Portrait – Frédéric Boccaletti, député RN condamné pour violence avec arme

Le Rassemblement National (RN) : cause majeure d’insécurité. Frédéric Boccaletti, député RN du Var, a été condamné à un an de prison dont six mois ferme pour « violence en réunion avec arme » en 2000. Il avait fait ouvrir le feu sur un groupe d’hommes après les avoir traités de « sales nègres ». Il tenait une librairie à Toulon où étaient vendus des ouvrages négationnistes et antisémites. Marine Le Pen l’a choisi comme représentant alors qu’aux précédentes élections législatives, cet individu dangereux s’était de nouveau illustré en faisant passer à tabac une opposante qui distribuait des journaux informant les électeurs et électrices de son véritable visage.

Au second tour des élections législatives, le RN a percé le plafond de verre du Palais Bourbon. Le chef de l’État porte une très lourde responsabilité dans la crise qui s’ouvre : pendant 5 ans, la stratégie politique macroniste a consisté à faire monter l’extrême-droite. Macron a joué avec le feu, il s’est brûlé. Aujourd’hui le parti présidentiel tend la main à l’extrême-droite pour gouverner. Les 5 années qui s’ouvrent s’avèrent décisives si l’on veut empêcher l’extrême-droite de fracasser un autre plafond de verre en 2027.

Troisième épisode de notre série sur les 89 députés du RN. Portrait de Frédéric Boccaletti.

Au RN, mettre en danger la sécurité d’autrui, atteindre à l’intégrité physique des opposants permet de monter les échelons du parti

Distribuer des tracts, coller des affiches, organiser des réunions publiques, autant d’activités cruciales dans une démocratie. Autant d’activités auxquelles chaque personne devrait pouvoir participer, sans craindre pour son intégrité physique, pour sa sécurité. Michel Foucault affirmait en 1976 dans ses cours au Collège de France : « La politique, c’est la guerre continuée par d’autres moyens ». De la confrontation d’idées, des échanges d’arguments dans un cadre fixé par la loi et accepté par tous. La politique permet ainsi de mettre fin au règne de la force brute, de la menace physique, de la mort.

Notamment quand rôde Frédéric Boccaletti, le président du groupe RN au conseil régional. En 2000, celui-ci est condamné à un an de prison dont six mois ferme pour « violence en réunion avec arme ». Interpellé verbalement par des opposants, le militant d’extrême-droite les insulte de « sales nègres » puis les poursuit en voiture dans la ville. Alors qu’il ne possède aucun permis, le désormais député du RN garde toujours avec lui un pistolet, « pour sa sécurité ». Se sentant « menacé », il confie l’arme au passager. Qui tire. Deux fois.

A ceux qui s’alarment de la baisse du niveau de mathématiques, la suite prouve que les trous dans la raquette de l’Éducation nationale en la matière ne datent pas d’hier. En effet, Frédéric Boccaletti est né en 1973. Il affirme aux forces de l’ordre que les coups de feu ont été tiré « en l’air ». Cela laisse perplexe les policiers chargés de l’enquête lorsqu’ils découvrent les impacts de balle : à 1m60 et 1m20 du sol. A hauteur d’homme donc. Pour la médaille Fields, c’est raté, direction la prison

Jugé coupable de « violence en réunion avec arme », Frédéric Boccaletti écope d’un an de prison dont 6 mois ferme

Être une menace pour la sécurité de ses concitoyens n’est cependant pas un motif pour stopper une ascension politique au sein d’un parti fondé par d’anciens SS. En 2006, il ouvre une librairie nommée Anthinéa, en hommage à Charles Maurras. Les ouvrages en rayon sont sobrement qualifié par le Point « sulfureux ». Comprenez : révisionniste voir négationniste (quoi de plus normal pour un fan de Jean-Marie Lepen et ses « détails de l’histoire »). Bref antisémite.

En 2008, Frédéric Boccaletti invite dans sa funeste boutique Eric Delcroix, avocat du gratin néo-fasciste de ce pays et condamné pour contestation de crime contre l’humanité. La même année, le violent libraire varois est réintégré au FN, le parti a sans doute jugé qu’il ne pouvait plus se priver d’un tel atout.

En 2013, le sympathique militant d’extrême droite révèle un autre pan de sa joyeuse idéologie. Sans surprise, on le retrouve dans les cortèges homophobes de la Manif pour Tous aux côtés de Nick Griffin, figure du négationniste de l’autre côté de la Manche et proche de David Duke, responsable du Ku Klux Klan (antisémites de tous les pays, unissez-vous…).

Menace pour la sécurité un jour, menace pour la sécurité toujours

Telle semble être la devise de « l’homme fort du parti Marine Le Pen dans le Var« . 17 ans après sa première condamnation Frédéric Boccaletti récidive. En 2017, il est candidat pour la première fois aux élections législatives pour le parti qui porte encore le nom de Front National. Le 7 juin au marché de Sanary, une opposante a le malheur d’oser un acte terrible : distribuer des journaux informant les électeurs et les électrices de son parcours judiciaire. Comme elle n’a pas eu la présence d’esprit d’assurer sa sécurité par plusieurs gardes du corps, la violence frontiste se déchainent. Le Point rapporte que « la blessée a dû être transportée aux urgences par les pompiers. »

Faut-il s’étonner de tels agissements lorsqu’on sait que Frédéric Boccaletti a chargé Philippe Vardon, ex-skinhead de la « formation à la pratique politique » ? Ou faudrait-il plutôt s’étonner des petits arrangements du parti présidentiel avec un parti qui constitue, depuis sa création, une menace pour sécurité de la démocratie ?

Participer au débat d’idées doit pouvoir se faire en toute sécurité. L’activité des militants politiques est le coeur battant de la démocratie. Les personnes qui font peser un danger sur leur pratique sont donc une menace pour la démocratie. Frédéric Boccaletti est un homme violent et condamné pour cela. Marine Le Pen l’a choisie pour représenter son parti alors qu’elle avait certifié qu’elle ne arrêtait de donner l’investiture RN à des repris de justice. Marine Le Pen ment toujours plus fort. Frédéric Boccaletti est un danger de plus pour la démocratie en France. Et Macron ferme les yeux car il a besoin d’eux pour se maintenir au pouvoir et tenter appliquer jusqu’au bout son programme de saccage social.

Par Ulysse Kummer