Ukraine

Guerre russe en Ukraine : depuis bientôt 10 ans, Jean-Luc Mélenchon lance l’alerte

Ukraine. L’Histoire du vieux continent a basculé. Cette semaine, des troupes russes ont franchi la frontière de l’Ukraine et se dirigent vers la capitale ukrainienne, Kiev, à grande vitesse. Cette guerre déclenche un exode d’Ukrainiens vers l’Ouest. Le peuple ukrainien vit une situation absolument dramatique. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels échecs, quels aveuglements, quelles obstinations ont mené à cette situation ? Partisan du non-alignement depuis toujours, Jean-Luc Mélenchon alerte depuis 10 ans sur les tensions à l’Est. Il n’a cessé de plaider pour la négociation via des institutions internationales, et contre la guerre. Aujourd’hui, la guerre commence, et il avait vu juste. Notre article.

Les tensions à l’Est trouvent leur source dans la fin de guerre froide

1989. Le mur de Berlin s’effondre. 1991, l’URSS s’écroule. C’est la fin de la guerre froide. Un Empire qui comprenait 1/3 de l’Humanité est tombé et sa chute n’a pas été suivie de discussions sur comment devait se répartir son territoire : une première dans l’Histoire moderne, expliquait Jean-Luc Mélenchon sur France Inter le 3 janvier 2022. En effet, les empires austro-hongrois ou ottomans sont arrivés, eux, à leurs termes dans des conditions plus ou moins négociées.

Par la suite, il y a eu une trahison de la parole donnée aux dirigeants russes. Il leur avait été promis que la fin du pacte de Varsovie et du bloc soviétique ne conduirait pas à la présence de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie. Entre 1999 et 2004, 10 pays de l’Est appartenant à l’ex pacte de Varsovie sont entrés l’OTAN. Cela a été logiquement ressenti comme une menace par la Russie.

Selon Jean-Luc Mélenchon, le devoir de la France depuis est de tout faire pour que l’Ukraine ne rentre pas dans l’OTAN, car cela accentuerait le sentiment russe d’être menacé à ses frontières. Surtout que des batteries anti-missiles pointées directement vers la Russie ont été installées en Pologne en 2012-2013.

C’est la fin d’un Empire qui n’a jamais été ni négociée ni discutée, combinée à la trahison de la promesse faite aux dirigeants, ressentie désormais comme une menace par la Russie qui est la source des tensions que nous observons à l’Est. La guerre russe en Ukraine y trouve ses fondements les plus profonds. Ce contexte ne justifie en rien ni transgression des frontières menée par la Russie, ni la guerre. La guerre : c’est ce que Jean-Luc Mélenchon a toujours appelé à éviter, en appelant à la discussion et à la négociation.

Ukraine, Crimée : le refus de la guerre dès 2014

Le candidat de l’Union Populaire a toujours défendu la négociation plutôt que la guerre. Déjà en 2014, il refusait l’escalade militaire liée l’entrée de la Russie en Crimée. Cela lui a valu d’être taxé d’accointances avec la Russie, d’être pro-Poutine. Ce, alors même qu’il condamnait la transgression des frontières menée par les Russes : « [Poutine] a fait quelque chose que je n’admets pas qui est de transgresser les frontières. »

Mais « ce n’est pas être un poutinien que de dire qu’il ne faut pas faire la guerre », expliquait-il. Dans une position toujours non-alignée au service de la paix, Jean-Luc Mélenchon avait défendu la négociation, plutôt que la guerre. Parce qu’elle ne réglerait pas le problème d’une part, parce qu’elle ne serait pas dans l’intérêt de la France qui compte la Russie parmi ses partenaires. Une position difficile à défendre face aux bellicistes de plateaux et à la « propagande des excités » qui voulaient à tout prix créer une situation de guerre aux Russes.

Partisan d’une France non-alignée, critique vis-à-vis de Poutine

Jean-Luc Mélenchon a toujours prôné le non-alignement au service de la paix. Depuis plusieurs années, les insoumis défendent l’idée d’une France qui soit non-alignée, c’est-à-dire ni alignée sur les intérêts russes, ni alignée sur les intérêts étasuniens. Elle ne signifie pas la neutralité pour autant, nous y reviendrons. Cette position n’a jamais changé du côté de Jean-Luc Mélenchon. Mais l’atlantisme est tel au sein de la classe politique que la critique des Etats-Unis d’une part, et expliquer que la Russie est un partenaire d’autre part, vaut directement d’être assimilé la Russie, pointée comme un ennemi.

Pour rappel, tout oppose Jean-Luc Mélenchon à Vladimir Poutine. Il est un dirigeant nationaliste autoritaire, quand Jean-Luc Mélenchon prône en France la 6ème République pour en finir avec les dérives monarchiques actuelles. Si le candidat de l’Union Populaire est un farouche écologiste, le dirigeant russe est lui un fervent défenseur du gaz et du pétrole. En 2013 d’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon avait signé avec l’écologiste Noël Mamere une tribune pour demander la libération de militants de Greenpeace qui dénonçaient les crimes contre l’environnement du gouvernement de Vladimir Poutine. Enfin, il est difficile de considérer Jean-Luc Mélenchon comme un soutien de Vladimir Poutine, alors que ce dernier a fait passer 4 ans en prison à Sergueï Oudaltsov, leader du Front de gauche russe, l’ami et camarade de Jean-Luc Mélenchon.

Malgré toutes ces différences, Jean-Luc Mélenchon est un partisan de la paix, et par conséquent opposé à la guerre avec les Russes. Sur tous les tons, il a alerté sur les tensions à l’Est, liées au contexte que nous avons évoquée précédemment. C’est pourquoi il a toujours plaidé pour la négociation, et a toujours refusé les coups de mentons bellicistes de certains responsables politiques.

Cessez-le-feu, retrait russe d’Ukraine et négociations via les institutions internationales : Mélenchon veut œuvrer pour la paix

Sur le conflit entre l’Ukraine et la Russie, Jean-Luc Mélenchon plaidait depuis des semaines pour la désescalade, pour éviter que la situation s’aggrave encore. Ce, comme il l’a toujours fait, refusant de voir la situation se dégrader. Il souhaitait qu’il y ait un dialogue entre les parties afin de parvenir à un accord autour de deux principes : la Russie ne doit pas franchir la frontière de l’Ukraine ; les États-Unis doivent renoncer à intégrer l’Ukraine dans l’OTAN. Malheureusement, cet accord n’a pu être possible. Le terrible résultat de l’échec des négociations est là, sous nos yeux.

Face au franchissement de la frontière de l’Ukraine par la Russie, Jean-Luc Mélenchon s’est dit « profondément inquiet de ce qui se déroule en ce moment même sur le vieux continent ». Sans aucune équivoque, il a condamné «avec force le déclenchement de la guerre russe en Ukraine ». Aujourd’hui, quelles que soient les raisons invoquées par les uns ou les autres, la décision russe est inacceptable. La position de non-alignement tenue par Jean-Luc Mélenchon n’est pas, et n’a jamais été, le refus de dénoncer des logiques de puissance. Simplement, elle s’inscrit dans la volonté de pouvoir agir en toute indépendance sur la scène internationale.

Le candidat de l’Union Populaire tient la position qu’il a toujours soutenue : une position non-alignée, refusant la guerre. Elle n’implique pas d’être neutre pour autant. C’est ainsi que les insoumis condamnent avec force la Russie. Prônant comme toujours la désescalade, ils vont continuer de demander un cessez-le-feu en Ukraine, le retrait immédiat des troupes russes, et des négociations sous l’égide d’institutions internationales.

Jean-Luc Mélenchon a ainsi proposé une « conférence des frontières » sous l’égide de l’Organisation de Coopération et de Sécurité en Europe (OSCE) afin de régler des conflits territoriaux qui durent depuis trop longtemps. « Seules des instances multilatérales incluant l’ensemble des acteurs concernés, comme l’ONU ou l’OSCE sont à même de régler ces conflits », avait conclu Jean-Luc Mélenchon dans son communiqué du 23 février 2022.

Par Nadim Février