« Je souhaite un débat avec madame Borne » : Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon s’est exprimé ce lundi midi devant le QG de La France insoumise. Après la victoire de la NUPES au premier tour des élections législatives hier soir, le premier opposant à Emmanuel Macron a dénoncé le tripatouillage des résultats par Gérald Darmanin. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé des « mauvais perdants ». Le leader de la NUPES, désormais première force politique du pays, a proposé un débat à la Première ministre, Élisabeth Borne. La proposition est simple : débattre des deux programmes économiques que les Français auront à départager ce dimanche, pour clarifier les deux chemins que le pays peut prendre pour les 5 ans à venir. Notre article.

« Des mauvais perdants » : Jean-Luc Mélenchon dénonce le tripatouillage de Darmanin

Lundi 13 heures, siège de LFI, 10ème arrondissement de Paris. Jean-Luc Mélenchon fait son apparition, tout sourire. À une question de journaliste, il répond : « la victoire n’a jamais été autant à portée de main qu’aujourd’hui ». Celui qui est désormais le premier opposant à Emmanuel Macron regrette le tripatouillage des résultats par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, dénonçant « des mauvais perdants, des mauvais joueurs, mais là ce n’est pas un jeu : c’est la démocratie ».

« Ils n’ont pas compris la colère, l’exaspération »,lance le leader des insoumis, rappelant le taux d’abstention historique. Jean-Luc Mélenchon souligne le vote massif, malgré l’océan d’abstention, des catégories les plus précaires en faveur de la NUPES. Et rappelle le travail qui reste à faire pour convaincre les ouvriers : « la ténacité, la constance, pour convaincre sur le programme ».

« Déferlez, c’est maintenant » : l’appel de Mélenchon aux classes populaires

Jean-Luc Mélenchon a ensuite lancé un appel aux classes populaires : « déferlez, c’est maintenant, vous avez les pleins pouvoirs de tout changer ». Le premier opposant d’Emmanuel Macron a regretté le refus de débattre de « seigneur Jupiter », son refus de faire campagne, qui se retourne aujourd’hui contre lui. « Il a pensé que c’était une formalité administrative », mais force est de constater que les projections des sondages ne donnent plus à la macronie la majorité parlementaire nécessaire pour gouverner le pays.

Alors qu’Emmanuel Macron est en déplacement international cette semaine, le leader du bloc populaire a proposé un débat à la Première ministre, pour clarifier les deux programmes économiques entre lesquels les Français vont trancher ce dimanche. «Je souhaite un débat avec Madame Borne : on a des questions économiques sérieuses, qui nous concernent toutes et tous, à poser au gouvernement. Il y a deux visions économiques qui s’opposent. Ils ont décidé de retirer 80 millions d’euros du budget de l’État. L’équivalent du budget du ministère de l’Intérieur et de l’Éducation nationale réunis ! Où vont-ils trouver ces 80 milliards ? Ils vont augmenter la TVA, ils vont refaire ce qu’a fait Monsieur Sarkozy ! ».

L’augmentation de la TVA, le projet caché d’Emmanuel Macron saison 2 ? En pleine inflation historique, alors que le prix de l’essence et des produits de première nécessité crèvent le plafond, une augmentation de la TVA serait pour le moins explosive. Sans parler de la retraite à 65 ans et du travail forcé pour les bénéficiaires du RSA, déjà annoncé dans le projet présidentiel. Ces 80 milliards d’euros à rembourser pour rentrer dans les clous des 3% de déficit à l’horizon 2027 signifie une chose : Emmanuel Macron prépare la pire cure d’austérité que le pays n’ait jamais connue. Où va-t-il prendre cet argent ? Combien de lits d’hôpitaux et de postes d’enseignants va-t-il encore supprimer ? Un débat économique sur les 5 ans à venir s’avère vital.