Privatiser l’eau : la dernière trouvaille de Javier Milei

Eau. L’Insoumission et le média espagnol Diario Red (Canal Red) s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours en France, en Espagne et en Amérique du Sud. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et de Diario Red. Le porte-parole officiel Manuel Adorni l’a confirmé ce […]

Javier Milei Argentine eau

par

partager

Eau. L’Insoumission et le média espagnol Diario Red (Canal Red) s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours en France, en Espagne et en Amérique du Sud. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et de Diario Red.

Le porte-parole officiel Manuel Adorni l’a confirmé ce 24 juillet : l’Argentine cédera l’entreprise publique AySA (Eau et Assainissement Argentins) à des capitaux privés. Cette société stratégique, qui gère l’approvisionnement en eau de Buenos Aires et de sa périphérie, sera privatisée dans le cadre de la Loi Bases. L’exécutif de La Libertad Avanza a obtenu une modification légale autorisant la vente de 90 % des actions de l’État. Notre article.

Une privatisation à haut risque

La mesure, bien que d’ampleur, ne surprend guère. Alors que les sondages ne reflètent pas d’opposition frontale au plan de privatisations de Milei – contrairement à ses autres politiques –, le gouvernement avance son étendard politique, soutenu par un Parlement acquis au laisser-faire. Cette démarche s’appuie sur le décret d’urgence DNU 493/2025, qui permet à AySA de couper l’eau aux foyers après deux mois d’impayés (quinze jours pour les entreprises), tout en autorisant des hausses tarifaires discrétionnaires et la commercialisation des surplus d’eau potable.

Pour aller plus loin : Ancrer la haine dans les réseaux sociaux et l’État argentin : la stratégie du pouvoir de l’extrême droite de Javier Milei

Contexte social explosif

L’annonce intervient dans un paysage économique tendu : les tarifs d’AySA ont déjà bondi de 331 % en 2024, provoquant une vague d’impayés involontaires. Une situation qui étrangle les ménages, contraints de sacrifier l’alimentation, les loisirs ou d’autres services essentiels. Les experts alertent : des coupures prolongées pourraient déclencher des crises sanitaires et psychosociales. Dans un écho aux privatisations des années Menem, le gouvernement ordonne un Plan directeur d’amélioration stratégique pour revaloriser les infrastructures… avant leur cession.

Équilibre politique précaire

Le timing est crucial. À deux mois des élections provinciales de Buenos Aires, Milei et son ministre de l’Économie Luis Caputo jonglent avec deux bombes à retardement : un dollar artificiellement bloqué et une inflation maîtrisée de justesse. Les sondages de Zubán Córdoba révèlent une société fracturée : 42,8 % des Argentins soutiennent encore le gouvernement, nourris par un sentiment anti-péroniste (40 %), mais plus de la moitié envisagent un vote sanction.

L’enjeu des législatives

Si le « noyau dur » de Milei reste tangible, sa stabilité dépend entièrement du contrôle du dollar et de l’inflation. La privatisation d’AySA apparaît ainsi comme un geste aux grands capitaux – un filet de sécurité pour maintenir leur soutien jusqu’aux législatives de septembre. Un pari risqué : tout dérapage macroéconomique pourrait volatiliser sa base et sceller l’échec de sa réélection en 2025.

Crédits photo : « Argentinian President Elect Javier Milei », Mídia NINJA, Creative Commons, CC BY-NC 4.0, pas de modifications apportées.

sur le même sujet

« La justice doit être le pilier de cette nouvelle France que nous voulons bâtir » – Retrouvez la tribune d’Ugo Bernalicis, député LFI
« Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! » – Cet appel de militants RN au meurtre raciste ignoré par les médias
États-Unis – Écraser Cuba, contrôler le golfe du Mexique et dominer l’Amérique
Mélenchon, personnalité préférée des ouvriers et des jeunes, loin devant Jordan de Monaco

Rechercher