À ceux qui veulent diviser les Français

Édito de Sarah Legrain, oratrice nationale de La France insoumise et professeure de Français, en hommage à Samuel Paty et en réponse à ceux qui veulent diviser les Français.

Vendredi 16 octobre a eu lieu un acte atroce. C’est un enseignant de l’école de la République qui a été décapité par un terroriste islamiste. Nous devons pouvoir d’abord adresser tout notre soutien à ses proches, à sa famille, à ses collègues, à ses élèves et à l’ensemble de la communauté éducative. Nous devons ensuite adresser un message d’unité et de fermeté à l’ensemble du pays.

Nous ne le savons, les terroristes islamistes ont un objectif : diviser la communauté nationale. Ne peut plus permettre d’être à la fois musulman et Français. Créer sur le sol national une guerre civile. La première des choses que nous devons faire pour leur répondre : c’est d’être dans l’unité. Nous pouvons d’ores et déjà regretter que ces derniers jours n’aient pas été sous le signe de l’unité.

On voit déjà ceux qui ont le sourire aux lèvres. Ceux qui pointent du doigt tous nos concitoyens de confession musulmane. Le rassemblement national se frotte les mains : c’est l’occasion où jamais pour eux de diviser les Français. Dans cet objectif, les terroristes et le rassemblement national poursuivent le même dessin. Nous n’oublions pas non plus les liens de l’extrême droite avec ces organisations terroristes.

Les insoumis sont accusés depuis vendredi soir d’être « responsables », d’avoir du sang sur les mains. Ces accusations sont gravissimes et ignobles. Ces attaques, venues notamment d’ancien ministres de l’intérieur comme Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, servent un agenda politique. Elles rendent un fier service aux terroristes et à l’extrême droite.

On nous reproche d’être des « islamo-gauchistes ». Mais que signifie ce terme ? Est-ce la France insoumise qui a armé des terroristes ? Qui a signé des contrats avec des pays armant les terroristes ? Que chacun balaie sa porte. Qu’est-ce qu’on nous reproche ? D’avoir manifesté le 10 novembre 2019 aux côté des musulmans, de la ligue des droits de l’homme, de la FSU, à l’origine de l’organisation de l’hommage à Samuel Paty, de la CGT, de Benoît Hamon, Yannick Jadot, André Chassaigne et tant d’autres, suite à l’attentat contre la mosquée de Bayonne. Quel était le sens de cette marche ? Dire à l’ensemble des musulmans de ce pays que nous ne les laisserions pas attaquer en raison de leur religion. Nous regrettons à ce moment là que le gouvernement n’ait pas organisé d’hommage.

Ces grandes marches nationales, nous les insoumis, nous y sommes à chaque fois. Nous étions de la même façon à la marche suite à l’assassinat antisémite de Mireille Knoll. Cette marche permettait de dire : nous ne laisserons pas passer l’antisémitisme en France. Nous avons été à cette marche dans laquelle il y avait des gens avec lesquelles nous n’étions pas d’accord comme dans la marche du 10, car nous savions qu’il était important de faire corps avec l’ensemble du pays pour envoyer un message fort. Nous ne laisserons pas passer qu’on s’en prenne à quelque personne que ce soit en raison de sa religion.

Comme nous serons toujours, dans toutes les occasions, pour défendre le droit de croire ou ne pas croire, la liberté d’expression, la liberté de conscience, vous nous trouverez toujours dans la cohérence. Car nous les insoumis nous refusons de trier. Nous refuserons toujours la haine et les tentatives de division du pays. Trier et diviser c’est l’agenda des terroristes.

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