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Super-profits : le gouverneur de la Banque de France favorable à une taxe

Super-profits. « Je crois au modèle social européen. La fiscalité doit aussi traduire la solidarité et l’équité. Arrêtons la course à la baisse d’impôts dans ce pays ! ». Voici ce qu’a déclaré François Villeroy de Galhau. Interrogé sur une taxe sur les super profits dans l’émission les 4 Vérités sur France 2, le gouverneur de la Banque de France s’y est déclaré favorable. Le même qui pleurait des larmes de crocodiles au sujet de notre dette publique, un soi-disant fardeau intarissable pour notre pays.

Quelque chose est en train de basculer. L’idéologie néolibérale anti-impôts a fait son temps. Ses fanatiques ne sont plus qu’une poignée. Tous les gens raisonnables ont pris conscience que l’urgence est au partage des richesses et à l’investissement dans les services publics utiles à l’intérêt général humain. Notre article. 

Super-profits : le gouverneur de la Banque de France tacle les idéologues antisociaux

« Je ne fais partie de ceux qui disent qu’un bon impôt est un impôt supprimé », a dit François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France ce lundi 13 février 2023. Pour rappel, il fut l’un des principaux dirigeants de la première banque privée française BNP Paribas. Il en a été le directeur-général délégué pendant quatre ans, de fin 2011 au début de cette année. Auparavant, il a été le dirigeant de la filiale de BNP spécialisé dans le crédit à la consommation, Cetelem, puis le responsable de la banque de détail du groupe. Un banquier pure souche donc. Qui défendait jusqu’en 2020 la baisse des dépenses publiques.

Si même le gouverneur de la Banque de France l’abandonne, Emmanuel Macron sera bientôt absolument seul à défendre les vertus de la politique de l’offre, des baisses d’impôts, de la casse de la protection sociale et des services publics, les bienfaits de la concurrence déloyale, sans norme, sans valeur, dans tous les secteurs.

Un souffle nouveau balaie la France

Un souffle de révolte. Une révolte qui vient de loin. Les Français sont passionnément attachés à l’égalité depuis la grande Révolution de 1789. Ces quelques glorieuses années suffirent pour ancrer définitivement dans le cœur de tous les habitants de ce pays ces mots devenus un étendard pour tous les peuples opprimés du monde : Liberté, égalité, fraternité. 

Depuis 40 ans, venu du pays de Ronald Reagan, une idéologie économique a tenté de s’imposer par tous les moyens : l’ultralibéralisme. Son objectif : faire basculer le partage des richesses vers les ultra-riches. Ces immenses privilégiés sont vus comme étant, par nature, gentils, rationnels, bons, intelligents, les plus à même de guider le pays vers le succès, il faut leur donner tout le pouvoir. Un retour en règle à la ploutocratie. Pour cela, au programme : moins d’impôts, moins de solidarité, moins de services publics. En bref, moins de richesse socialisée, plus de profits pour les capitalistes. Tout pour le haut, rien d’autre pour ceux d’en bas que les miettes que les ultra-riches voudront bien leur laisser

À coup de milliards, pour développer des think tanks, payer des lobbyistes à la Commission européenne, publier les résultats d’études pseudo-économiques aux méthodes douteuses, racheter des médias de masse, cette idéologie s’est peu à peu diffusée en Europe, jusqu’à s’imposer complètement au XXIème siècle. Avec les résultats que l’on connaît : dérive autoritaire, inaction climatique, explosion des inégalités sociales et ainsi de la misère. 

Complètement ? Non ! En France particulièrement, la braise de la passion de l’égalité a été entretenue par quelques irréductibles malgré la tempête néolibérale qui s’acharnait à l’éteindre. En 2005, cette braise mit le feu à la plaine. Le « Non » à la constitution européenne l’emporta et le contrat précaire spécial jeune, le CPE, fut balayé à sa suite. 

En 2012, Jean-Luc Mélenchon obtient un score historiquement haut pour la gauche radicale. Ces 11% seront bientôt 19% puis 22% en 2022. En 2016, l’occupation des places Nuit Debout offre un espace de discussion pour créer un langage commun, se désintoxiquer la novlangue antisociale et remettre au cœur le partage et la devise républicaine malmenée par les politiciens néolibéraux. En 2018, c’est l’insurrection des Gilets Jaunes. À l’hiver 2019-2020 contre la première tentative de saccage des retraites par Macron naît le plus grand mouvement de grève depuis 1968. 

Aujourd’hui, des millions de gens sont dans les rues, perdent des jours de salaire. 80% des Français et 93% des actifs rejettent la retraite à 64 ans. 60 % d’entre eux sont favorables à un blocage du pays pour empêcher le passage de cette réforme injuste, défavorable aux femmes et aux catégories populaires, totalement indolore pour les plus riches.

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Le vent a tourné. Les antisociaux ultralibéraux sont chaque jour un peu plus supplantés par la passion pour l’égalité : la mise en commun des richesses pour financer la protection sociale, les services publics, la planification écologique et du temps pour regarder la mer ou les gens qu’on aime.

La volte face des fidèles protecteurs des intérêts des puissants est un bon indicateur de la puissance du peuple. C’est la peur de l’insurrection citoyenne, du changement radical de système économique qui pousse ceux qui tirent le plus de bénéfices du système capitaliste actuel à se prononcer en faveur d’un meilleur partage des richesses. 

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