vendredi 3 juillet

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La disparition du jeu vidéo physique – Pourquoi l’alerte de Jean-Luc Mélenchon est importante

Le 25 juin 2026, Rockstar Games a pris une décision qui fera date dans la communauté du jeu vidéo. Le groupe a ouvert les précommandes de GTA VI sans proposer de version physique. Des millions de joueurs, de collectionneurs et d’amoureux du jeu vidéo ont été placés devant le fait accompli, abandonnés et exclus. Même […]

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Le 25 juin 2026, Rockstar Games a pris une décision qui fera date dans la communauté du jeu vidéo. Le groupe a ouvert les précommandes de GTA VI sans proposer de version physique. Des millions de joueurs, de collectionneurs et d’amoureux du jeu vidéo ont été placés devant le fait accompli, abandonnés et exclus. Même topo pour Sony, qui a annoncé la fin progressive de la fabrication des jeux PlayStation sur support physique à partir de 2028, ainsi que la fermeture des boutiques numériques de la PlayStation 3 et de la PlayStation Vita. 

La fin du jeu physique n’est pas une idée nouvelle mais bien une réalité depuis plusieurs années. Le 31 mars 2024, Ubisoft avait le choix de fermer ses serveurs du jeu « The Crew » provoquant la révocation immédiate de la licence achetée par les joueurs. Ainsi un titre payé plein tarif devenait totalement injouable, et son joueur dépossédé. Les conséquences sont immenses : la fin d’un partage, la fin du marché d’occasion et de ses emplois, et l’exclusion de millions de joueurs ne répondant pas aux critères du tout numérique. 

Rare sont les responsables politiques à comprendre l’ampleur des conséquences de pareils bouleversements. Le leader de la France insoumise est aujourd’hui l’unique candidat à avoir compris et travaillé le sujet, et ce de façon constante depuis 2014. Il propose d’ouvrir le chantier en 2027 pour protéger les droits des joueuses et joueurs en considérant le jeu vidéo pour ce qu’il est, un bien culturel et non une marchandise, même un art total. Une pétition circule à cet effet. Notre article. 

« Stop Destroying Videogames »

La bataille contre la fin du jeu vidéo physique a une date de début identifiée et un espoir de victoire proche. Tout commence par le lancement, en 2017, d’un jeu de course automobile « The Crew » par l’éditeur Ubisoft. En avril 2024, ce dernier décide de couper l’accès aux joueurs sous prétexte que le maintien des serveurs nécessaires à faire fonctionner le jeu n’était plus rentable.

La conséquence est que l’ensemble des joueurs se sont retrouvés dépossédés immédiatement malgré leur achat de la licence. Une question centrale s’est dès lors posée. Un bien culturel payé au prix fort peut-il être révoqué, et son acheteur dépossédé ? 

En réponse, la communauté des joueurs s’organise et ne compte pas lâcher l’affaire. Le 31 juillet 2024, la pétition « Stop Destroying Videogames » (« stop à la destruction des jeux vidéo ») est lancée. Elle dépasse les espérances de ses initiateurs et atteint 1,3 million de signataires l’année qui suit, respectant les délais pour que la Commission européenne soit obligée de répondre sur le sujet. Verdict ? Un grand stop de la Commission européenne qui choisit, une fois n’est pas coutume, le camp des profiteurs.

Le 16 juin 2026, elle publie sa réponse officielle en déclarant qu’elle « ne peut pas proposer d’obligation légale » qui forcerait les éditeurs à garder les jeux jouables après la fin de leur commercialisation. À la place, la Commission européenne propose un simple « code de conduite » non contraignant, à élaborer avec l’industrie d’ici fin 2026, assorti d’une campagne d’information. En somme, de la poudre aux yeux. 

Le cas de Sony et GTA VI

Par la fin physique des jeux vidéo, les grands éditeurs ne recherchent qu’un objectif, celui de maximiser toujours plus leurs profits déjà colossaux. Le 24 juin dernier, Rockstar Games, éditeur de GTA VI, a annoncé que la version physique du jeu le plus attendu de la décennie ne contiendra pas de disque mais uniquement un code de téléchargement. Des rapports récents de mai 2025 ont révélé que le jeu GTA 5 avait généré près de 10 milliards de dollars de revenus depuis sa sortie.  Et ce sont ces profits qu’entend maximiser encore davantage le groupe. En optant pour le tout numérique, le groupe Rockstar opte pour la fin du partage, la fin de l’ère du jeu qui se prête, se donne, s’échange. 

Même topo pour Sony. Le 11ᵉʳ juillet2026, le groupe a annoncé la fin de la commercialisation des nouveaux jeux PlayStation sur disque à compter de janvier 2028. Le même jour, Sony a confirmé la fermeture progressive du PlayStation Store sur PS3 et PS Vita (dès août 2026 dans certains pays, arrêt mondial en juillet 2027). 

À chaque fois, les conséquences sont les mêmes : la fin du partage, la mort du marché de l’occasion – de ses magasins et de ses emplois – et les pleins pouvoirs donnés aux éditeurs qui décident de tuer un jeu en appuyant sur un bouton. Les précédents s’accumulent : arrêt de Concord (2024) et de The Crew (Ubisoft, à l’origine du mouvement Stop Killing Games), et, hors jeu vidéo, la suppression annoncée de plus de 550 films des bibliothèques PlayStation au 1er septembre 2026, sans compensation, alors qu’ils avaient été achetés. 

Aussi, des millions de joueurs se retrouvent sur le carreau à cause du tout-numérique. Croire que chacun dispose d’une connexion Internet rapide et stable relève de la fable. De même pour la capacité à télécharger des jeux de 100 ou 200 Go, car cela reste une importante difficulté pour de nombreux joueurs. 

Jean-Luc Mélenchon, seul candidat à se préoccuper du sort des jeux vidéo et de ses joueurs

Depuis 2017, le leader de la France insoumise a fait des jeux vidéo un sujet politique à part entière tout en actualisant sa vision au fur et à mesure de l’évolution du secteur. Le 15 mars 2017 sur Europe 1, Jean-Luc Mélenchon prenait de court ses concurrents, une fois de plus, en explorant un sujet ignoré par tous, la galaxie du jeu vidéo. À l’époque déjà, le leader insoumis défend la communauté des gamers mais aussi les emplois de cette industrie. Il propose un « centre national du jeu vidéo » en évoquant notamment la création d’un statut particulier pour protéger les développeurs indépendants. 

Tout au long de la campagne de 22017,mais aussi lors de la suivante, il a fortifié sa vision du monde du jeu vidéo. En 2022, il les qualifiait d’« art total qui fait une rupture avec les précédentes formes d’art ». 

Dans le même temps, les députés insoumis ont travaillé le sujet sur ses différents aspects. Le 28 mai 2019, le député Ugo Bernalicis interpellait la ministre du Travail sur le manque de régulation dans l’industrie du jeu vidéo, une problématique découlant de l’absence de convention collective commune et unifiée. La députée européenne insoumise, Leïla Chaibi a aussi pris à bras le corps le sujet du jeu vidéo en soutenant, le 17 avril dernier, l’initiative « Stop killing videogames » car « Tuer un jeu vidéo parce qu’il ne rapporte pas assez, c’est attaquer les droits des joueurs, le travail des créateurs et notre patrimoine culturel ».

Le 22 mai, elle prenait la parole dans l’hémicycle du Parlement européen pour « respecter les travailleurs du jeu vidéo, protéger les droits des joueurs et préserver notre patrimoine culturel », et alertant ses collègues : « Je le dis à mes collègues comme à la Commission européenne : choisissons-nous le respect des travailleurs et des joueurs ou bien les profits des éditeurs ? »

C’est bien de cela dont il s’agit, et sur quoi Jean-Luc Mélenchon est intervenu dans un tweet publié le 2 juillet. Sa déclaration a démontré qu’il est, à ce stade, le seul candidat à avoir une compréhension du monde du jeu vidéo et des bouleversements par l’ère du non-disque. Dans un tweet publié le 2 juillet 2026, il pose la question centrale : un bien culturel payé au prix fort peut-il être révoqué, et son acheteur dépossédé ? À cela, le leader insoumis répond que le jeu vidéo n’est pas « une simple marchandise » mais « un bien culturel ». 

Alors, comment procéder pour que les joueurs qui payent ne soient pas dépossédés et pour stopper la destruction du marché d’occasion induite par la fin du disque ? Comme toujours, LFI a encore plusieurs coups d’avance. Déjà, Jean-Luc Mélenchon propose « d’ouvrir le chantier en 2027 » afin de protéger les droits des joueuses et des joueurs. Concrètement, les déclarations du leader insoumis délimitent les contours d’une future loi pour créer une obligation aux éditeurs des jeux vidéo afin de respecter leurs joueurs et stopper cette pratique qui décrète la mort subite d’un jeu vidéo pour satisfaire à la quête du profit illimité. 

En plus de la solution politique pour sauver les jeux vidéo physique – qui passe par la victoire de Jean-Luc Mélenchon en 2027 – des initiatives se poursuivent. Une pétition a été mise en ligne pour « sauver les jeux vidéo physiques ». 

Sylvain Noël, rédacteur en chef 

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