À Strasbourg, un patient meurt aux urgences après 22 heures d’attente : l’austérité tue

À Strasbourg, un homme de 81 ans est décédé, après avoir attendu 22 heures sur un brancard. Il est arrivé aux urgences des hôpitaux universitaires de Strasbourg le 31 août en tout début d’après-midi. Il est mort le 1er septembre à 14h40. Le personnel hôspitalier s’en est rendu compte lors de la rotation des équipes médicales. Une conséquence dramatique des politiques d’austérité qui font mourir à petit feu l’Hôpital public : fermeture de services, suppression de lits, manque de moyens… L’austérité tue. Notre article.

Octogénaire décédé sur un brancard à Strasbourg : l’alerte avait déjà été sonnée

Un homme de 81 ans est décédé aux urgences des hôpitaux universitaires de Strasbourg sur un brancard. Cela faisait 22 heures qu’il attendait pour être pris en charge. En mars denier, un patient a également perdu la vie après avoir attendu une douzaine heures avant d’être pris en charge. À bout, le personnel soignant avait dénoncé les fermetures de lits, le manque de personnel, la baisse de moyens et l’encombrement des urgences : tous les élements responsables de la situation gravissime dans laquelle se trouve l’Hôpital public. « FO [syndicat Force Ouvrière, ndlr] avait alors écrit au ministre de la Santé de l’époque, Olivier Véran », explique Le Parisien. L’alerté était déjà donnée.

Le 12 septembre, FO a écrit au nouveau ministre de la santé, François Braun : « Ce (nouveau) décès intervient 36 heures après le dépôt d’un droit d’alerte fait par nos représentants Force Ouvrière dénonçant une énième situation de blocage et de surcharge des urgences » du Nouvel Hôpital Civil (NHC) de Strasbourg. Quelle était la situation des urgences au moment du décès de l’octogénaire ? « 50 patients pour 30 places sur brancards avec des véhicules en attente dans le sas de dépôt des urgences » selon FO, rapporte Le Parisien. Situation qui ne bénéficiera d’« aucune amélioration » le lendemain, jour du décès du patient de 81 ans. L’alerte avait déjà été sonnée. Le personnel médical continue de la tirer, désespérément.

Effondrement de l’Hôpital public : l’austérité tue

Mourir sur un brancard parce qu’il n’y a pas assez de soignants pour s’occuper d’un patient. Décéder parce qu’il n’y a plus assez de lits dans un Hôpital. Voilà les conséquences terribles de l’austérité sur l’Hôpital public. Ces politiques de réduction des coûts à tout prix le tuent à petit feu. Combien de morts de la sorte, avant que l’on se rende compte que l’Hôpital ne peut plus être géré comme une entreprise ?

120 services d’urgences sont en état d’urgence absolue aujourd’hui dans le pays, et 67 hôpitaux sont partiellement fermés. Cette liste a été établie par l’association Samu-Urgences de France (SUdF). Terrible bilan dans le 6ème pays le plus riche du monde. L’Hôpital était déjà mal en point au moment de la crise sanitaire. Pourtant, Emmanuel Macron a continué à fermer des lits pendant cette période. 5 768 lits fermés en 2020, 17 000 durant tout son premier quinquennat. L’austérité infligée à l’Hôpital public est mortifère pour ce service public essentiel. Cette situation ne peut plus durer. L’austérité tue.