3/10 : Macron cancre de l’écologie

Les 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) ont attribué ce dimanche 28 février, pour leur ultime rencontre mettant fin à plus de 17 mois de travaux, un bonnet d’âne au gouvernement. Les conventionnels ont ainsi évalué à… 3,3 sur 10 la prise en compte par le gouvernement de leurs propositions. Seules 19 de leurs 149 propositions font en effet l’objet d’une reprise conforme dans le projet de loi du gouvernement. Des cancres de l’écologie. 90% des propositions de la CCC sont compatibles avec un programme politique : l’Avenir en commun. Il y a urgence.

Trois quart des propositions de la CCC jetées à la poubelle ou édulcorées par le gouvernement

Une gifle. Un tacle appuyé à l’inaction climatique du gouvernement. Le message adressé par les 150 citoyens de la convention citoyenne pour le climat (CCC) à la macronie est clair, net et précis. Il constitue un nouveau camouflet pour le gouvernement. Et pas des moindres. Car c’est bien le gouvernement qui avait décidé de lancer la convention citoyenne pour le climat en octobre 2019, après le mouvement des gilets jaunes.

17 mois plus tard, le résultat des courses est consternant. Les opérations de communication gouvernementales n’y pourront rien changer. Les 150 conventionnels ne sont pas dupes. Ce dimanche 28 février avait lieu la huitième et dernière session de leurs travaux. Les conventionnels se sont exprimés sur la « prise en compte » par le gouvernement de leurs 149 propositions, que le Président de la République s’était engagé à reprendre « sans filtre » le 29 juin dernier. Un mensonge gros comme une maison. Huit mois après la promesse d’Emmanuel Macron, trois quart des propositions de la CCC ont en effet été jetées à la poubelle ou édulcorées par le gouvernement. Une trahison.

3,3 sur 10 : le bonnet d’âne au gouvernement

Les conventionnels ont évalué à 3,3 sur 10 la prise en compte par le gouvernement de leurs propositions. « Insatisfaisant ». Les communicants du « champion de la terre » auront beau inviter tous les Youtubeurs et les Influenceurs de la terre à l’Élysée, la tâche ne s’effacera pas. À la question « dans quelle mesure les décisions du gouvernement relatives aux propositions de la CCC permettent elles de s’approcher de l’objectif fixé par le président de la République », la note est plus médiocre encore : 2,5 sur 10.

« On ne peut pas demander à des citoyens et citoyennes de s’impliquer pendant des mois sur un sujet aussi crucial et attendre d’eux d’adhérer à la manipulation qui en est faite » a taclé Clément Sénéchal, chargé de campagne politiques climatiques chez Greenpeace. L’ONG a ainsi décerné un « bonnet d’âne au gouvernement ». Quand on entre dans le détail de la notation, la copie est calamiteuse sur toute la ligne.

La thématique « se loger » ? Notée 3,4 sur 10. « Produire et travailler » ? 3,7 sur 10. « Se nourrir » ? 3,7 sur 10. « Se déplacer » ? 3,7 sur 10. Une régularité lamentable dans la trahison et l’inaction climatique. La traduction d’objectifs emblématiques de la CCC, comme la limitation des effets néfastes du transport aérien ou l’introduction dans le droit d’un délit d’écocide, ont obtenu des notes encore moins glorieuses : 2,8 et 2,7 en moyenne. Affligeant.

90 % des propositions de la CCC compatibles avec l’Avenir en Commun

Selon les calculs du journal Le Monde, seules 19 des 149 mesures proposées par la Convention citoyenne font l’objet d’une reprise conforme dans le projet de loi. Soit 13% des propositions. Comment le « sans filtre » du gouvernement s’est-t-il transformé en « cent filtres » ? Sous la pression des lobbys dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Avion, automobile, agro-business, publicitaires… Le rouleau compresseur des lobbys a réussi à vider de toute substance le projet de loi censé donner suite à la Convention citoyenne pour le climat. Accès privilégié aux décideurs, études biaisées, marketing vert, guerre des mots dans les médias et mobilisation de complices au cœur même de l’État… Retrouvez l’enquête détaillée de Bastamag.

tableau 3

Loin des opérations de communication gouvernementales et du greenwashing ambiant, un programme porte depuis 2017 pas moins de 90% de propositions compatibles avec les 150 propositions des conventionnels : l’Avenir en commun, le programme des insoumis. C’est ce que nous révèle notamment le comparateur de programme fraichement lancé par la France insoumise : 90% des propositions de la Convention citoyenne pour le climat sont compatibles avec l’Avenir en commun. À bon entendeur…

Par Pierre Joigneaux.