Élisabeth Borne refuse le vote de confiance du Parlement : la macronie humilie la démocratie française

Élisabeth Borne ne se soumettra pas au vote de confiance du Parlement le 6 juillet prochain, jour où elle prononcera son discours de politique générale. Le doute planait, la décision, explosive, est tombée ce matin. C’est pourtant une tradition républicaine de se soumettre à cet exercice, après avoir prononcé un discours d’une telle importance. Qui a des ambiguïtés avec la République ? Entre déni d’un camouflet et mépris des institutions, la macronie humilie la démocratie française. Sans confiance du Parlement, pas de légitimité à légiférer. Macron ouvre le nouveau quinquennat en piétinant le pouvoir législatif et en tendant la main à l’extrême-droite, nauséabond. La macronie menace la République. Notre article.

L’illégitimité de Borne

C’est décidé. Élisabeth Borne ne sollicitera pas le vote de confiance du Parlement après son discours de politique générale. Une peur d’être renversée ? Un mépris affiché pour les institutions de notre pays. Pire, une humiliation pour notre démocratie. La Première ministre n’est pas légitime à rester à son poste, après le camouflet électoral des élections législatives. Celle-ci est censée être la cheffe de file des députés macronistes.

Malgré le camouflet électoral reçu aux élections législatives, le Président persiste : le 24 avril dernier, il a été élu « sur un projet clair », selon ses mots. Or, la majorité de ceux qui ont voté pour lui l’ont fait pour faire barrage à l’extrême-droite. Ils n’ont plébiscité ni la retraite à 65 ans, ni le travail forcé au RSA. Son « projeeeet » néolibéral est devenu ultra minoritaire dans le pays. L’exécutif reste dans le déni, et avance avec œillères.

Pour la première fois depuis l’alignement des élections présidentielle et législatives, le pouvoir exécutif n’a pas obtenu pas la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Cette dernière est divisée en trois blocs : le bloc bourgeois libéral macroniste allié à la droite traditionnelle, le bloc populaire incarné par la NUPES et le bloc d’extrême-droite. Cette élection est la traduction de la réalité des votes pour l’élection présidentielle. Il n’y a pas de majorité dans le pays pour appliquer le « projeeeet » de Macron, entre guerre sociale et inaction climatique.

Tollé général contre la Première ministre

Le refus d’Élisabeth Borne de se soumettre au vote de confiance a suscité un tollé général. « Après le Président élu sans mandat, la Première Ministre nommée sans vote de confiance du Parlement. Élisabeth Borne prend la fuite et emporte la démocratie avec elle », a dénoncé la présidente du groupe LFI Mathilde Panot. Elle dénonce un « coup d’État permanent » en macronie. Même son de cloche du côté de la députée européenne LFI Manon Aubry : « Élisabeth Borne a peur de la démocratie… Pas de vote de confiance, pas de légitimité à légiférer ! ».

À jouer avec les institutions comme elle le fait, Élisabeth Borne va finir par se brûler les ailes. La Première ministre pourrait être renversée par une motion de censure. Les insoumis en déposeront (probablement) une. Si elle était votée par une majorité absolue, Borne n’aurait pas d’autre choix que de quitter Matignon. « Elle ne peut alors éviter la censure qu’au prix d’une abstention du groupe RN ou du groupe LR ou des deux. », écrit Jean-Luc Mélenchon. « Autrement dit, d’une alliance tacite avec ceux contre lesquels ces gens-là prétendaient protéger le pays. Pitoyable fin de règne. » La macronie en disgrâce.