À Caen, Mélenchon défie Élisabeth Borne sur ses terres

Jean-Luc Mélenchon sera en meeting à Caen ce mercredi 8 juin, à 19 heures. Il vient défier la Première ministre, Élisabeth Borne, sur ses terres. Selon lui, elle est « l’une des figures les plus dures de la maltraitance sociale macroniste ». Il se rend aussi dans le Calvados pour soutenir les six candidats de la NUPES, l’alliance historique entre LFI, le PS, le PCF, EELV et Génération.s. Celle-ci est aujourd’hui la première force politique du pays. Elle pourrait obtenir une majorité de députés à l’Assemblée nationale et propulser Jean-Luc Mélenchon à Matignon. En macronie, on s’inquiète de plus en plus. Le match Macron / Mélenchon monte d’un cran. Notre article.

Mélenchon contre Borne et Macron

Jean-Luc Mélenchon se rend à Caen pour défier celle qu’il compte remplacer à Matignon le 19 juin prochain. Il engage un duel à distance avec celle qui n’a même pas accepté un débat avec lui. Surtout, une confrontation avec « l’une des figures les plus dures de la maltraitance sociale macroniste ». Sanglante réforme de l’assurance-chômage, baisse féroce de l’allocation de plus d’un million de chômeurs dans ce pays, ouverture à la concurrence de la SNCF et de la RATP, écrasant au passage l’un des plus longs mouvements sociaux de l’histoire des cheminots, suppression des tarifs réglementés du gaz, bilan calamiteux en tant que ministre de l’Écologie : voilà son bilan.

La même Élisabeth Borne a humilié une femme en fauteuil roulant pas plus tard qu’hier. Sur France bleu hier, elle est interpellée par Dolorès, une auditrice du Jura, au sujet de l’allocation adulte handicapée (AAH). Cette dernière dépend du salaire de son époux, car elle vit en fauteuil roulant. Qu’a répondu la Première ministre de notre pays ? Vous n’avez qu’à reprendre le travail. L’auditrice a fondu en larmes. Élisabeth Borne a montré sa vraie nature : elle est une « technocrate brutale », selon les mots de Jean-Luc Mélenchon.

En défiant Élisabeth Borne, c’est en réalité au chef de l’État qu’il se confronte. La dynamique de l’alliance de la gauche inquiète de plus en plus l’Élysée. La possibilité que la NUPES obtienne une majorité pour gouverner n’est plus taboue. Aujourd’hui, le match Macron / Mélenchon monte encore d’un cran, alors qu’un scrutin historique se rapproche à grands pas.

La dynamique de la gauche inquiète de plus en plus Macron

Rien ne se passe comme prévu pour eux. La macronie s’inquiète de plus en plus de la dynamique de la NUPES dans l’opinion. Le dernier sondage de l’institut IFOP donne l’alliance de la gauche à 26%, devant Ensemble (Renaissance ex-LREM, Modem, Horizons, etc). Dans ce cas de figure, Emmanuel Macron pourrait être privé d’une majorité pour gouverner et appliquer son programme. La possibilité que la Nouvelle Union Populaire ait une majorité se précise. Si cela se produit, alors Emmanuel Macron n’aurait pas d’autre choix que de nommer Jean-Luc Mélenchon Premier ministre.

Comment mesurer l’inquiétude qui règne en macronie ? À la virulence de leurs attaques et à la considération que le pouvoir accorde cette alliance historique de la gauche. Si cette dernière remportait les élections législatives, Emmanuel Macron refuserait de nommer Jean-Luc Mélenchon Premier ministre. En parlant ainsi, il accorde un important crédit à cette possibilité. Sauf que le président ne pourrait pas aller contre le vote des électeurs. Il serait obligé de se plier au verdict des urnes et d’écourter le CDD non-renouvelable d’Élisabeth Borne.

Le premier tour des élections législatives a lieu dans 4 jours. Les électeurs peuvent décider du cap que doit prendre le pays. Si Jean-Luc Mélenchon devient Premier ministre, alors une toute autre politique pourrait être appliquée : partage des richesses, planification écologique, intervention populaire dans les institutions. « Je ne vous garantis pas que du jour au lendemain nous créerons un paradis, mais je peux vous garantir que nous ferons cesser l’enfer », avait-il déclaré à Paris le 1er juin. Réponse dans les urnes les 12 et 19 juin.