Bardella

Le plan antisocial de Bardella s’il arrive à Matignon

Invité de la matinale de BFM ce vendredi 14 juin, Jordan Bardella a détaillé ses priorités en cas de victoire du bloc d’extrême droite le 7 juillet prochain. Le professionnel des revirements politiques y a notamment avoué que l’abrogation de la réforme des retraites ne faisait plus partie de ses priorités. A contrario des priorités du Nouveau Front Populaire, dont le programme de rupture avec la macronisme a été dévoilé ce 14 juin 2024. Notre article.

Première arnaque : Aucune mesure sociale 

Premièrement, parmi toutes ces annonces, on ne retrouve évidemment aucune annonce sociale. Rien pour augmenter les salaires, qui stagnent depuis des années (enfin si, mais en baissant les cotisations, qui financent les retraites, donc in fine en s’en prenant au financement des retraites). Rien pour les jeunes qui s’enfoncent de plus en plus dans la galère. Rien pour augmenter les pensions de retraites, rien pour les chômeurs, pour les sans-abris … Aucune surprise, venant du parti qui a voté main dans la main avec la macronie contre la hausse du SMIC, l’indexation des salaires sur l’inflation, le blocage des prix des produits de première nécessité, le gel des loyers ou encore la garantie d’autonomie pour les jeunes en formation. 

À l’inverse, le Nouveau front populaire propose le blocage des prix des biens de première nécessité (alimentation, énergie, carburants), la hausse du SMIC à 1600 euros et l’augmentation du minimum vieillesse au niveau du seuil de pauvreté, et la hausse des APL de 10%, entre autres.

Une énième loi immigration 

Si elles ne contiennent rien sur le quotidien des français, les annonces de Bardella sont en revanche remplies de mesures xénophobes. « Je ferai voter, dès les premières semaines de mon action par le Parlement, une loi immigration, qui aura vocation à faciliter les expulsions. Surtout, je supprimerai le droit du sol », détaille-t-il. Un sacré sens des priorités, alors que le pouvoir d’achat est et reste la priorité absolue des Français.

La France n’a pas besoin d’une énième loi immigration : entre 1996 et aujourd’hui, elle en a déjà connu plus d’une vingtaine, conduisant à toujours plus de violence à l’encontre des exilés. Il n’y a pourtant pas de crise migratoire en France, mais bien une crise de l’accueil. Par ailleurs, l’immigration n’est pas un danger pour l’économie française. Elle a en réalité un effet positif sur les finances publiques, comme l’a démontré dans une note l’Institut la Boétie. Ce que les travailleurs étrangers paient en impôts et cotisations sociales est largement supérieur à ce que certains d’entre eux reçoivent. 

Je remplacerai l’Aide médicale d’État par une aide d’urgence, il n’y aura plus la gratuité des soins pour les gens qui viennent dans notre pays » développe-t-il plus loin. Jordan Bardella ment. L’AME n’est pas donnée automatiquement à tous les étrangers sur le territoire. Il faut d’abord en faire la demande, et pour l’obtenir, justifier de plusieurs critères de revenu et de durée de séjour sur le sol français.

C’est au patient de payer tout ce qui dépasse la prise en charge de la Sécurité sociale, notamment les dépassements d’honoraires. Le budget alloué à l’Aide médicale d’État (AME) est évalué à 1,2 milliard d’euros. Cette prise en charge qui permet aux sans-papiers de se faire soigner gratuitement en France ne représente que 0,5 % des 200 milliards d’euros de dépenses de l’assurance-maladie.

Une faible dépense au regard de la protection qu’elle offre. Car cette mesure inhumaine mettrait surtout en danger la santé de tous les Français : les virus ne demandent pas leur nationalité aux gens. En cas d’épidémie, la suppression de l’AME serait une catastrophe. 

Le racisme a toujours été l’arme favorite du capital pour détourner de la lutte des classes les travailleurs et les travailleuses. Bardella perpétue cette tradition. Il pointe du doigt le travailleur immigré pour mieux cacher le milliardaire qui se gave, et cacher ses propres trahisons. 

La réforme des retraites ? Après les « urgences », explique Bardella

Il y a trois jours, Bardella tombait le masque sur RTL et assumait le caractère sournoisement austéritaire de son parti. À la question « Est-ce que vous abrogez la réforme des retraites ? » il répondait par un hésitant « Nous verrons ». « Nous avons des économies à faire » disait-il, reprenant un refrain chanté par tous les gouvernements libéraux depuis des décennies. 

Ce jeudi matin, il a confirmé ce revirement : « Une fois réglé le temps des urgences, j’engagerai le temps des réformes. Et il y aura dans ces réformes les retraites » déclare-t-il au micro d’Apolline de Malherbe. Il ne considère donc plus l’abrogation de l’infâme réforme des retraites comme une urgence. La retraite à 60 ans, encore moins. En parallèle, le RN diffusait un tract détaillant une liste de mesures d’urgence… Sans aborder le thème du départ à la retraite.

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Les électeurs qui choisissent le RN en pensant améliorer leurs conditions de vie se font arnaquer. Converti au néo-libéralisme et à ses obsessions d’équilibre financier et de remboursement de la dette, le parti à la flamme met en avant des « priorités » sécuritaires et racistes, visant à « faire des économies », mais ne fera rien pour les classes populaires de ce pays. Il continuera la destruction des services publics, les politiques de classes, en y ajoutant un racisme débridé. 

À l’inverse, le Nouveau front populaire promet, dès les quinze premiers jours de son gouvernement, d’abroger immédiatement les décrets d’application de la réforme des retraites, ainsi que la réforme de l’assurance-chômage, et dans les mois suivants, de réaffirmer l’objectif de retraite à 60 ans. 

Baisser les taxes sur l’énergie sans toucher aux grands patrons

« Je ferais la baisse de la TVA sur le carburant, sur l’électricité, le gaz et le fioul. Alors que des millions de Français n’arrivent plus à payer leurs factures, l’une de mes priorités dans les premiers jours ». 

Encore une arnaque de la part du RN. Sans blocage des prix, la baisse de la TVA ne permet absolument pas d’améliorer le pouvoir d’achat. Rien n’empêche en effet les énergéticiens de compenser la baisse de la TVA par une augmentation de leurs marges. Les recettes de la TVA servent par ailleurs à alimenter certains services publics. Proposer de baisser la TVA revient donc à prélever dans la caisse commune. Rien d’étonnant de la part d’un parti qui a voté contre la taxe sur les super-profits à l’Assemblée nationale.

Augmenter les salaires en baissant les cotisations : comment tuer les retraites à petit feu 

Au milieu de cette foire au racisme, Jordan Bardella dit vouloir « augmenter les salaires des entreprises jusqu’à 10% avec la contrepartie que ces 10% soient exonérées de charge« . Encore une arnaque. Les cotisations patronales sont du salaire différé, qui permettent de financer la Sécurité sociale et les retraites. Baisser de 10% les cotisations patronales diminuerait d’autant les recettes du système de retraite, augmentant potentiellement le déficit. Un moyen de tuer le système pour justifier leur abandon de la retraite à 60 ans ? 

Privatisation de l’audiovisuel public 

Enfin, Bardella promet que s’il est Premier ministre dans trois semaines, il réalisera le rêve de l’extrême droite depuis des décennies : la privatisation de l’audiovisuel public. Le service public de l’information, déjà bien abîmé par la macronie depuis sept ans, sera définitivement détruit, vendu à la découpe pour permettre à Bolloré et consorts de racheter toujours plus de médias et répandre plus largement encore leurs discours de haine. Les français perdront un bien commun et le verront remplacer par cinquante nuances de Touche pas à mon Poste et de l’Heure des pros. 

Voilà les conséquences cauchemardesques si Jordan Bardella venait à gagner les législatives des 30 juin et 7 juillet prochains : une succession de lois antisociales, ruinant les services publics, s’attaquant aux immigrés et aux habitants des quartiers populaires.