« Avec Mélenchon à Matignon, nous pourrons gouverner » : Clémence Guetté lançait samedi sa campagne à Choisy-le-Roi

Clémence Guetté, co-responsable du programme L’Avenir en Commun et secrétaire générale du groupe LFI à l’Assemblée nationale, est candidate pour devenir députée sous la bannière de la Nouvelle Union Populaire. Elle se présente dans la 2e circonscription du Val-de-Marne (94). Samedi dernier, elle lançait officiellement sa campagne législative à Choisy-le-Roi, dans le parc Maurice Thorez : 150 personnes déjà convaincues ou curieuses étaient là. En arrivant, nous entendions même quelques enfants scander « Clémence, députée ! ». Sur place, les militants sont optimistes, mais conscients de l’enjeu fondamental de la participation. Une candidature comme celle de Clémence ? « Une évidence » nous glisse une militante. Cinquième épisode de notre tour de France des campagnes législatives insoumises. Notre article.

« Élisez Jean-Luc Mélenchon Premier ministre ! Envoyez Clémence Guetté à l’Assemblée ! »

Un ampli joue de la musique pendant que les gens accourent au buffet se rafraîchir. À 18h, le soleil brille sur le parc Maurice Thorez de Choisy-le-Roi. Beaucoup d’enfants jouent au football et courent entre les militants et les curieux venus assister au lancement de campagne de Clémence Guetté. Certains enfants font coucou à une caméra en s’exclamant « Votez Mélenchon ! ». En arrivant, un camarade nous glisse : « Y a des enfants qui ont scandé « Clémence députée » quand elle est arrivée ! »

Du matériel militant est disposé sur une table : tracts, affiches, et même des accroche-portes. À droite de la table, une tente est montée, avec une grande banderole déployée. On peut y lire « Élisez Jean-Luc Mélenchon Premier ministre ! Envoyez Clémence Guetté à l’Assemblée ! » C’est devant celle-ci que les prises de parole vont avoir lieu. « Sept au total, en comptant celle de Clémence », nous explique Clément Agostini, animateur de la campagne. Il vérifie les derniers détails avant que le tour des prises de parole ne commence. De son côté, la candidate va à la rencontre des curieux et des militants venus assister à son lancement de campagne. On la voit rigoler avec des enfants, ballon à la main.

image 1
Affiches, tracts, accroche-portes : beaucoup de matériel disponible pour les militants.

Thierry Atlan du PS d’Orly, Zahia Yousfi, membre du collectif « On s’en mêle », Fabien Guillaud Bataille du PCF de Choisy-le-Roi, Abdoulbar Jaffran d’EELV Créteil… Les quatre premières prises de parole témoignent de la diversité qui règne au sein de la NUPES. Tous se réjouissent de la dynamique qui se crée petit à petit dans la 2e circonscription du Val-de-Marne en faveur de la candidature de Clémence Guetté. Ce soir, ce sont 150 personnes qui sont venues assister au lancement officiel de sa campagne législative.

Et puis, c’est au tour de Robin Albert de prendre la parole. Il est le suppléant de Clémence Guetté. Son discours est plein d’entrain : il salue notamment cet « accord historique » signé entre EELV, le PCF, le PS et LFI pour porter une majorité de députés à l’Assemblée nationale et in fine propulser Jean-Luc Mélenchon à Matignon. Il ne manque pas de louer les qualités de la candidate : « Le programme, c’est la boussole : qui mieux que Clémence pour porter au mieux le programme de la NUPES ? » En conclusion, il lance à tous les curieux venus assister à l’évènement « Prenez votre part ! Cette fois, c’est la bonne ! »

image 4
Prise de parole de Clémence Guetté sous l’œil bienveillant de Danièle Obono

Juste avant que Clémence Guetté ne s’exprime, une députée LFI saisit le micro. C’est Danièle Obono, députée de la 17e circonscription de Paris, qui est venue soutenir sa collègue et amie. « On a réussi à créer la possibilité du 3e tour ! Vivre, respirer enfin, c’est possible les 12 et 19 juin prochains ! », s’est-elle exclamée.

Danièle Obono n’a pas manqué de rappeler les qualités de Clémence Guetté et sa présence indispensable pour les 17 députés LFI à l’Assemblée nationale : « Si on est arrivé à tenir la tranchée à l’Assemblée, c’est parce qu’on savait que vous étiez là, grâce à nos collaborateurs, et parce que Clémence Guetté était la secrétaire générale du groupe. Du 1er au dernier jour, c’est elle qui a tenu la baraque ! »

« Beaucoup plus de gens comprennent l’intérêt de voter pour ce 3ème tour »

Mardi, à Saint-Nazaire, Jean-Luc Mélenchon a rappelé la nécessité d’expliquer à chaque personne comment fonctionnent les élections législatives. Quelles sont les dates ? Combien de députés sont nécessaires pour avoir la majorité ? Pourquoi, si une majorité de députés de la NUPES siège dans l’hémicycle, Jean-Luc Mélenchon peut-il être propulsé à Matignon ? Quel est le lien entre le candidat ou la candidate de la circonscription et la possibilité d’appliquer le programme partagé de la Nouvelle Union Populaire ? Non, tout le monde ne sait pas comment cela fonctionne, loin de là.

Quelle est la situation dans la 2e circonscription du Val-de-Marne ? Edyta a parfaitement conscience de la nécessité d’expliquer : « Il faut expliquer aux gens ce que c’est les législatives. C’est quoi un député ? À quoi ça sert concrètement ? Quand on prend un exemple concret, par exemple la cohabitation Chirac-Jospin, les gens comprennent tout de suite. » Le message serait passé selon Xavier, militant « très optimiste » : « Beaucoup plus de gens comprennent l’intérêt de voter pour ce 3e tour. « Mélenchon Premier ministre ? On a entendu le message, on va se déplacer, c’est qui la candidate ?’»

« Le message est passé. Quand on fait les marchés, les gens ont en tête « Mélenchon Premier ministre, ils voient une vraie opportunité », nous explique Clémence Guetté. Il faut maintenant « que les gens identifient bien les dates des élections, qu’il y ait un enjeu particulier cette fois-ci, puisque l’on peut avoir la majorité. » La candidate ne perd pas de vue l’enjeu fondamental de la participation, car les élections législatives sont souvent boudées par les citoyens. Ce, même si Jean-Luc Mélenchon a fait 45,4% le 10 avril au sein de la circonscription.

Aux élections législatives de 2017, l’abstention y avait atteint 58,61% au premier tour, 63,52% au second. « L’enjeu, c’est la participation, que les gens n’aient pas perdu l’espoir qui s’est levé », selon les mots de la candidate. Il y a un dernier enjeu et il est fondamental selon Clément Agostini : « expliquer ce que l’on peut faire et comment on articule ça avec leur nouvelle députée, qu’est ce que ça veut dire voter pour elle »

image 3
Clémence Guetté, son suppléant Robin Albert, Danièle Obono et une partie des militants.

« C’est souvent des colères qui nous font monter au créneau »

Pourquoi s’engager ? Pourquoi soutenir la Nouvelle Union Populaire et la candidature de Clémence Guetté ? « C’est souvent des colères qui nous font monter au créneau », nous confie Zahia Yousfi. « Il y a eu beaucoup trop de violences sur ce quinquennat. Les députés LFI, même s’ils étaient en petit nombre, ils ont fait le taf et ils ont permis à plein de jeunes de se sentir peut-être un peu plus légitimes que les autres années. Les dégâts au niveau social, sur la santé, sur l’école sur plein d’autres choses qui font notre quotidien ont créé je pense un réveil de citoyen. »

C’est la crise sociale qui fracasse notre pays qui a définitivement convaincu Edyta de rejoindre LFI et de soutenir aujourd’hui la NUPES. « J’ai décidé de rejoindre LFI pour la présidentielle parce que la situation est catastrophique. Les gens travaillent pour survivre, pas pour vivre. Les gens qui sont au SMIC, arrivés le 10 du mois, ils sont déjà en fin de mois. Ils doivent choisir entre se nourrir, se chauffer, faire le plein d’essence. » Aujourd’hui d’ailleurs, la NUPES a présenté son programme partagé de gouvernement. Pour enfin répondre aux urgences sociale, démocratique et écologique qui nous font face : SMIC à 1500 euros, retraite à 60 ans, blocage des prix, planification écologique, règle verte, RIC, pour ne citer que ces mesures.

Clémence Guetté : « Je sais pourquoi je fais de la politique, je sais ce qui m’insupporte ! »

Après les six premières prises de parole est venue celle de Clémence Guetté. Comme les précédentes, sa prise de parole n’a pas été très longue. Mais elle a pu largement résumer les raisons de son combat, fustiger l’actuel député LREM de la circonscription, synthétiser les enjeux de ces élections législatives, et ce qui se jouait dans le cadre de la circonscription où elle est candidate.

« Je sais pourquoi je fais de la politique, je sais ce qui m’insupporte » s’est exclamée la candidate. « Je me suis engagée en politique dans un monde que je sais que vous ressentez comme parfois n’étant pas le vôtre, et que parfois, je ressens comme n’étant pas le mien. Je suis une femme, c’est un monde d’hommes. J’ai 31 ans, c’est un monde où beaucoup de gens ont un certain âge et tiennent les bancs depuis un sacré moment. Je suis d’une famille modeste comme plein d’autres, une étudiante boursière, qui s’est engagée par ce refus des inégalités, que ce soit toujours les mêmes qui galèrent, que ce soit toujours dur pour les mêmes. »

image 5

Clémence Guetté n’a pas non plus manqué de vilipender l’actuel député LREM, « incarnation de la macronie ». Elle a taillé en pièces son bilan parlementaire. « Il a voté ce que la macronie proposait, en bloc et sans se poser de questions. Il a voté 90% des textes de lois de Macron sans se poser de questions, dont la loi Sécurité globale par exemple qui interdit de filmer les policiers quand ils font des violences policières. Toutes ces lois iniques, il les a votées ! Il a voté sans se poser de questions les cinq budgets de la Sécurité sociale qui baissent les moyens pour l’Hôpital public. » Un réquisitoire sans concession.

Clémence Guetté : « J’espère que je porterai votre voix en vous rendant fiers ! »

« Il y a deux visions du monde qui s’opposent. », a souligné Clémence Guetté. Les voyants sont au vert pour la NUPES dans le pays. « Ils ne vont pas nous laisser tranquilles, mais c’est un bon signal en réalité. Ils ont peur, ils ont peur qu’on y arrive. Il y a des sondages qui disent que l’on peut faire 36%, que l’on est la première force du pays, donc la principale alternative à Macron » a expliqué la candidate à un auditoire très concentré malgré quelques enfants qui continuaient de jouer au ballon.

Pour terminer son discours, Clémence Guetté a choisi de citer Aimé Césaire : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche. Ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir. » « J’espère que je porterai votre voix en vous rendant fiers ! » a-t-elle conclu sous une pluie d’applaudissements et sous des « Clémence, députée ! ». Le soleil descend lentement sur le parc Maurice Thorez. « C’était une très belle soirée, on est content », nous confiera la candidate. Rendez-vous les 12 et 19 juin dans les urnes, pour le 3e tour de l’élection présidentielle !

Par Nadim Février