Mélenchon/MEDEF. Le premier débat de la présidentielle était organisé par le MEDEF ce jeudi 27 août. Ça tombe bien pour les candidats de droite et d’extrême droite : ils sont venus avec leur liste de cadeaux pour les milliardaires et les grands patrons. Ils se sont trompés de débat : il ne s’agit pas de se faire élire à la tête du MEDEF, mais à la tête du pays. Dommage, ils feraient tous d’excellents dirigeants du patronat. À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon s’est démarqué en déroulant ses propositions dans un format qui n’est pas conçu pour la pensée et la démonstration intellectuelle.
Le leader insoumis y est pourtant parvenu, en expliquant l’urgence d’augmenter les salaires pour relancer la consommation populaire, et la nécessaire réindustrialisation du pays par la planification et des objectifs. Pour rendre compte du débat, l’Insoumission vous propose ce premier compte rendu centré sur les défenseurs du système actuel, de Le Pen à Gabriel Attal. Notre article.
Les derniers défenseurs du bilan Macron, Mélenchon seul à défendre une alternative
Les candidats de droite et d’extrême droite semblent au moins avoir compris une chose, résumée par Bruno Retailleau dans son seul éclair de lucidité du débat : « le double quinquennat d’Emmanuel Macron est un échec ».
Mais dans le fond, ils sont venus défendre cette politique. Qu’ils en profitent : c’est le seul endroit où ils peuvent le faire sans être immédiatement hués. Dans une séquence lunaire, Gabriel Attal se vante même d’avoir pris de l’argent aux malades (avec le doublement de la franchise médicale, que la France insoumise supprimera évidemment), annulé la commande de deux Canadairs, raboté les crédits budgétaires pour l’école.
Ils oublient de préciser une chose : 1 000 milliards d’euros de dette supplémentaire, la fortune des milliardaires qui a doublé et l’augmentation de la pauvreté. Voilà leur seul bilan.
Marine Le Pen, elle, prétend incarner l’opposition au macronisme. Dans les discours, peut-être. Mais dans les faits, le RN a sauvé les gouvernements Macron de la censure dès que cela était nécessaire.
Le constat est simple : tous proposent de faire du Macron en pire. Les vieilles recettes appliquées depuis 10 ans sont mortifères, indigestes pour les Français ? Ils veulent doubler les quantités des trois ingrédients principaux de leur recette de malheur : la dérégulation, l’austérité et les cadeaux à ceux qui se gavent, aux riches !
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Une France sans règles pour les multinationales
Édouard Philippe et Gabriel Attal veulent des « moratoires normatifs ». Bruno Retailleau explique que derrière chaque norme, il y aurait un soupçon contre les entrepreneurs. Cela reviendrait à supprimer le code pénal, qui serait alors un soupçon contre les citoyens…
Gabriel Attal va même jusqu’à dire qu’il faut supprimer le code du travail par un simple « annule et remplace ». Avec la macronie, ce sont toujours les mêmes recettes : vous travaillez plus, pour moins de salaires et sans protection salariale.
Marine Le Pen parle même de « normes toxiques » : mais ce qui est réellement toxique, ce sont les pesticides qu’elle veut réintroduire en détruisant les protections existantes !
Même Marine Tondelier et Raphaël Glucksmann semblent parfois intoxiqués par ce discours ambiant : Raphaël Glucksmann indique ne pas être un « fanatique » de la norme. Mais est-ce être fanatique de la dérégulation que de défendre des règles qui protègent les citoyens ? Marine Tondelier, elle, défend les normes environnementales, mais reprend le vocabulaire droitier de la « simplification administrative » qui serait nécessaire.
Les coupes budgétaires pour les Français…
Bruno Retailleau propose de supprimer 250 000 à 300 000 postes de fonctionnaires. C’est l’équivalent du nombre total de policiers et de gendarmes en France !
Marine Le Pen veut faire 125 milliards d’euros d’économies. Elle surenchérit sur les macronistes qui tentent de nous infliger 100 milliards d’euros de coupes sur les trois prochaines années. L’extrême austérité pour la candidate d’extrême droite. Qui dit mieux ? C’est comme si elle proposait de supprimer tout le ministère de l’Éducation nationale, celui de la Justice, ainsi que l’Enseignement supérieur et la Recherche.
… pour financer des cadeaux aux riches !
Leur logique est toujours la même : détruire réduire les services publics pour mieux financer des cadeaux aux grandes entreprises et aux plus riches.
Il faut reconnaître à Gabriel Attal son audace : il a défendu lors de ce débat le bilan de François Hollande et sa magnifique trouvaille, le CICE. C’est vrai que Hollande était visionnaire : faire des milliards de cadeaux aux grandes entreprises sans contrepartie, c’est une recette devenue à la mode dans la France d’Emmanuel Macron !
D’ailleurs, Gabriel Attal défend le fait que Total paie 0 euro d’impôt en France. Il se déclare également fier d’avoir supprimé l’impôt sur la fortune et baissé l’impôt sur les dividendes !
De Le Pen à Philippe, tous veulent baisser les impôts sur l’héritage, alors que 80 % de la richesse des milliardaires français provient de l’héritage.
Marine Le Pen annonce un cadeau de 87 milliards d’euros aux entreprises avec la suppression des impôts de production. Elle essaye de battre le record de cadeaux aux multinationales détenu actuellement par Emmanuel Macron ! Avec Le Pen, le programme est simple : des cadeaux aux patrons financés par les souffrances du peuple.
Bruno Retailleau n’a qu’un mot à la bouche durant ce débat : le courage. Mais est-ce vraiment courageux de venir devant le MEDEF promettre exactement ce qu’il veut entendre ? Car c’est tout ce que les candidats de droite et d’extrême droite nous ont proposé aujourd’hui.
Par Boris Bouzol-Broitman