Coronavirus : Les femmes (encore) en première ligne

Dans le contexte de crise sanitaire que l’on connait avec le coronavirus, de nombreux corps de métiers sont mis à contribution pour limiter la propagation du virus, soigner les patients, et continuer à faire fonctionner les secteurs vitaux de l’économie. Ces secteurs possèdent plusieurs points communs : le dévouement des salariés, la surexposition au virus, et… une très forte proportion de femmes en leur sein.

En effet, les personnels soignants, les enseignants qui doivent garder des enfants dont les parents sont en contact permanent avec le virus et, globalement les métiers « de contact » (caissier, aide à domicile, etc.) sont en majorité occupés par des femmes. Pour ne donner que quelques exemples, 80 % des caissiers sont des femmes, 87 % des personnels dans les EHPAD et même… 89 % pour les infirmiers.

Dans ces métiers surexposés au coronavirus, les femmes sont donc en première ligne. Rappelons que ce sont aussi elles qui sont les plus touchées par les emplois précaires. Les emplois à temps partiel sont ainsi à 90 % occupés par des femmes ! Mais ces inégalités entre les femmes et les hommes sont aussi salariales : 62% des personnes au SMIC sont des femmes. Ajoutons enfin que la nouvelle réforme des retraites du gouvernement, en comptant désormais l’intégralité de la carrière dans le calcul des pensions et non pas seulement les 25 meilleures années, va encore aggraver les inégalités entre les femmes et les hommes au moment de la retraite. Les femmes sont en effet celles qui ont les carrières les plus hachées et seront donc les plus pénalisées par cette mesure.

Bref, puisque le gouvernement parle de « guerre » contre le coronavirus, sans doute faut-il dès maintenant lui rappeler qu’à l’issue d’un conflit majeur, on salue l’effort des « combattants » – et, en l’occurrence ici, des « combattantes » – par des avancées sociales et politiques majeures. On s’étonne donc de voir qu’au prétexte d’un « état d’urgence sanitaire » qu’il veut créer, le gouvernement soit en train d’essayer de menacer, dans la période, les acquis sociaux des Français comme les 35h. Et on peut d’ores et déjà lui dire qu’à l’issue de la bataille que mènent tous les Français contre le coronavirus, le temps de nouvelles avancées sociales et politiques viendra. Particulièrement pour les femmes qui sont à la fois les plus précaires et les plus exposées au coronavirus.

Retrouvez les 10 éditos des députées et eurodéputées insoumises pour la semaine spéciale 8 mars 2020 sur L’insoumission.

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