Saint-Denis. 8 h 10, devant l’école maternelle Le Rouillon, un matin de septembre. Des parents, après avoir souhaité une bonne journée à leurs enfants, s’arrêtent pour échanger avec deux militant·e·s de La France insoumise Saint-Denis / Pierrefitte. Dans leurs mains, un tract : il présente les premières mesures de LFI pour l’école, dans le cadre de la campagne municipale de 2026.
La pré-campagne vient tout juste de commencer en ce 1er septembre, mais les militant·e·s sont déjà sur le terrain. La rentrée scolaire marque aussi une rentrée politique, placée sous le signe de l’engagement pour l’éducation. Un engagement fort, qui confirme que l’école est au cœur des luttes locales. Reportage.
Un été de mobilisation contre l’abstention
Si la rentrée a été intense, l’été a, lui aussi, été marqué par une forte activité militante. Loin de faire relâche, les insoumis·es ont poursuivi leurs actions dans les quartiers populaires, en particulier pour sensibiliser les habitant·e·s aux inscriptions sur les listes électorales et lutter contre l’abstention.
Le 1er juillet, une assemblée populaire citoyenne s’est tenue dans le quartier Franc-Moisin, rassemblant plus de 200 personnes ; un moment fort de débat et d’échange avec les habitant·e·s.
Puis, le 6 septembre, le pique-nique de rentrée organisé sur le quartier Floréal-La Saussaie-La Courtille a, lui aussi, été un succès, réunissant plus de 180 personnes, dont des élu·e·s d’opposition du PCF et du collectif Seine-Saint-Denis Au Cœur.
Une rentrée militante, un accueil positif
Dès les premiers jours de septembre, les équipes de LFI Saint-Denis / Pierrefitte, avec Bally Bagayoko (chef de file), Diangou Traoré (co-cheffe de file), Yohan Sales (élu d’opposition à Pierrefitte), Silvia Capanema (conseillère départementale), et de nombreux·ses militant·e·s, ont investi les abords des 90 écoles de la ville fusionnée.
Leur objectif : présenter les premières propositions municipales de LFI, et écouter les préoccupations des parents d’élèves. L’accueil a été largement positif, y compris devant les établissements privés – signe que les inquiétudes autour de l’école dépassent les clivages partisans.
Les témoignages recueillis sont sans appel : classes surchargées, manque de personnel, inégalités dans l’accès à la cantine, qualité des repas dégradée, et gestion opaque de la part de la majorité municipale actuelle dirigée par Mathieu Hanotin et son maire délégué à Pierrefitte, Michel Fourcade.
Deux réunions publiques pour faire émerger les enjeux locaux
Le mois s’est conclu par deux réunions publiques réussies, rassemblant près de 100 personnes au total. Le 27 septembre à Saint-Denis, une cinquantaine de personnes se sont réunies autour de l’équipe de campagne, du député Aurélien Saintoul, et du conseiller régional Vianney Orjebin, président du groupe LFI à la Région Île-de France.
À Pierrefitte, les habitant·e·s ont exprimé un sentiment d’abandon lié à la fusion des deux villes. « On nous avait promis le meilleur des deux villes, on se retrouve avec le pire », a lancé une intervenante lors de la réunion à l’école Danielle Mitterrand.
L’absence de concertation et la déconnexion des élu·e·s de la majorité municipale ont été dénoncées. Ces réunions ont été un espace de parole, d’analyse collective et de propositions, à l’écoute des besoins locaux, notamment en matière d’éducation et de services publics.
Des débats riches et engagés
La question de l’inclusion scolaire et de l’accueil des enfants en situation de handicap a donné lieu à des échanges profonds : l’école doit être accessible à toutes et tous, ont rappelé les participant·e·s. « Faire avancer toute la société passe par l’école », a souligné une mère d’élève.
Huit lycéennes présentes à la réunion de Saint-Denis ont pris la parole pour dénoncer les manques criants de moyens dans leurs établissements : absences non remplacées, congés maternité non couverts, équipements vétustes. Elles ont lancé un appel à une lutte commune pour une école digne et démocratique.
Un représentant de la FCPE a, quant à lui, soulevé la qualité déplorable des repas à la cantine, l’absence de produits bio, et les coûts cachés pour les familles. « On paie plus cher pour un service qui se privatise et qui se dégrade », a-t-il dénoncé, attribuant un 0/20 à la politique scolaire de la municipalité actuelle.
Des propositions fortes pour une école de la VIe République
Face à ces constats, Silvia Capanema, conseillère départementale LFI, a présenté les grandes lignes du projet éducatif insoumis pour 2026 :
• L’école de l’inclusion : 100 % des élèves en situation de handicap pris en charge.
• Des services publics renforcés : un·e ATSEM par classe en petite et moyenne section, bâtiments rénovés.
• La fin de la fausse gratuité : simplification et véritable gratuité de la cantine pour tous les enfants.
• L’école écologique et culturelle : repas bio, projets artistiques et rénovation thermique contre les vagues de chaleur et les vagues de froid.
• Co-construction avec les parents : implication active des familles dans la vie de l’école et les projets éducatifs.
Une rentrée intense… et une dynamique politique en pleine expansion
LFI a démontré sa force de mobilisation : 90 écoles visitées, deux réunions publiques organisées, et une campagne qui ne cesse de monter en puissance. À l’horizon, deux grandes dates : le dimanche 12 octobre, avec l’opération « Marché XXL », une action municipale d’ampleur sur les marchés pour construire, avec les habitant·e·s, le projet pour la ville nouvelle ; et le jeudi 16 octobre avec le meeting de lancement de campagne à la Maison du Peuple à Pierrefitte, en présence d’Éric Coquerel et Clémence Guetté.
La dynamique dépasse les seuls Insoumis. Autour de LFI, les premiers partenaires de lutte – le POI, les Communistes-insoumis, Saint-Denis en commun, ainsi que de nombreux citoyen·ne·s engagé·e·s – ont récemment été rejoints par les Radicaux de gauche, à la faveur d’un accord départemental. Des discussions sont également en cours avec le PCF, le collectif citoyen Seine-Saint-Denis Au Cœur, et d’autres collectifs locaux de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine.
L’objectif est bien de renforcer la dynamique actuelle autour d’un programme de rupture, qui redonne de l’espoir, change les vies en répondant aux préoccupations du quotidien, tout en préparant l’avenir des générations futures, avec l’éducation comme levier de transformation sociale et le communalisme insoumis comme boussole politique.
La campagne est lancée. Le mouvement est en marche.
Par Alexandre Trifunovic