Scandale UberFiles : Macron a-t-il menti le 6 avril 2017 sur le plateau de France 2 ?

Le scandale Uber pose une question : Emmanuel Macron a-t-il menti ? Invité de l’émission Politique le 6 avril 2017 sur France 2, l’actuel président français avait été interrogé par Sayah Baaroun, chauffeur VTC, au sujet d’une réunion « dans un restaurant de luxe » rassemblant son directeur de cabinet et des lobbyistes d’Uber. Emmanuel Macron avait alors nié en bloc. Le doigt tendu, l’ex ministre de François Hollande avait alors menacé le représentant syndical : « Quand on profère des accusations aussi graves, on donne des noms, on donne la liste et on va devant le juge ». « Les noms » sont désormais bien connus, « la liste » est accessible grâce au travail du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Notre article.

« Je n’ai jamais défendu les intérêts des uns ou des autres« . Cette phrase, prononcée par le candidat Emmanuel Macron sur le plateau de France 2, à quelques jours du premier tour des élections présidentielles 2017, résonne terriblement en ce lendemain de révélation Uber Files. Une grosse carotte ? Une tromperie délibérée, prononcée en direct devant des milliers de téléspectateurs venus éclairer leur choix pour le scrutin à venir. Un craque assumé, déterminé, proféré avec un seul but : masquer ses liens avec la plateforme, afin de mieux les servir une fois arrivé au pouvoir.

Scandale UberFiles : Macron, le mensonge comme stratégie de conquête du pouvoir

« Une fois n’est pas coutume » dit le bon sens populaire. La liste des mensonges d’Emmanuel Macron ne cesse de s’allonger, elle est désormais plus longue que les bras des lobbyistes d’Uber. Nos colonnes en avaient déjà dénombré 21 uniquement dans sa lettre aux Français du 3 mars 2022. Combien de temps les citoyennes et les citoyens d’un pays démocratique vont-ils accepter d’être gouverné par un personnage qui a érigé le mensonge en méthode d’accession et de conservation du pouvoir ?

Fin de l’échange, Emmanuel Macron achève ainsi sa défense : « Quand on profère des accusations aussi graves, on donne des noms, on donne la liste et on va devant le juge. » Ces propos pourraient être un nouveau clou enfoncé dans le cercueil de sa légitimité politique. « Les noms » sont désormais bien connus, « la liste » est accessible grâce au travail du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Bientôt le passage devant le juge ?