LFI. La députée LFI Farida Amrani a lancé ce dimanche 30 novembre à Évry-Courcouronnes sa campagne municipale, avec une idée clef en tête. Celle d’apporter un vent de changement à la ville qui a connu depuis plus de 25 ans les mêmes « clans » politiques. Ils étaient plus de 300 réunis dans la salle Schoelcher du quartier des Aunettes d’Évry-Courcouronnes à assister à ce lancement. Le choix de ce quartier n’est pas anodin, car c’est ici qu’a débuté la vie évryenne de la candidate. Reportage.
« Si vous n’êtes pas contente, présentez-vous aux prochaines élections » : la phrase à ne pas dire deux fois à Farida Amrani
Son aventure politique commença en 2014 par une phrase lancée avec autant de mépris que de défis, par l’adjoint de Manuel Valls et futur maire d’Évry, Francis Chouat : « madame, si vous n’êtes pas contente, présentez-vous aux prochaines élections ! ». C’est à la tête d’une liste de parents d’élèves qu’elle réunira près de 19 % des voix.
Elle a continué à s’opposer à Valls et ses successeurs et finira par emporter son premier scrutin en 2022, en étant élue au second tour, avec un peu plus de 39 % des voix face à Medhy Zeghouf, actuel premier adjoint de la mairie d’Évry-Courcouronnes. Lors de l’élection anticipée de 2024, elle battit le maire actuel Stéphane Beaudet en réunissant plus de 50 % des voix au second tour.
Pour aller plus loin : « Nous serons présents dans plus de 500 communes ! » – LFI réalise une démonstration de force lors de sa Convention pour les municipales 2026
Des figures de LFI venues soutenir la candidate
Pour la soutenir lors de ce meeting de lancement de campagne municipale, différentes figures de la France insoumise mais aussi des militantes sont intervenues. Tout d’abord, ce fut son collègue de la 10ᵉ circonscription de l’Essonne, Antoine Léaument, qui prit la parole. Il incarna aussi le rôle de présentateur de cette journée et prit soin d’accompagner ses anecdotes portant sur la candidate de différents rappels. Les personnes dans la salle ont pu retrouver à leur siège un tract qui les renvoyait vers les différents canaux de communication de la campagne, l’élu profitant des moments de transition entre les invités pour inciter les gens à scanner les divers QR codes les renvoyant notamment vers un formulaire de contact.
La militante antiraciste Assa Traoré prit ensuite place sur scène. Elle en profita pour souligner les liens amicaux et familiaux qu’elle possède dans la ville avant de parler de ses liens avec la candidate. Déjà dix ans auparavant, alors que des manifestations en soutien à son frère Adama Traoré débutaient, elle put y voir Farida Amrani. Elle souligna « la loyauté, l’endurance, l’engagement vrai » de la candidate, « qu’elle sait ce que signifie rester fidèle à ses valeurs, à ses combats, à ses gens ».
Le dernier invité à s’exprimer fut le coordinateur national de la France insoumise, Manuel Bompard. Ce rôle au sein du mouvement lui permit d’orienter le discours sur l’importance stratégique d’une victoire dans cette ville. L’Essonne fait déjà partie, avec trois députés, des départements où le mouvement a eu la plus grosse croissance entre 2022 et 2024. Ces municipales sont donc le moment d’asseoir localement la présence de la FI. Gagner cette ville préfecture, c’est permettre au mouvement de réaliser un programme ambitieux et de pouvoir présenter un bilan qui servira de modèle pour le futur.


« Cette ville coule dans mes veines depuis plus de trente ans ! » – Farida Amrani
Ce fut finalement au tour de la candidate qui clôtura ce meeting. Elle commença par rappeler les liens qu’elle avait avec la ville : « Ici, j’ai grandi. Ici, j’ai travaillé. Ici, j’ai fondé ma famille. Cette ville coule dans mes veines depuis plus de trente ans ». Que ses parents lui ont transmis ces trois principes : « la solidarité, le respect et la justice ».
En revenant sur sa réélection au poste de députée, elle rappela l’écart de 5 000 voix qu’elle a réuni face au maire actuel. Point essentiel qui revint en fin de discours, lorsqu’elle souligna que le plus grand ennemi, c’est l’abstention. Lors des municipales de 2020 qui eurent lieu dans le contexte particulier de la Covid-19, près de 70 % des habitants d’Évry-Courcouronnes se sont abstenus.
Elle en profita aussi pour revenir sur une phrase qu’on lui a souvent répétée : « Pourquoi tu ne restes pas tranquillement à l’Assemblée nationale, reste députée ! ». Ce à quoi elle répond qu’elle a toujours promis d’être « là où elle serait le plus utile » et qu’« aujourd’hui, elle est convaincue que l’état de notre ville mérite son engagement plein et entier ».
La suite du discours a été le temps d’appuyer sur différents points de ce qui ira constituer le programme, encore en construction, de cette liste municipale qui aura pour nom Changeons Évry-Courcouronnes. Si la question de l’école qui « n’est pas une dépense [mais] un investissement pour l’avenir » ; des transports dont les nombreux problèmes affectent la vie des habitants ; de la solidarité, qu’elle soit locale ou internationale, avec un point tout particulier accordé à la jumelle de la ville, le camp de réfugiés de Khan Younès à Gaza. C’est bel et bien cette idée de changement qui semble être l’élément pivot sur lequel reposent ces idées.