Super-profits : plus de 80 000 signataires pour la pétition de LFI

Le mouvement insoumis a lancé vendredi 26 août une pétition appelant à taxer les super-profits des multinationales. En une dizaine de jours, plus de 80 000 personnes l’ont déjà signée. Panique à bord en macronie, très divisée sur cette question. 63% des électeurs de Macron sont favorables à la taxe portée par LFI et ses alliés de la NUPES. La Première ministre ne ferme pas la porte à cette idée, la présidente de l’Assemblée nationale macroniste non plus. Macron et Bruno Le Maire jouaient les libéraux réfractaires… jusqu’à hier.

L’Allemagne s’est prononcée en faveur d’une contribution obligatoire sur les super-profits. En catastrophe, le chef de l’État s’est dit hier soir favorable à « un mécanisme de contribution européenne ». Uniquement sur les profits des entreprises énergétiques. Ce n’est pas demain la veille qu’une taxe comme celle demandée par la NUPES sera mise en place. L’idée fait cependant son petit bonhomme de chemin. Il le faut. Il y urgence à taxer ceux qui se gavent, pendant que d’autres ont plongé dans la misère. Notre article.

Super-profits : « Il y a urgence » à taxer les multinationales, selon LFI-NUPES

137 milliards de profits pour le CAC 40 en 2021, 18,8 milliards d’euros de bénéfices au premier semestre de cette année pour Total, 44,3 milliards d’euros de dividends versés aux actionnaires au deuxième trimestre 2022. Et « en même temps », l’inflation à 6% asphyxie financièrement des millions de Français. « Il y a urgence » à taxer les super-profits pour La France insoumise (LFI). La situation est grave.

La taxe sur les super-profits est une « revendication de justice » selon LFI-NUPES, qui permettrait de faire payer au capital sa juste contribution à la société. Ils ont ainsi lancé une pétition intitulée « Taxons les super profits ! ». Déjà plus de 80 000 personnes l’ont signée en une dizaine de jours. La gauche de rupture avec le capitalisme compte batailler sans relâche sur cette question en cette rentrée politique. Elle a déjà réussi à mettre au centre du débat public cette question.

L’ONU et des pays européens plaident pour taxer les multinationales, Macron a commencé à céder sous la contrainte

Certains pays européens ont déjà mis en place une taxe sur les super-profits des multinationales. Des pays que l’on peut difficilement taxer de socialistes : l’Italie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, l’Espagne et le Royaume-Uni. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres a également plaidé pour mettre cette taxe. « Il est immoral que les entreprises pétrolières et gazières fassent des profits record grâce à cette crise énergétique, sur le dos des populations et des communautés les plus pauvres, avec un coût massif pour le climat  », avait-il déclaré début août. António Guterres serait-il un dangereux communiste ?

Mais c’est la prise position du chancelier Olaf Scholz qui semble avoir fait plié le chef de l’État. Hier soir, Macron s’est prononcé en catastrophe en faveur d’« un mécanisme de contribution européenne ». Certes, sa mise en place est reporté aux calendes grecques, car il devrait être accepté par l’ensemble des pays européens. Certes, cela ne concernerait que les profits des entreprises énergétiques. Mais la gauche de rupture peut se réjouir. Son idée de taxer les super-profits des entreprises qui se gavent fait son chemin. Ella va continuer à mener cette bataille dans la rue et à l’Assemblée nationale. Une taxe sur les super-profits, la première grande victoire de la NUPES ? Affaire à suivre.