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La soirée électorale de ce dimanche a tourné au cauchemar pour La Liberté Avance (LLA), le parti du président Javier Milei. Dans ses deux bastions historiques — la province de Buenos Aires (PBA) et la Ville Autonome de Buenos Aires (CABA) —, la formation libertarienne a subi un revers d’ampleur, reléguée à une lointaine troisième place.
Un résultat inattendu, qui tranche avec les sondages annonçant un duel serré et qui éclipse presque la victoire, pourtant marquante, de Gabriel Katopodis face à Cristina Ritondo dans la province de Buenos Aires.
Un effondrement dans les bastions de Milei
Dans la province de Buenos Aires, la liste de députés menée par Ramiro Marra, pressenti comme héritier politique de Diego Santilli, n’a récolté que 18,96 % des suffrages. LLA termine loin derrière Unión por la Patria (UxP), en tête avec 32,88 %, et La Force de la Liberté (LLL) — la nouvelle coalition emmenée par Patricia Bullrich et Rodrigo de Loredo — créditée de 28,51 %.
La déconvenue a été tout aussi cinglante dans la capitale, où Jorge Macri, candidat de LLA au poste de gouverneur, a plafonné à 21,20 %. Il se place derrière le radical Martín Losteau (33,71 %) et Leandro Santoro pour UxP (26,10 %).
Ce revers est d’autant plus spectaculaire que LLA avait remporté les primaires (PASO) il y a à peine un mois et contrôlait encore la ville jusqu’alors.
Pour aller plus loin : Privatiser l’eau : la dernière trouvaille de Javier Milei
Un avertissement cinglant pour le gouvernement
Ce double échec dans les deux plus grands districts électoraux du pays est interprété comme un signal d’alarme pour le gouvernement Milei. Il révèle une érosion rapide du soutien populaire et pose la question de sa capacité à bâtir des alliances durables.
La défaite dans la province, la plus peuplée d’Argentine, compromet d’ailleurs la marge de manœuvre législative du président, déjà en difficulté pour faire avancer ses réformes au Congrès.
La fin d’une hégémonie ?
Ces chiffres marquent un recul net par rapport aux précédentes performances électorales de LLA dans ces territoires, et confirment la perte de son statut de force dominante. Pour La Liberté Avance, l’heure est désormais à la remise en question : trouver de nouveaux partenaires politiques, revoir sa stratégie et peut-être adoucir son discours pour regagner un électorat en fuite.
À l’inverse, pour l’opposition, ce scrutin agit comme un bol d’air frais. La victoire de Katopodis et les bons scores de l’UxP et du radicalisme montrent qu’un contre-pouvoir crédible peut s’organiser face au gouvernement.
Une étoile qui pâlit
Cette nuit électorale a laissé une image nette : l’étoile de La Liberté Avance pâlit dans son ciel le plus familier.
Javier Milei se retrouve désormais confronté à l’un des défis politiques majeurs de son mandat : enrayer l’effritement de son mouvement avant qu’il ne perde définitivement son statut d’alternative nationale.
Crédits photo : « Argentinian President Elect Javier Milei », Mídia NINJA, Creative Commons, CC BY-NC 4.0, pas de modifications apportées.