Super-profits : 63% des électeurs de Macron favorables à la taxe portée par la NUPES

Super-profits : près de deux tiers des électeurs macronistes sont favorables à leur taxation. C’est ce que nous révèle un sondage You Gov pour le Huff Post. 63% des électeurs d’Ensemble ! (coalition Renaissance ex-LREM, Horizons, MODEM, etc) ne sont pas d’accord avec le fait « que la taxe sur les super-profits des grandes entreprises n’ait pas été adoptée par le Parlement en juillet ». Soit quatre points de plus que la moyenne des Français (59%). Les électeurs macronistes seraient-ils plus progressistes qu’Emmanuel Macron ?

Le parti présidentiel se déchire sur la question. La Première ministre ne ferme pas la porte à cette taxe, la présidente de l’Assemblée nationale également, contrairement au ministre de l’Économie. LFI et ses alliés de la NUPES ont lancé une pétition, déjà signée par plus de 80 000 personnes. La NUPES compte mener cette bataille partout où elle le pourra. La bataille prioritaire en cette rentrée sociale, celle de la répartition de la valeur entre le travail et le capital, alors que l’inflation étrangle le peuple français. Une première bataille que la NUPES compte bien gagner alors que la liste des pays européens à vouloir taxer les profiteurs de crise ne cesse de s’allonger. Notre article.

Super-profits : la macronie divisée, les électeurs macronistes désavouent le chef de l’État

Faut-il taxer les super-profits des multinationales ? La macronie se fracture sur cette question. La NUPES a réussi à en faire l’un des sujets principaux de cette rentrée politique. 59% des Français déplorent le rejet d’une telle taxe par l’Assemblée nationale en juillet dernier. Le chiffre grimpe à 63% au sein des électeurs… macronistes. Plus progressistes qu’Emmanuel Macron ? Le chef de l’État, dont la collusion avec les intérêts du capital (scandale Uber Files, Rotschild et McKinsey Gate, etc) n’est plus à démontrer, est résolument contre une telle taxe.

La macronie est divisée sur la question. Comme le chef de l’État, le ministre de l’Économie est résolument contre. Les super-profits ? « Je ne sais pas ce que c’est », avait même osé Bruno Le Maire. Total a profité de la crise pour réaliser 18,8 milliards de bénéfice net au premier semestre 2022. L’armateur et logisticien marseillais CMA CGM a quant à lui réalisé 14,8 milliards de dollars de bénéfices au premier semestre de cette même année selon Le Monde. En 2021, la multinationale a payé… 2% d’impôts. Au mieux, le ministère de l’Économie est sur une autre planète. Au pire, le locataire de Bercy est de mauvaise foi, en plus d’être aveugle.

La Première ministre Élisabeth Borne « ne ferme pas la porte » à une taxation des super-profits. De même, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, se questionne sur le sujet. « Dans le contexte, on peut s’interroger sur l’équité de cette situation. Je pense qu’il faut que l’on regarde comment rétablir plus d’équité et de justice » a-t-elle déclaré sur France Inter ce matin. Les troupes macronistes apparaissent donc divisées sur la question.

La NUPES mènera la bataille à l’Assemblée nationale et dans la rue

Pourquoi taxer les profiteurs de crise ? Parce que la France vient de battre son record de distribution de dividendes au deuxième semestre : 44,3 milliards d’euros, faisant d’elle la championne d’Europe des dividendes ? Parce que 5 milliardaires confisquent toujours autant de richesses que 27 millions de Français ? Parce que, pendant ce temps, le peuple français subit de plein fouet une inflation historique ? L’explosion des prix devrait atteindre 7% ce mois-ci. L’impact est considérable pour des millions de Français : ils ne parviennent tout simplement plus à vivre..

La bataille est donc lancée. La pétition pour taxer les super-profits portée par LFI atteint déjà 80 000 signataires. Une « mission flash » débute ce mois-ci à l’Assemblée nationale, à l’initiative de la commission des finances. Elle permettra de réunir un maximum d’éléments sur la nature exacte de ces super-profits. Ce, afin que les parlementaires puissent se saisir de toute opportunité législative permettant de mettre en place une telle taxe. La gauche de rupture avec le capitalisme va mener cette bataille partout où elle le pourra.

La bataille prioritaire en cette rentrée sociale, celle de la répartition de la valeur entre le travail et le capital, alors que l’inflation étrangle le peuple français. Une première bataille que la NUPES compte bien gagner alors que la liste des pays européens à vouloir taxer les profiteurs de crise ne cesse de s’allonger : après l’Italie, la Hongrie, la Bulgarie, l’Espagne, la Grande Bretagne, c’est au tour de l’Allemagne de se pencher sur la question. Emmanuel Macron, dernier gaulois réfractaire ?