Les éco-régions, une proposition centrale de Jean-Luc Mélenchon pour assurer la planification écologique

Éco-régions. La France est en état d’alerte écologique, et tout se passe comme s’il n’en était rien. Devant l’approfondissement et la généralisation de la crise écologique, une cartographie nouvelle pour la décision politique est indispensable pour garantir l’action nécessaire et urgente. Une nouvelle définition des tâches des régions et de leur découpage en éco-régions, le […]

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Éco-régions. La France est en état d’alerte écologique, et tout se passe comme s’il n’en était rien. Devant l’approfondissement et la généralisation de la crise écologique, une cartographie nouvelle pour la décision politique est indispensable pour garantir l’action nécessaire et urgente. Une nouvelle définition des tâches des régions et de leur découpage en éco-régions, le permettrait.

Dans une conférence de presse tenue ce jeudi 2 juillet, le leader insoumis a précisé le sens de ces écorégions et les missions qui lui seraient confiées. Une proposition déjà rendue publique lors de son meeting à Saint-Denis ayant réuni plus de 26 000 personnes, mais totalement passée sous les radars de l’officialité médiatique.

L’Insoumission republie dans ses colonnes cette tribune de la France insoumise et des Verts populaires, initialement publiée dans Le Club de Mediapart.

« Un travail doit s’engager pour définir et délimiter ces éco-régions afin de pouvoir les mettre en place aussi rapidement que possible. Nous ne partons pas de rien, loin de là. Depuis des décennies, chercheurs, associations, collectifs, s’activent pour donner forme à cette autre manière d’habiter le monde. »

Dépolluer l’air, l’eau et les sols, réparer les conditions du vivant, reméandrer nos cours d’eau, désimperméabiliser les sols pour recharger les nappes phréatiques, prévenir les inondations, etc. : comment s’assurer que cela soit fait efficacement et durablement ? Comment se voir garantir d’autres impératifs avec de nouveaux indicateurs définis pour mesurer la santé humaine et environnementale, la satisfaction des besoins fondamentaux du vivant, et le métabolisme écologique ?

Devant l’approfondissement et la généralisation de la crise écologique, une cartographie nouvelle pour la décision politique est indispensable pour garantir l’action nécessaire et urgente. Le système administratif articulant la commune, le département et l’État, ne suffit pas. Car il ne satisfait pas les besoins liés aux continuités écologiques qui constituent l’espace national. Il ne permet pas non plus d’articuler la planification écologique à une maille plus fine que celle de l’État central, mais aussi plus structurante que celle des communes. La République écologique qu’il faut instituer doit donc s’ancrer dans une organisation du pouvoir politique citoyen adaptée à cet impératif.

Pour aller plus loin : Canicule : la souffrance des non-humains doit également être prise en compte

Une réorganisation simple est à portée de main. Une nouvelle définition des tâches des régions et de leur découpage le permettrait. Tournons donc la page de la réforme Hollande de 2015 créant treize régions ayant pour but de favoriser « l’attractivité », la « compétitivité » et la « puissance économique » face au marché européen. On connaît les sous-entendus d’une telle vision. C’est la concurrence qui prime dans les rapports sociaux, les lieux deviennent des marques dans lesquelles on investit, le vivant et la nature y sont avant tout des ressources. En somme, les régions actuelles sont la traduction spatiale de la marchandisation du monde qu’impose le capitalisme de notre temps. 

Nous soutenons donc la proposition de créer des éco-régions. L’idée répond à plusieurs impératifs. D’abord afficher dans le fonctionnement de l’État lui-même la finalité écologique. Ensuite sur le plan opérationnel, ces éco-régions constitueront le maillon central d’une planification écologique adaptée. Car leur délimitation répondra à des cohérences écologiques combinées – bassins versants de rivières, massifs montagneux ou forestiers, etc.

Un travail doit s’engager pour définir et délimiter ces éco-régions afin de pouvoir les mettre en place aussi rapidement que possible. Nous ne partons pas de rien, loin de là. Depuis des décennies, chercheurs, associations, collectifs, s’activent pour donner forme à cette autre manière d’habiter le monde.

L’élection présidentielle permet de faire ce choix clairement et démocratiquement. Elle est présente dans le programme des Insoumis qui ont décidé de la prendre en charge. Mais nous souhaitons que toutes les autres composantes politiques du pays l’adoptent à leur tour pour créer un consensus général facilitant sa mise en œuvre rapide. Car la création de telles éco-régions est une condition de base nécessaire pour l’adaptation de notre État à l’impératif écologique de notre siècle.

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