lundi 7 septembre

14:28

A Perpignan, Louis Aliot montre ce qu’est le RN : s’en mettre plein les poches, tatouage nazi, l’obsession sécuritaire et les brebis galeuses

Voilà plus de 4 mois que Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national, a été réélu maire de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales. Le moins que l’on puisse dire, c’est que sa municipalité et son mandat jusqu’à présent sont à l’image des politiques promues par le Rassemblement national à l’échelle nationale. Récemment, en juin, un scandale éclatait […]

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Voilà plus de 4 mois que Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national, a été réélu maire de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales. Le moins que l’on puisse dire, c’est que sa municipalité et son mandat jusqu’à présent sont à l’image des politiques promues par le Rassemblement national à l’échelle nationale. Récemment, en juin, un scandale éclatait à juste titre à propos d’un élu de la précédente majorité RN de la ville dont la devise des SS de Hitler était tatoué sur le bras. Une information que les médias se sont bien gardés de relayer.

Condamné en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires au Parlement européen à une peine de 18 mois avec sursis, 8 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité, sans exécution provisoire en février dernier, Louis Aliot a été de nouveau condamné en appel pour cette même affaire.

Cette fois-ci, il écope d’une peine d’un an avec sursis, deux ans d’inéligibilité avec sursis et de 5 000 € d’amende. Cela lui permet de rester maire de Perpignan, même s’il a bel et bien recruté un assistant parlementaire au Parlement européen qui en réalité travaillait pour le parti Rassemblement national. Notre article.

Pour aller plus loin : Après les révélations sur l’ancien élu RN au tatouage nazi à Perpignan, le silence de Louis Aliot

Première priorité pour Louis Aliot : s’en mettre plein les poches

À chaque début de mandat Aliot, son augmentation d’indemnités mensuelles. En 2020, il avait déjà fait voter une augmentation de 17 % pour porter l’indemnité à 5 000 € par mois, quand en 2026, elle est encore augmentée pour atteindre 5 284,28 €, soit l’équivalent de 2,8 fois le SMIC. Il n’est pas le seul à avoir vu ses indemnités augmenter, puisque trois de ses adjoints touchent désormais 4 316,04 € mensuels, soit une augmentation de 57 %, lorsque les conseillers municipaux d’opposition touchent 246,64 € mensuels.

Pire encore, et cette fois-ci, la transparence minimale exigée envers les élus de la République ne s’appliquant pas, une enveloppe de 411 415 € a été votée pour financer les salaires des quatre collaborateurs de cabinet de Louis Aliot. Et c’est un réflexe quasi systématique puisqu’à Montargis le maire RN, Côme Dunis, s’est pour sa part augmenté de 80 %.

Pour aller plus loin : À Montargis, les 100 jours du RN : le maire s’augmente de 80 % au détriment de l’école, de la santé et de la culture

Rappelons tout de même que les Pyrénées-Orientales, dont Perpignan est le chef-lieu, sont le département français avec le plus haut taux de chômage, et que selon l’observatoire des inégalités, parmi les 20 quartiers prioritaires de la politique de la ville les plus pauvres de France métropolitaine, les trois premiers sont des quartiers de Perpignan où le taux de pauvreté atteint 75 %, où 4 125 personnes vivent sous le seuil de pauvreté, quant à la mairie, on se gave.

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Source : Insee – Données 2021 – © Observatoire des inégalités

Ensuite, le 28 mars 2024, l’association Transparence citoyenne avait entrepris auprès de toutes les villes de France ayant plus de 10 000 habitants de transmettre les notes de frais de leurs mandats avec justificatifs (factures, reçus) des déplacements, repas et frais de représentation. Louis Aliot n’a pas répondu, ainsi, l’association a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs qui a ordonné de divulguer les documents.

Sans autre réaction du maire, un recours au tribunal administratif a été déposé. Louis Aliot a tout tenté pour faire échouer la requête, en vain. Il dispose de deux mois pour s’exécuter.

D’autre part, en juin 2026, Louis Aliot s’est rendu en Chine à l’occasion de la 4ᵉ exposition internationale des chaînes d’approvisionnement à Pékin du 22 au 26 juin, invité en tant que président de Perpignan Méditerranée Métropole. Le 29 juin, en conseil communautaire, un vote pour attribuer au président un mandat spécial, au cours de la séance, il est déclaré : “mandat spécial au président en vue de sa participation à cette exposition consacrée aux chaînes d’approvisionnement et aux écosystèmes industriels”

Comme l’a évoqué Mickael Idrac, élu insoumis, en séance, voter une autorisation de déplacement pour un voyage ayant déjà eu lieu est particulier, surtout que les notes de frais n’ont pas été transmises en amont et que les conseillers communautaires n’ont eu aucune information au sujet du voyage. 

Louis Aliot et la majorité s’en défendent, disant que l’invitation à l’exposition est arrivée après le dernier conseil communautaire. La question de la légalité de ce vote est ainsi posée par l’opposition. Sur le fond de ce voyage, l’opposition a du mal à trouver des justifications à ce voyage, d’autant qu’il n’y a que très peu de communication qui a été effectuée par la communauté urbaine.

L’opposition souligne également que toute la communication à la date du 29 juin a été effectuée par Alexandre Loubet, député RN de la Moselle, posant la question d’un “déplacement partisan payé par la communauté de communes”. La majorité se défend en évoquant la « jalousie » de l’opposition. Sur le volet financier, Louis Aliot s’en défend personnellement disant : « Ça a couté à l’institution mon billet d’avion simplement, c’est-à-dire aller/retour 1 600€ en ecoflex ». 

La seule et unique communication faite par Perpignan Méditerranée Métropole a été effectuée le 1ᵉʳ juillet, juste après ce conseil, en fustigeant sur Instagram des « polémiques inutiles, menées par des oppositions sans idées, restent stériles ».

L’obsession sécuritaire du RN

Comme au niveau national, l’obsession de la sécurité saute aux yeux. Dès le 23 avril, Louis Aliot déclarait sur TF1 étudier la mise en place d’un couvre-feu pour les mineurs, sur le modèle mis en place à Béziers par Robert Ménard en disant : « On va voir comment ça se passe à Béziers, et si c’est concluant, pourquoi pas le mettre en place à Perpignan ». Finalement, Louis Aliot s’est ravisé dans la même journée en déclarant : « Le couvre-feu, je n’en vois pas l’utilité pour l’instant. Ça ne correspond pas à Perpignan ».

Le volte-face n’aura pas duré longtemps puisque le 18 juin, le maire a pris un arrêté interdisant aux mineurs de moins de 16 ans de circuler après 22 heures s’ils ne sont pas accompagnés d’un parent ou d’un tuteur dans le centre de la ville. Selon le communiqué de la ville, cette mesure est pour « garantir la sécurité des jeunes et préserver la tranquillité publique lors des rassemblements susceptibles de générer une forte affluence dans l’espace public ».

Le couvre-feu s’appliquera jusqu’au 19 juillet, et a d’ores et déjà privé les mineurs non-accompagnés de la Fête de la musique le 21 juin, de la Fête de la Saint-Jean du 23 juin ainsi que des matchs joués par la France. Si la ville met l’accent sur l’aspect touristique de la ville, le calme, la civilité, la sécurité de tous, c’est toujours au détriment des adolescents les plus précaires qui ne peuvent même pas se retrouver lors d’une soirée d’été, en vacances. 

Les fameuses brebis galeuses

Depuis quelques années, on entend régulièrement parler des « brebis galeuses » du RN, impliquant que cela serait que quelques individus isolés qui seraient racistes, antisémites, islamophobes, homophobes. Dans un entretien d’une heure pour l’insoumission, Christophe-Cécil Garnier évoque un système. Ce qui s’est passé à Perpignan en est une nouvelle fois la démonstration. 

En avril dernier, Perpignan avait fait les unes des journaux locaux et nationaux, en effet, Marion Bravo, adjointe à l’Habitat de la ville a été placée en garde à vue pour « violence sur personne dépositaire de l’autorité publique avec 1 jour d’ITT, délit de conduite sous l’empire d’un état alcoolique, menace, violence ou acte d’intimidation et outrage », selon Ici Roussillon. L’élue s’est par la suite expliquée sur son compte Facebook personnel, mettant en cause l’absinthe, dont elle demande l’interdiction de commercialisation.

Elle a par la suite déclaré avoir plaidé coupable afin de “sortir au plus vite de ce cauchemar”. Dans un communiqué de la mairie annonçant la démission de l’élue, on peut également lire que la mairie évoque « Madame Marion Bravo a assumé l’entière responsabilité des faits en cause […] et a également décidé de tirer toutes les conséquences de sa condamnation, en informant Monsieur le Maire de sa décision de démissionner de ses fonctions. ».

Marion Bravo a déclaré, « Et j’ai démissionné immédiatement du conseil municipal pour garder la tête haute, pour garder ma dignité, et protéger l’équipe municipale dont je faisais partie”. On ne peut qu’espérer que le maire de Perpignan, lui-même condamné à deux reprises dans l’affaire des assistants parlementaires au Parlement européen, démissionne également. 

Dans un tout autre registre, Ricardo Parreira, photojournaliste indépendant spécialiste de l’extrême droite, révélait le 8 juin dans Reflets , qu’un agent de la mairie arborait un tatouage nazi, « Mon honneur s’appelle fidélité », traduction de la devise des SS « Meine Ehre heißt Treue ». Le maire s’est défendu, arguant qu’il ne savait pas : « Ça fait partie malheureusement des surprises dans la vie professionnelle et politique, des gens indélicats qui cachent ce qu’ils sont ». L’indélicatesse dont parle Louis Aliot, c’est donc l’adhésion au nazisme. 

Pire encore, cet homme identifié par Ici Roussillon est en réalité Charles Ifssah, proche de Louis Aliot, il figurait en 2020 à la 45ème position de la liste menée par le maire actuel dans le cadre des élections municipales.

Dès le 10 juillet 2020, il avait des responsabilités confiées en conseil municipal puis à partir de septembre 2023, à la suite de démissions, il devient conseiller municipal, siégeait au conseil d’administration à la caisse des écoles, représentait Perpignan dans un établissement régional d’enseignement adapté, dans un Institut Médico-Educatif, au Collège Jean Moulin de la ville, au Comité des Œuvres Sociales de Perpignan, et siégeait à la Commission Communale pour l’Accessibilité.

Depuis, l’agent en question a été écarté et Louis Aliot a déclaré que “son contrat ne sera pas renouvelé .  Difficile donc de croire le maire de Perpignan lorsqu’il dit tout ignorer.

Par Louise B.

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