vendredi 28 août

11:58

Le bon, les brutes et la truande : au MEDEF, six candidats en service commandé et un seul contradicteur

MEDEF. Jeudi 27 août, sur le court Philippe Chatrier, sept candidats à la présidentielle ont répondu aux questions de cinq chefs d’entreprise. Six sont venus rassurer. Un seul est venu contredire. Récit d’un exercice où le patronat a fixé les règles, rédigé les questions et décidé qui avait le droit d’être là. Notre article. Un […]

Medef Mélenchon

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MEDEF. Jeudi 27 août, sur le court Philippe Chatrier, sept candidats à la présidentielle ont répondu aux questions de cinq chefs d’entreprise. Six sont venus rassurer. Un seul est venu contredire. Récit d’un exercice où le patronat a fixé les règles, rédigé les questions et décidé qui avait le droit d’être là. Notre article.

Un dispositif, pas un débat

Il faut commencer par la forme, parce que la forme est ici tout le fond.

Ce que le MEDEF a organisé le 27 août n’était pas un débat entre candidats. C’était un grand oral. Sept prétendants à l’Élysée, alignés sur le court central de Roland-Garros en clôture de la Rencontre des entrepreneurs de France, dont le thème cette année était « le courage ». Face à eux, non pas des journalistes, mais cinq dirigeants d’entreprise : Julie Neuville, Éric Malenfer, Joris Brajon, Vincent Furlan et Colombe Lecoufle. À l’animation, la journaliste Amélie Carrouër. En diffusion exclusive, LCI. Prévu de 16h45 à 18h45, l’exercice a débordé jusqu’à près de trois heures.

Les questions n’ont pas été improvisées. Elles ont été construites à partir de la consultation « Mobilisation des Entreprises de France – Cap sur 2027 », menée par le MEDEF avec OpinionWay auprès de 65 872 dirigeants entre le 15 avril et le 15 juillet 2026. Cinq priorités en sont sorties : baisse de la fiscalité et des charges (83 %), réindustrialisation (81 %), simplification des normes (75 %), réduction de la dette et des dépenses publiques (75 %), stabilité des règles fiscales et sociales (74 %). Le patronat a donc rédigé le questionnaire, désigné les examinateurs, et convoqué les candidats pour qu’ils s’y conforment.

Le plus édifiant vient d’un des interrogateurs lui-même. Avant le débat, Éric Malenfer, président de Gexpertise et chargé des questions sur la dette et le déficit, confiait à franceinfo : « Le timing ne permet pas de traiter les sujets dans le fond, c’est donc plus un exercice médiatique que de fond. » Celui-là même qui posait les questions savait qu’il n’y aurait pas de réponses.

Voilà l’objet : deux heures et demie de télévision, sur une chaîne privée, où une organisation patronale a soumis sept candidats à un questionnaire qu’elle avait écrit, dans une enceinte qu’elle avait louée, devant un public qu’elle avait invité. Et où l’on parlait, à longueur d’interventions, de « démocratie sociale ».

Ceux que le patronat n’a pas jugés présidentiables

Le tri est encore plus parlant que l’examen.

Interrogé sur le choix des sept, le MEDEF a répondu sans détour : « Vous ne pouvez pas mettre tous les candidats potentiels ou déclarés sur une même scène, il a fallu faire des choix. » Traduction : une organisation patronale s’est arrogé le droit de dire qui, à huit mois du scrutin, est un candidat sérieux à la présidence de la République.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, est crédité de 3 % dans le baromètre Ifop-Fiducial des 24 et 25 août. Exactement comme Marine Tondelier, qui, elle, était sur la scène. Roussel a eu droit à une table ronde annexe intitulée « Le courage de produire », en compagnie du candidat de droite David Lisnard. Pas au débat.

Nathalie Arthaud, Lutte ouvrière, et l’ensemble de la gauche anticapitaliste : rien. Pas une table ronde, pas une chaise. Les organisations qui contestent frontalement le rapport salarial n’ont pas été jugées dignes d’être contradictoires dans la maison de ceux qui l’organisent. Ce n’est pas une surprise. C’est une information.

Xavier Bertrand, qui a annoncé sa candidature cette semaine même en refusant toute primaire, a eu une table ronde. Élisabeth Borne et Bruno Le Maire aussi.

Et pour le PS, le tri est encore plus net. La primaire organisée avec le Parti socialiste se tient le 11 octobre. Un seul de ses participants a été sélectionné par le MEDEF : Raphaël Glucksmann. Ses concurrents, non. Le patronat n’a pas seulement organisé un débat : il a désigné son favori dans une compétition interne du PS.

Mélenchon : la seule voix qui n’est pas venue demander la permission

Jean-Luc Mélenchon avait annoncé qu’il viendrait dire aux patrons « leurs quatre vérités ». Il l’a fait.

L’alerte d’abord, lancée d’emblée à une salle qui ne l’attendait pas : « Je vous mets en alerte : le budget Lecornu, plus l’inflation alimentaire, si vous n’augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession. » L’argument n’est pas moral, il est comptable. La consommation des ménages pèse autour de 55 % du PIB français. Comprimer les salaires, c’est comprimer la demande, donc le chiffre d’affaires des entreprises présentes dans la salle. Le candidat insoumis leur a expliqué que le tour de vis salarial était d’abord un mauvais calcul pour eux.

Sur la dette, il a renversé la charge de la preuve : « Le total du déficit aujourd’hui, c’est le total des cadeaux fiscaux qui ont été faits. » Une phrase qui vise directement les exonérations de cotisations et les baisses d’impôts de production accumulées sous le double quinquennat Macron. Il a également défendu l’annulation de la part de dette détenue par la Banque de France pour le compte de la BCE, soit environ 18 % de l’encours.

Sur cette dernière proposition, soutenue par plus de 50 économistes et déjà appliquée aux États-Unis d’Amérique, l’objection existe et il faut la poser. Les économistes interrogés par Public Sénat le 25 août rappellent que la France est partie prenante de l’Eurosystème, dont les décisions sont collégiales, et qu’aucun autre État membre ne suivrait. Le débat juridique et politique est réel. Mais il faut noter ce qu’ont répondu ses contradicteurs, avec caricature. Édouard Philippe : « Vous expliquez qu’on va brûler la dette et vous allez faire en sorte que la France finisse interdit bancaire. » Gabriel Attal : « S’il suffisait d’annuler la dette d’abord, pourquoi ça n’a pas été fait avant ? » Pas un mot sur l’origine du déficit. La question de fond posée par Mélenchon, d’où vient le trou, est restée sans réponse pendant trois heures.

Le reste tenait en une exigence adressée à la salle : « Plus d’aides sans contreparties. C’est clair ? » Le retour de l’État stratège, la planification écologique posée non comme un supplément d’âme mais comme le cadre même de la politique économique, la réindustrialisation par objectifs plutôt que par cadeaux fiscaux, filière par filière : textile, bois, technologies de l’énergie, santé. Sur les retraites, l’abrogation de la réforme de 2023, avec un retour « dans un premier temps à 62 ans » puis, « le plus vite possible », à 60. Et l’engagement de « désobéir » aux décisions européennes contraires au vote des Français.

Certains rappelleront qu’en 2012, Mélenchon reprochait à Jean-Marc Ayrault de se rendre à l’université d’été du patronat, avec la formule « on ne discute pas avec le MEDEF ». La différence saute aux yeux quand on regarde le déroulé : six candidats sont venus solliciter un satisfecit, un seul est venu contredire. Aller dire à des patrons qu’ils doivent augmenter les salaires n’est pas la même chose qu’aller leur demander leur bénédiction.

Attal et Philippe : le service après-vente d’un bilan à mille milliards

Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron se disputent le même électorat et ont passé la soirée à défendre la même chose : ce qui a déjà échoué, en plus fort.

Gabriel Attal a promis de « revenir sur les hausses du coût du travail » intervenues depuis 2024. Il a redit vouloir un « annule et remplace » du Code du travail, remplacé par une « Constitution du travail » de quelques dizaines de pages, proposition qu’il portait déjà le 30 avril 2026. Selon le compte rendu de L’Insoumission, il a aussi défendu le CICE de François Hollande et revendiqué le doublement des franchises médicales, l’annulation de la commande de deux Canadairs et le rabotage des crédits de l’école. Se vanter devant des chefs d’entreprise d’avoir pris de l’argent aux malades : c’est effectivement le seul endroit de France où cela peut se faire sans être hué.

Édouard Philippe, lui, avait donné le ton dès le matin dans un entretien à l’AFP : réduction de l’indemnisation chômage de dix-huit à douze mois pour les moins de 50 ans, et fin de « l’open bar des arrêts de travail ». Dans la salle, il s’est contenté d’un bon mot sur l’orage qui grondait au-dessus de Paris : « Après une éruption vocale sur ma gauche, un déluge qui vient du ciel. » Sur le fond, la compétitivité comme réponse à tout. On en connaît le résultat : dix ans d’application, et un pays qui vient d’ajouter mille milliards d’euros de dette.

Il faut le dire simplement. Ce sont deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron qui sont venus, jeudi soir, expliquer à la France comment sortir d’une dette qu’ils ont eux-mêmes creusée. Et qui ont proposé, pour y parvenir, exactement les recettes qui l’ont creusée.

Retailleau : la tronçonneuse en costume vendéen

Le président des Républicains n’avait qu’un mot à la bouche : le courage. Il faut du courage, en effet, pour venir promettre à une salle de patrons exactement ce qu’elle est venue entendre.

Sa ligne tient en une désignation d’ennemi : « Le premier problème, c’est l’État bureaucratique. » Un État « vorace » qui « prend les entreprises pour des vaches à lait » et « asphyxie les forces vives ». Au programme : suppression d’une centaine de normes, âge de départ à la retraite indexé sur l’espérance de vie, reprise assumée des recettes Fillon.

Et surtout, la mesure phare : la suppression de 250 000 à 300 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat, justifiée par les gains de productivité de l’intelligence artificielle, telle que présentée dans son programme du 7 juillet 2026. C’est l’équivalent de l’ensemble des policiers et gendarmes de France. En février 2026, il avait employé le mot juste sur LCI : « Il faudra tronçonner. » La référence n’est pas une caricature de notre part, c’est la sienne.

À son crédit, un éclair de lucidité : « Le double quinquennat d’Emmanuel Macron est un échec. » Suivi, dans la même soirée, de la promesse de le refaire en plus dur.

Le Pen : le vernis social et le relevé de votes

Marine Le Pen est venue jouer la partition qu’elle connaît : le constat partagé, l’attaque du bilan macroniste, pas une seule mesure qui coûterait un centime à la salle, tout en choisissant soigneusement ses mots pour séduire le CAC 40.

Le chiffre d’abord. Cent vingt-cinq milliards d’euros d’économies, dont elle a annoncé qu’elle présenterait le détail « avant le débat budgétaire » de l’automne. C’est davantage que les 100 milliards de coupes sur trois ans que la macronie tente déjà d’imposer. C’est le plan de coupes à la tronçonneuse le plus violent annoncé jeudi soir, par la candidate qui prétend parler au nom des oubliés. Sa formule sur la dette aurait pu être écrite par Bruno Retailleau : « Le premier qui doit faire un effort, c’est l’État, qui doit baisser drastiquement son train de vie. »

Le cadeau ensuite. La suppression des impôts de production, soit 87 milliards d’euros offerts aux entreprises selon le compte rendu de notre rédaction. De quoi battre le record détenu jusqu’ici par Emmanuel Macron. Et le lexique, emprunté intégralement au décor : les « normes toxiques », dénoncées par une candidate qui défend par ailleurs la réintroduction des pesticides que ces normes interdisent.

Sur les salaires, en revanche, rien. C’est là que le vernis craque, parce que le relevé de votes existe et qu’il est public. Le 20 juillet 2022, les députés RN ont voté contre le passage du SMIC à 1 500 euros nets, et contre l’indexation des salaires sur l’inflation. Le 23 juillet 2022, contre le rétablissement de l’ISF. Le 31 octobre 2025, contre la taxe Zucman, cet impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, rejeté par 228 voix contre 172, le RN votant avec le bloc central et Les Républicains. Contre, aussi, la hausse de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.

Le plus éclairant, c’est qu’elle assume. En janvier 2023, dans l’hémicycle, Marine Le Pen expliquait qu’à la différence de son propre dispositif d’exonérations, « l’augmentation du SMIC peut mettre en difficulté quelques entreprises ». C’est mot pour mot l’argument du MEDEF. Il n’y avait donc aucune raison qu’elle soit mal accueillie jeudi soir, et elle ne l’a pas été.

Reste la censure, puisque le RN se présente comme l’opposition au macronisme. En janvier 2026, quand Sébastien Lecornu a dégainé le 49.3 pour faire passer le budget sans vote, le RN a choisi de déposer sa propre motion plutôt que de voter celle de la gauche. Le 23 janvier, la motion de gauche a recueilli 269 voix, celle du RN 142, et il en fallait 288. Deux motions séparées, aucun gouvernement renversé, un budget de saignées budgétaires adopté sans vote. On peut appeler ça de l’opposition. On peut aussi regarder le résultat.

Glucksmann, candidat à la primaire PS : Bruxelles comme alibi

Le candidat à la primaire du 11 octobre a une méthode : ouvrir chaque intervention par un combat mené au Parlement européen. Un combat au Parlement, jamais dans la rue.

La méthode produit une ligne. Interrogé sur les salaires, il s’est engagé à ne pas financer leur hausse « par la casse du modèle social », ce qui n’est pas rien. Mais sa réponse stratégique tient en une phrase : « L’enjeu, pour le prochain président de la République, ce sera d’aller à Bruxelles et de taper du poing sur la table » pour réorienter les politiques commerciales et industrielles. Et le grand adversaire désigné n’est pas l’actionnariat, c’est la Chine : « Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d’un destin de parc d’attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe. »

Et sur le sujet qui structure tout le reste, il faut aller lire son livre paru en mai 2026, Nous avons encore envie. Raphaël Glucksmann y renonce à l’abrogation de la retraite à 64 ans, reprend à son compte l’argument démographique servi par la droite depuis vingt ans, et écrit que ceux qui disposent d’une espérance de vie en bonne santé plus longue « doivent en revanche partir plus tard ». C’est la logique exacte que Bruno Retailleau défendait jeudi soir en proposant d’indexer l’âge de départ sur l’espérance de vie. Le vocabulaire est plus doux, la mécanique est identique.

Ce n’est pas un hasard si c’est lui, et lui seul parmi les candidats de la primaire, que le MEDEF a sélectionné.

Tondelier : sincère sur le fond, prisonnière du décor

Marine Tondelier a tenu la ligne écologiste sans céder sur le social, ce qui, dans cette salle, mérite d’être noté. Elle a défendu un SMIC à 2 000 euros brut, avec un argument juste : « Le revenu pour les Français, c’est leur pouvoir d’achat », et pas seulement « un coût pour les entreprises ». Elle a défendu les normes environnementales quand tous les autres les dénonçaient.

Mais elle a aussi cherché à rassurer, avec une formule qui en dit long sur le décor : « Les Écologistes aussi veulent la liberté », car « l’écologie est la condition de la liberté ». Et elle a repris, elle aussi, le vocabulaire de la « simplification administrative ». Quand le lexique de l’adversaire devient la langue commune du plateau, la bataille culturelle est déjà à moitié perdue.

Le rire, et ce qu’il dit

Reste l’image de la soirée. Un candidat propose d’augmenter les salaires. La salle rit.

Ce rire résume le dispositif mieux que n’importe quelle analyse. Il ne s’agissait pas d’une confrontation de projets pour le pays, mais d’une audience où l’on vient solliciter une faveur, et où l’incongru est celui qui ne sollicite rien. Sauf que la consommation des ménages représente autour de 55 % du PIB français. Ce qui a fait rire la salle, c’est de l’arithmétique.

Le 12 octobre s’ouvrent les discussions budgétaires. Le 18 avril 2027, le premier tour. D’ici là, une question se pose et une seule : qui, dans ce pays, écrit les questions du débat public. Jeudi soir, c’était le MEDEF. Un seul candidat a refusé de répondre au questionnaire, et a posé le sien.

Ce que cette soirée a réellement montré

Reprenons depuis le début, parce que tout se tient.

Une organisation patronale a loué le court central de Roland-Garros. Elle a rédigé le questionnaire à partir de sa propre consultation. Elle a désigné les cinq examinateurs, tous chefs d’entreprise. Elle a vendu la diffusion à une chaîne privée. Et elle a décidé, seule, qui méritait d’être considéré comme candidat à la présidence de la République. Fabien Roussel, à 3 % comme Marine Tondelier, a été renvoyé sur une table ronde annexe. Nathalie Arthaud et la gauche anticapitaliste n’ont même pas été invitées à la porte. Sur les cinq prétendants à la primaire du 11 octobre, un seul a été retenu. À aucun moment personne n’a demandé à qui que ce soit de valider ce tri.

Puis, pendant trois heures, on a assisté au défilé. Gabriel Attal et Édouard Philippe, deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron, sont venus vendre le service après-vente d’un bilan qui a ajouté mille milliards d’euros de dette : « annule et remplace » du Code du travail pour l’un, chômage réduit à douze mois pour l’autre. Bruno Retailleau a promis de tronçonner 250 000 à 300 000 postes de fonctionnaires et d’indexer la retraite sur l’espérance de vie, tout en reconnaissant que le macronisme avait échoué. Marine Le Pen a annoncé 125 milliards d’euros de coupes et 87 milliards de cadeaux aux entreprises, avec derrière elle un relevé de votes qui dit la même chose depuis 2022 : contre le SMIC, contre l’ISF, contre la taxe Zucman. Raphaël Glucksmann a désigné la Chine comme adversaire principal et Bruxelles comme lieu du combat, ce qui permet de ne rien affronter en France, et il a renoncé par écrit à l’abrogation de la retraite à 64 ans.. Marine Tondelier, la plus honnête du lot après Mélenchon, a défendu un SMIC à 2 000 euros brut mais en empruntant le lexique de la salle.

Six candidats, six versions du même mouvement : demander au patronat ce qu’il veut, et le lui promettre.

Sur les 7 candidats, 5 proposent une casse sociale sans précédent, du sang et des larmes pour les plus précaires.

Un seul a fait l’inverse. Jean-Luc Mélenchon est venu leur dire que la compression des salaires les mènerait à la récession, que le déficit est la somme des cadeaux fiscaux consentis depuis dix ans, qu’il n’y aura plus d’aides publiques sans contreparties, que la réforme des retraites sera abrogée et que la planification écologique n’est pas un supplément d’âme mais le cadre de toute politique économique. Il n’a pas été applaudi. Il a été moqué. C’est exactement ce qui devait arriver.

Le 11 octobre, la primaire. Le 12 octobre, l’ouverture des discussions budgétaires. Le 18 avril 2027, le premier tour. D’ici là, une seule question mérite d’être posée : qui écrit les questions du débat public dans ce pays ? Jeudi soir, c’était le MEDEF. Six candidats ont rempli la copie. Un seul a refusé le sujet et posé le sien.

Par Léolo Kayser

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