Didier Lallement s’en va, les mains arrachées ne repousseront pas

Didier Lallement, le sanguinaire préfère Préfet de police de Paris s’en va. Il laisse son poste à Laurent Nuñez . Didier Lallement, ce sont des mots qui blessent : « vous allez finir sur un croc de boucher », « nous ne sommes pas dans le même camp », « pour se prendre pour Jules Vallès, il faut avoir son Galliffet (le massacreur de la Commune de Paris NDLR) », « ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, ce sont ceux qui, au début du confinement, ne l’ont pas respecté ». À la Préfecture de police de Paris, « c’est un homme qui fait pleurer » raconte les secrétaires. Didier Lallement, ce sont des ordres qui mutilent. Didier Lallement, ce sont 6 mains arrachées, 30 yeux crevés. Des vies brisées. Les violences policières comme doctrine de maintien de l’ordre. Le tout, sans jamais perdre la confiance d’Emmanuel Macron. 3 ans, 3 mois, 3 jours qui resteront inscrits dans les esprits de tous les opposants à Emmanuel Macron et dans de nombreux corps. Notre article. 

Didier Lallement en a fini avec nous. 3 ans, 3 mois, 3 jours qui resteront inscrits dans les esprits de tous les opposants à Emmanuel Macron et dans de nombreux corps. 3 ans, 3 mois et 3 jours de blessures physiques et mentales qui marquent souvent à vif les citoyennes et les citoyens qui ont osé user de leurs droits constitutionnellement protégés : manifester, exprimer des critiques envers un gouvernement prétendument “progressiste”. 3 ans, 3 mois et 3 jours dont tous les militants : Gilets Jaunes, syndicalistes, féministes, antiracistes, écologistes ressortent lessivés, parfois mutilés, mais toujours plus en colère. Probablement ce qu’on appelle une réussite en Macronie. 

Didier Lallement est nommé Préfet de Police de Paris en mars 2019 avec un objectif clair : protéger Emmanuel Macron de ses opposants 

Il doit assurer au Président de garder le pouvoir malgré la colère populaire qui monte depuis le début de l’insurrection des Gilets Jaunes, le 17 novembre 2018. 

Le nouveau préfet a acquis une solide réputation dans sa préfecture précédente à Bordeaux. Tout n’avait pourtant pas commencé sous les meilleures auspices. Alain Juppé, alors maire de la Ville s’inquiète auprès de M. Perben, qui l’a aidé lors de sa campagne des primaires du parti Les Républicains : « Dis donc, il paraît qu’on m’envoie un nazi ? » Perben éclate de rire. Ah l’humour de droite… 

Celui qui est décrit par des journalistes adeptes de la nuance comme un “homme à poigne” est en fait tout simplement un homme violent. 

Pour preuve, mécontent du travail d’un des services de police, il explique au commissaire, en pleine réunion hebdomadaire : « Vous allez finir sur un croc de boucher ». Ambiance. Sévices toujours, cette fois-ci physique, envers les citoyennes et citoyens dont il est supposé assurer la sécurité lors des manifestations. Un rapport de l’Observatoire girondin des libertés publiques qualifiait de « politique d’intimidation » sa stratégie de maintien de l’ordre lors des manifestations de Gilets jaunes à Bordeaux.

Pourtant, pour la France des premiers cordées, qui sent dans l’air comme un parfum de nuit du 4 août, cette violence est légitime. Si le peuple ne consent pas à l’autorité, il faut l’imposer. Par la force si nécessaire. Et pour ça,il s’y connaît Lallement. Sa côte monte en flèche dans les couloirs anxieux d’un pouvoir de plus en plus détesté par sa population. 

Après l’incendie du Fouquet’s, précieux lieu de pèlerinage pour la grande bourgeoisie, c’en est trop pour les “honnêtes gens”. Le Président lui demande de quitter la préfecture de Nouvelle Aquitaine pour celle de Paris, où convergent, chaque samedi, les Gilets Jaunes pour demander un meilleur partage du pouvoir et des richesses du pays. 

Sa nomination entérine l’usage des violences policières comme moyen de maintenir l’ordre social. Tant pis pour la paix sociale, l’ordre suffira. 

Avec Didier Lallement, plus besoin de cacher les barbouzes, leurs méthodes vont désormais devenir la doctrine. Au mépris d’un code de déontologie et de celui de sécurité intérieur qui, pourtant, laissent déjà une ample latitude dans l’usage de la force, le nouveau préfet généralise et radicalise le fonctionnement des nasses qui seront désormais sans échappatoire, et doublé de l’usage des lacrymos. Toutes les personnes présentes à la manifestation de la fête du 1er mai 2019 à Paris savent désormais ce que c’est que d’être enfermé et gazé. Une pratique illégale mais sacrément efficace pour réduire le nombre de participants à la prochaine marche pacifique. 

Dès lors, toute la France découvre la brutalité du nouveau chien de garde de l’Élysée. 

Violence verbale dans sa bouche. Violence physique sur ses ordres. Les polémiques s’enchaînent. La mutilation se banalise. 

A la Préfecture de police de Paris, « C’est un homme qui fait pleurer » raconte les secrétaires. 

Dans la rue, alors qu’il est soumis au devoir de réserve et censé représenter la République, la chose publique, la protection de tout un chacun, il assène à une citoyenne après un début de conversation courtoise : « Nous ne sommes pas du même camp, madame. » La raison ? Il vient de voir un pin’s Gilets Jaunes sous son écharpe. 

Enfin, face aux critiques bien légitimes que suscite ce mépris pour la souffrance du peuple, il déclare : « Pour se prendre pour Jules Vallès, il faut avoir son Galliffet ». Vous connaissez le général Gallifet ? Homme charmant. Pour vous donner l’eau à la bouche, nous nous bornerons à vous révéler son petit surnom « Massacreur de la Commune ». En effet, Monsieur le Préfet de police, nous ne sommes pas du même camp.

Agressivité des mots, agressivité des ordres. 

Depuis novembre 2018, David Dufresne répertorie toutes les violences subies par des manifestants

  • 4 décès
  • 353 blessures à la tête
  • 30 éborgné·es
  • 6 mains arrachées
  • 5 Blessures aux parties génitales

En tout 992 signalements pour des violences policières émis depuis novembre 2018, par :

  • 720 Manifestant·es
  • 145 Journalist.es 
  • 58 Medics 
  • 33 Mineur·es et lycéen·nes
  • 36 Passant·es

Toutes ces blessures physiques et mentales ne sont pas toutes imputables à Didier Lallement. Cependant, les plus grandes manifestations se déroulent à Paris. Et à partir de mars 2019, ce sont aussi les plus violentes. On assiste peu à peu à un ensauvagement des agents sous ses ordres. 

Didier Lallement instaure le règne de la peur 

La préfecture de police de Paris fait évacuer un camp d’exilés

Un banal contrôle routier

Une manifestation féministe le 8 mars (édito de Julie Garnier pour Canal Fi, l’ancêtre de l’insoumission) :

Michel Zeclere pendant la crise Covid 

Après 3 ans, 3 mois et 3 jours de services loyaux et visiblement jugés bons, Macron se sépare de son féroce gardien de l’ordre sociale, comprenez de la domination des ultra riches sur le peuple. A ceux qui doutaient que 65 ans était un âge trop tardif pour partir en retraite, espérons que l’expérience Lallement vous aura convaincus. 

Le peuple soupire de soulagement en ce 20 juillet 2022. En espérant que le prochain fasse au moins semblant d’avoir une once de considération pour la souffrance humaine.