Sciences Po Paris attaqué par des groupuscules d’extrême-droite

Sciences Po Paris attaqué par des groupuscules d’extrême-droite ce jeudi 14 avril 2022. Matin brun. Un matin, on se réveille avec une candidate d’extrême droite qualifiée au second tour de l’élection présidentielle. Trois jours plus tard, la Cocarde étudiante, l’UNI et Génération Zemmour, groupuscules néo-fascistes désinhibés, se constituent en milice et entendent faire régner l’ordre dans des établissements d’enseignements supérieurs. Trois groupuscules qui appellent à voter Marine Le Pen. Demain dépend de notre mobilisation face à l’hydre fasciste qui menace à nouveau de submerger la France.

« Face à l’inaction des directions et de l’Etat nous avons pris les choses en main : le blocus de SciencesPo vient d’être évacué par nos soins. » pouvait-on-lire ce 13 avril 2022 sur le tweeter de la Cocarde Etudiante, syndicat proche du Rassemblement National.

Pour qui a la conscience de l’histoire du fascisme, cette phrase glace le sang.

Non, l’extrême droite n’arrive pas par hasard, sans crier gare, un soir de pleine lune. L’extrême droite n’accède jamais au pouvoir par un attaque sauvage imprévisible sur les institutions démocratiques.

L’extrême droite avance lentement, méthodiquement, prudemment, comme la grenouille dans sa casserole, elle sait que sa meilleure chance a toujours été l’engourdissement du peuple

Non, les fascistes n’ont pas la même tête que les méchants dans les films. Quand finalement, le peuple les renverse alors s’opère cette formidable épopée philosophique et culturelle populaire pour laver le corps politique des dégâts infligés sur les corps, les rêves et les passions par leur prise de pouvoir. Alors sortent les livres, les films et les chansons pour ancrer dans nos coeurs et nos esprits « plus jamais ça ». Mais l’hydre est aussi caméléon. Elle se terre, mue, change de visage. Quand elle reparait, elle a pris les us et coutumes du temps. Elle rit à gorge déployée sur les plateaux télés, parle de souveraineté du peuple et fait des vidéos de chat sur Internet.

Si son apparence change, les méthodes de la haine perdurent.

Toujours, elle frappe d’abord celles et ceux qui luttent. La lutte éveille. La haine s’étend quand la conscience s’assoupit dans le pain et les jeux.

Toujours, elle profite de la misère sociale pour fracturer lentement le peuple, pousser des étudiants contre d’autres étudiants, des travailleurs pauvres contre des travailleurs plus pauvres encore.

Toujours, elle pointe un Etat en faillite qu’il faudrait mettre à bas pour retrouver un âge d’or mythifié et fantasmé.

Toujours, elle délégitimise les institutions démocratiques pour justifier la nécessité de se faire justice soi-même.

Toujours, elle prétend incarner l’ordre et déchaîne sa violence contre la différence.

Sciences Po attaqué aujourd’hui, la société menacée demain

Peu importe que vous soyez d’accord avec le blocus des universités, ne laissez pas passer ce déchainement de violence d’une clic de faf qui prétend faire le travail de la police.

Lisons Matin Brun. Ne nous rassurons pas parce que notre chien est brun. Révoltons-nous. Chaque jour où nous arrive l’immonde bruit des bottes brunes. Même un écho, juste une odeur, c’est toujours trop. Indignons-nous, insurgeons-nous. Et pas seulement quinze jours tous les cinq ans pour faire élire le nouveau chouchou des banques et des multinationales puisque c’est justement à ce jeu là que la grenouille s’endort dans l’eau tiède avant de finir bouillie.