« Vous êtes humains ? Vous savez comme c’est dur pour nous ? » : Rachel Kéké démolit le gouvernement sur le paquet pouvoir d’achat

Rachel Kéké, première de corvée aujourd’hui députée du peuple (LFI-NUPES), vient de mettre un coup de pied dans la fourmilière du Palais Bourbon. Pour sa première intervention en commission des affaires sociales, elle a démoli le gouvernement sur le « paquet pouvoir d’achat ». Elle a envoyé le réel au visage du gouvernement : la crise sociale qui fracasse le pays. Rachel Kéké est le symbole de la lutte victorieuse de l’Hôtel Ibis Batignolles, après 22 mois de grève avec ses collègues femmes de chambres. Elle fait partie de ces nouveaux visages dont l’Assemblée nationale manque cruellement. Son but : rendre enfin visible la souffrance des invisibles. Notre article.

Rachel Kéké : « Ce texte ignore complètement les besoins de la population »

Rachel Kéké connaît les besoins du peuple. Pendant 22 mois, à l’Hôtel Ibis Batignolles, elle s’est battue avec ses collèges femmes de chambre pour une augmentation de leurs salaires et une amélioration de leurs conditions de travail. Aujourd’hui députée du peuple, elle fustige la façon qu’a le gouvernement de traiter la question du pouvoir d’achat : « Votre projet qui prétend viser l’amélioration du pouvoir d’achat des Français est une insulte de plus envers leurs espoirs d’améliorer leur quotidien. Ce texte ignore complètement les besoins de la population ! ».

Le gouvernement a tout de même prévu quelques revalorisations. Mais celles-ci sont… en dessous de l’inflation actuelle. Un exemple : le gouvernement se targue de revaloriser de façon historique le point d’indice des fonctionnaires de 3,5%. Problème, la perte sèche de pouvoir d’achat est de 2,25% pour les fonctionnaires cette année.

Le gouvernement présente un dérisoire « paquet pouvoir d’achat », alors que l’inflation crève le plafond. Celui-ci ne contient que des mesurettes. L’augmentation du SMIC à 1500 euros net ? Le blocage des loyers ? Le blocage des prix de l’essence et des biens de première nécessité ? Oubliez. Des mesures qui changeraient pourtant du tout au tout le quotidien des Français. « La population a besoin d’une augmentation de SMIC. […] De l’argent, il y en a. Vous pouvez mettre tout ça à la disposition de la population, des gens qui manifestent, qui pleurent, qui crient, qui souffrent ! » s’est exclamée Rachel Kéké.

« Est-ce que vous êtes humains ? Est-ce que vous savez que c’est dur pour nous ? »

Rachel Kéké parle avec ses tripes et son cœur : cela s’entend. Face à une commission abasourdie, elle assène ces questions : « On n’arrive pas à finir les fins du mois. On arrive même pas à acheter un carton de poulet pour nos enfants. Est-ce que vous êtes humains ? Est-ce que vous savez que c’est dur pour nous ? ».

Sa voix porte celle de ceux qui n’en ont pas. Ceux que l’inflation a pris a la gorge, ceux qui ont été fracassés par la crise sociale, ceux qui ont subi de plein fouet les réformes sanglantes du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Ceux que l’on entend jamais. Les invisibles, inaudibles, ont maintenant leur porte-voix. Aujourd’hui, c’est la commission des affaires sociales que Rachel Kéké a laissé sans voix.