la majorité municipale, Franck Monneur avait qualifié, sans fondements, Salah Hamouri « d’antisémite notoire » en plein conseil municipal. Il avait été suivi par le député MoDem, également conseiller municipal, qui avait dénoncé de soi-disant « accusations graves liées au terrorisme et à l’antisémitisme », sans en dire plus, en reprenant les éléments de langage du régime colonialiste et génocidaire israélienne.

Rappelons de plus que le député Laurent Croizier est visé par un recours d’avocats auprès de la Cour Pénale Internationale pour complicité de crimes contre l’humanité. Un défenseur acharné des intérêts d’Israël donc.

Ludovic Fagaut avait salué la décision préfectorale, main dans la main avec l’État policier. Le maire était tellement pressé d’empêcher l’avocat franco-palestinien qu’il avait annulé la location de la salle dédiée à la conférence (une version démentie par les tenanciers de la salle, mais martelée par la mairie), avant que le tribunal ne rende sa décision.

Bien mal leur en a pris : ce jeudi après-midi, le tribunal administratif de Besançon, jugeant que la décision du préfet « constitue une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression ». Un camouflet total pour le préfet et ses séides municipaux, d’autant que le tribunal estime que le préfet n’apporte pas la preuve de quelconques propos antisémites tenus par Salah Hamouri. Cette jurisprudence va faire date, pour l’avocat et militant comme pour l’ensemble du mouvement pro-palestinien.

Une « grande victoire », selon l’insoumise Séverine Véziès

Pour les organisateurs, c’est clair : « le préfet et son bras droit Fagaut ont été dans l’illégalité ». L’élue LFI Séverine Véziès s’est quant à elle réjouie d’une « grande victoire » pour la cause palestinienne et la liberté d’expression.

L’événement a finalement pu se tenir, Salah Hamouri étant présent en visioconférence, devant une centaine de personnes. Il a ainsi pu saluer cette victoire pour le mouvement pro-palestinien, anti-impérialiste mais aussi anti-colonial et antifasciste, dénonçant la dissolution de la Jeune Garde et la répression menée par l’État français.

Au vu du contexte international, l’avocat a également pointé la complicité politique et logistique de la France au génocide en Palestine. Contre l’impérialisme, la colonisation et les annexions illégales d’Israël, il est nécessaire d’isoler diplomatiquement et politiquement Israël pour que cesse sa politique mortifère et génocidaire.

Par Alexis Poyard

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