Face à l’incendie McKinsey, Macron furieux à 10 jours du premier tour

McKinsey. Plus de 2,4 milliards d’euros cumulés versés aux cabinets de conseil en 4 ans, dont 1 milliard en 2021. Des cabinets payés une fortune d’argent public pour des missions inutiles. Un cabinet, McKinsey, qui ne paie pas d’impôts en France depuis 10 ans, et dont le directeur associé de McKinsey France, est un ami d’Emmanuel Macron. Ils aimeraient éteindre l’incendie, mais ils n’y arrivent pas. Après que la commission d’enquête du Sénat ait révélé ces différents éléments, le sujet a commencé à intéresser les médias mainstreams. Pour éteindre la polémique, deux ministres ont dû s’expliquer hier sur cette affaire en conférence de presse. Mais à vouloir « éteindre l’incendie, le gouvernement l’attise. » La macronie tremble. Notre article.

Avec les cabinets de conseil, « le contribuable se fait plumer trois fois »

Pendant l’émission « On est en direct » du 26 mars 2022, le député Adrien Quatennens avait dénoncé ces cabinets de conseil devant Olivier Véran : « le contribuable se fait plumer trois fois. La première fois, avec des factures qui coûtent des millions pour ces conseils, parce que ces gens ne paient pas d’impôts en France, la troisième parce que leurs conseils contribuent souvent à diminuer la protection sociale » avait dénoncé le député du Nord.

Nous étions revenus dans nos colonnes sur le « putsch progressif » et inquiétant des cabinets de conseil au sein de l’Etat. Des cabinets que la macronie a payés 4 millions d’euros… pour lui conseiller de baisser les APL de 5 euros, mais aussi 558 000€ pour une ‘convention des managers de l’État’ qui n’a jamais eu lieu et 496 000€ pour une ‘prospective sur le métier d’enseignant’ qui n’a rien donné. Une fortune d’argent public.

L’histoire des cabinets de conseil au sein de l’Etat est celle du serpent néolibéral qui se mord la queue. L’État paie des conseillers une fortune pour des PowerPoints qui semblent inoffensifs, mais qui ont des conséquences réelles pour la vie des gens. En effet, l’État est dépecé de ses fonctions fondamentales, et a de moins en moins de moyens pour mener ses missions essentielles, pour ses services publics qui sauvent la vie des gens. 

Pour pallier à cela, l’État a recours de manière plus intense aux consultants qu’il paye toujours une fortune d’argent public pour leur sous-traiter certaines missions. Et, cerise sur le gâteau, on apprend qu’un cabinet a décidé de ne pas payer d’impôts en France depuis 10 ans : McKinsey. C’est tout cet incendie que la macronie peine à éteindre à 10 jours du premier tour de l’élection présidentielle.

Une conférence de presse ratée pour éteindre l’incendie McKinsey

En privé, Macron est furieux face à l’incendie McKinsey qui se propage progressivement. Que le sujet s’invite dans les conversations des Français est sa crainte majeure. C’est sûrement trop tard. La macronie pensait pouvoir y échapper. Mais à 10 jours de l’élection présidentielle, l’affaire est trop grave. D’où l’organisation un peu précipitée d’une conférence de presse pour essayer de calmer les esprits. Qui de mieux que deux ministres peu connus et techniques pour éteindre l’incendie McKinsey ? Mais à vouloir « éteindre l’incendie, le gouvernement l’attise. »

« C’est une opération de minimisation permanente. Le gouvernement n’a toujours pas compris que le phénomène interroge toute la société, que c’est un ‘phénomène tentaculaire’ qui donne le vertige« , a dénoncé Arnaud Bazin, président de la commission d’enquête du Sénat, qui se dit « surpris » parle d’une « opération de déminage aussi paradoxale. » Dans un communiqué, les membres de la commission d’enquête se montrent sceptiques face à cette opération de communication, soulignant entre autres qu’il aura fallu 5 ans au gouvernement pour réagir à ce sujet.

Ainsi, « le camp Macron valide ‘McKinsey’ comme thème principal de cette dernière ligne droite présidentielle. » Dénonçant des ‘manipulations grossières’, Olivier Dussopt et Amélie de montchalin insistent pour dire que le gouvernement n’a rien à cacher. Alors pourquoi n’ont-ils « toujours pas mis en ligne les fameux  »livrables’ de McKinsey, ces documents si «utiles» au gouvernement pour prendre leurs décisions ? » De plus, la rapporteur communiste de la commission d’enquête, Eliane Assassi, s’interroge sur « des rapprochements de dates troublant » entre le début des travaux de la commission (novembre) et le lancement du contrôle fiscal de McKinsey (décembre).

Le problème d’Emmanuel Macron est qu’il est obligé de redescendre de l’Olympe alors qu’il aurait rêvé rester en surplomb du débat politique. Aujourd’hui, la macronie s’aventure sur un terrain où elle est obligée d’être sur la défensive. Fébrile, à moins de deux semaines de la présidentielle. Baisse dans les sondages, guerre en Ukraine de moins en moins présente dans les médias… Jupiter ne peut plus vraiment ni se cacher, ni occulter un bilan difficilement défendable. La macronie tremble. Le 24 avril, l’Union populaire prendra sa place, et se débarrassera de ces cabinets de conseils.

Par Nadim Février