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Forte mobilisation contre les méga-bassines dans le Puy-de-Dôme, LFI en première ligne

Méga-bassines. Ce week-end, plus de 6 500 personnes se sont mobilisées dans la plaine de Limagne, près de Clermont-Ferrand. Toutes ont répondu présentes à l’appel, notamment, du collectif Bassines Non Merci 63, de la Confédération Paysanne et des Soulèvements de la Terre. Au programme : un rassemblement et une randonnée « festive et pédagogique » de 8 kilomètres contre la construction des « deux plus grandes méga-bassines de France » et le projet d’accaparement de l’eau au profit de 36 agriculteurs et au détriment des 5 000 autres du département.

Les députés insoumises Mathilde Panot, Clémence Guetté et Marianne Maximi étaient présentes sur place. Elles ont dénoncé cette aberration en dessinant les contours d’une autre voie, celle d’un modèle d’agriculture paysanne, respectueux du cycle de l’eau. Sur place également, de nombreux candidats insoumis aux élections européennes du 9 juin, dont Matthieu Barberis, Louise Héritier, Pauline Dumas et Pierre Guillaumin. À moins d’un mois du 9 juin, les insoumis ont frappé fort. Leur forte présence et leur positionnement pour une écologie de rupture, anticapitaliste, continue de convaincre. Notre article.

Méga-bassines : une mobilisation historique contre l’accaparement de l’eau

Ce samedi 11 mai, le Puy-de-Dôme a connu un véritable un raz de marée populaire contre les deux plus grands projets de méga-bassines en France. Bassines Non Merci 63, la Confédération Paysanne, Extinction Rébellion, les Faucheurs volontaires ou encore les Soulèvements de la Terre étaient de la partie pour faire pression sur le Gouvernement afin d’interdire ces méga-bassines. Ces deux projets de réserves d’eau sont attendus dans la plaine de la Limagne, là où s’est implanté Limagrain, le quatrième semencier mondial, défenseur acharné du projet. Et ce, malgré les sécheresses à répétition et les milliers d’agriculteurs voisins qui se verront privés d’accès à ce million de mètres cubes d’eau.

Plus de 6 500 personnes ont ainsi parcouru les 8 kilomètres reliant Chignat à Billom, plantant des graines de maïs en geste de soutien à un modèle agricole paysan, respectueux des ressources naturelles et égalitaire. Un modèle alternatif soutenu par les manifestants qui dénoncent les ravages du modèle agro-industriel actuel, défendu notamment par l’entreprise Limagrain. Dans le cortège, une ambiance familiale et déterminée qui a fait déferler les manifestants sans incident face au déploiement d’un dispositif policier hors norme. Après le drame de la répression à Sainte-Soline, les manifestants ont souhaité marquer le coup par une mobilisation d’ampleur, signe de leur détermination malgré la répression subie.

« Pour la lutte contre les méga-bassines comme pour les autres causes qu’on défend, la répression du Gouvernement et la répression policière ne nous font pas peur. Ils veulent nous faire reculer en envoyant les CRS, ici comme dans les facs pour les étudiants qui dénoncent le génocide à Gaza. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que ça nous rend encore plus déterminés à lutter. Et ici aussi, le soutien des mouvements comme LFI et de leurs députés qui se déplacent sur place, ça nous donne la force de continuer », affirme une jeune militante écologiste sur place.

Déterminés à bloquer le déploiement des deux méga-bassines du département, les manifestants dénoncent aussi plus largement le modèle agricole intensif que sous-tendent tous ces nouveaux projets. Les différentes organisations ont rappelé leur ferme engagement contre l’agriculture intensive et l’agro-industrie qui ravage les ressources et qui ne rémunèrent pas correctement les petits agriculteurs. « C’est simple : il faut changer de modèle maintenant, plutôt que de continuer dans cette fuite en avant qui ne bénéficie qu’à l’agro-business et à quelques-uns » explique un des manifestants sur place.

Pour aller plus loin : « Agriculture intensive VS bifurcation écologique : les méga-bassines, symbole d’une guerre entre deux mondes »

Clémence Guetté, députée LFI du Val-de-Marne, a, elle aussi, exprimé avec force l’engagement de la France insoumise contre les projets de méga-bassines partout en France, déréglant le cycle de l’eau et organisant le hold-up de la ressource :

« On était déjà là à Sainte-Soline et on sera à vos côtés à chaque endroit où ils auront ces projets complètement fous, au détriment de l’eau potable et de tous les autres usages de l’eau sur lesquels on devrait pouvoir, en tant que citoyens, discuter alors que le changement climatique est largement commencé. Quand on parle de méga-bassines, on se demande quelle agriculture on veut pour demain. C’est un combat au long cours, on en a pour des années à combattre ce monde fou. Les scientifiques nous donnent déjà raison : une autre agriculture, comme un autre monde, sont encore possibles. »

Clémence Guetté

Le message des milliers de manifestants est clair et déterminé : non à l’accaparement de l’eau au profit de quelques-uns. Dans le Puy-de-Dôme, les deux méga-bassines représentent 2.3 millions de mètres cubes d’eau pour 36 agriculteurs seulement – pour un département qui en compte plus de 5 000. Les manifestants – agriculteurs locaux en première ligne – souhaitent donc pousser le Gouvernement à écouter la colère des agriculteurs paysans qui se verront directement impactés par les méga-bassines. Ils souhaitent aussi discuter directement avec les 36 grands agriculteurs qui soutiennent et bénéficieront de ces deux méga-bassines.

Anton Deums, membre du collectif Bassine Non Merci 63, explique ne pas comprendre l’entêtement du Gouvernement à soutenir la construction de ces méga-bassines malgré la forte mobilisation des agriculteurs ces derniers mois. Il explique pour Mediapart : « Il y a un entêtement du côté du gouvernement pour protéger les profits d’une minorité d’agro-industriels qui ruinent ceux qui sont en aval. On est la profession qui se rémunère le moins ! Ces 25 millions d’euros [le coût estimé de ces deux méga-bassines] pourraient être utilisés à aider des jeunes agriculteurs à s’installer ». Pour les manifestants comme pour les insoumis : un autre modèle est possible.

LFI mène la bataille pour une autre politique agricole

La présence des insoumis à cette mobilisation n’a surpris personne. Depuis des années, les militants du mouvement de Jean-Luc Mélenchon sont de toutes les mobilisations contre les méga-bassines et le projet d’accaparement de l’eau qui les accompagne. Ils et elles mènent le combat dans la rue comme à l’Assemblée Nationale, où le groupe insoumis, à l’initiative de la députée Clémence Guetté, a déposé une proposition de loi de moratoire contre les méga-bassines en novembre dernier. Refusée par les macronistes, les Républicains et l’extrême-droite, cette proposition est pourtant toujours à l’ordre du jour dans la société civile. Les manifestants et différents mouvements citoyens sont de plus en plus nombreux à réclamer l’ouverture d’un débat citoyen public à ce sujet.

Pour aller plus loin : « Méga-bassines : les macronistes et le RN sabotent la proposition LFI de moratoire »

La crise de l’eau a déjà commencé en France et dans le monde, affectant tant la production agricole que les besoins en eau des particuliers. Alors que les agriculteurs et les scientifiques dénoncent largement ces projets, les macronistes et l’extrême-droite persistent et signent dans la défense de notre modèle agricole intensif pourtant déjà dépassé.

La France insoumise propose, elle, de faire bifurquer notre modèle de production tout entier, pour une utilisation durable et équitable des ressources naturelles. Alors que le Gouvernement présente actuellement son projet de loi d’orientation agricole à l’Assemblée Nationale, la France insoumise a présenté récemment son contre-projet agricole. Au programme : rémunérer dignement les agriculteurs par des prix planchers et planifier la transition écologique de l’agriculture. Cela passe notamment par une réponse sérieuse à la crise de l’eau : un moratoire sur les méga-bassines et des mesures d’urgence pour la répartition équitable de ce bien commun. Le contre-projet est à retrouver en intégralité sur leur site.

Pour aller plus loin : « Loi d’orientation agricole : LFI a présenté son contre-projet »

À l’Assemblée comme dans la rue, les insoumis sont en première ligne des mobilisations citoyennes contre les grands projets inutiles et destructeurs, dont les méga-bassines en sont devenues les ambassadrices. 91 % des français sont pour un moratoire sur le sujet des méga-bassines. Les élections européennes du 9 juin seront aussi une occasion pour les électeurs d’exprimer leur opposition à ce modèle agricole délétère en soutenant la liste de Manon Aubry.

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