Au Bourget, plus de 20 000 personnes réunies ce samedi 7 novembre pour le grand meeting de Jean-Luc Mélenchon au cours duquel a été présenté le programme de gouvernement. Au lendemain de la publication de la nouvelle édition augmentée de L’Avenir en commun, la France insoumise a choisi de raconter son programme collectivement et à hauteur de vie, à travers un film retraçant le quotidien d’une mère célibataire et de ses proches. Entre émotion, propositions concrètes et appel à la mobilisation populaire, Jean-Luc Mélenchon, les élus et dirigeants insoumis ont dessiné le chemin vers une autre société dirigée par l’entraide et la solidarité.
Elle s’appelle Justine. Une mère célibataire, enceinte de son deuxième enfant, elle travaille dans un bar et, comme des millions de Françaises et de Français, passe une partie de ses journées à compter. Compter ce qu’il reste après les courses, les factures, l’essence, ou ce qu’il faudra encore trouver pour offrir à ses enfants une vie meilleure. Autour d’elle, des proches, des voisins, des collègues, avec leurs difficultés, leurs solidarités et leurs espoirs. Une vie ordinaire, en somme, faite de ces petites joies et de ces grandes inquiétudes que tant de familles connaissent. Mais cette histoire a une particularité : c’est l’enfant qu’elle porte qui nous la raconte, depuis cet avenir indéterminé qu’il lui reste encore à découvrir. « C’est pas un rêve, maman, c’est un programme », souffle avec espoir l’enfant-narrateur à naître.
Une expérience collective et artistique réussie de l’avis général. Derrière l’émotion que le film provoque en parlant à nos fiertés, nos peines et nos espérances et l’enthousiasme du nombre, une même ambition : celle de montrer que la transformation de la société est possible.
Un jour d’histoire dans la vie d’un programme pour changer la vie
tFace à l’accumulation des crises sociales, écologiques et géopolitiques, le programme de la France insoumise entend s’attaquer à ce qui les produit pour une nouvelle société fondée sur l’entraide et la solidarité. C’est le fil conducteur de cette nouvelle édition de L’Avenir en commun, que Jean-Luc Mélenchon est venu défendre à la tribune du Bourget. « Il faut tout changer », lance-t-il devant les plus de 20 000 personnes rassemblées pour s’impliquer dans la campagne.

Au cœur de ce diagnostic, le constat que le capitalisme, en soumettant les besoins humains et les équilibres du vivant au profit et à « l’argent-roi », a conduit nos sociétés dans une impasse. La bifurcation écologique constitue ainsi le point de départ du programme. Non comme une préoccupation de façade à ajouter aux autres, mais comme la condition même de notre avenir commun en humanité. À la logique du chacun-pour-soi, les insoumis opposent celle du « tous ensemble », d’un collectivisme écologique fondé sur la préservation des biens communs et la satisfaction des besoins humains. Une ambition résumée par la proposition de « règle verte » : ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle est capable de renouveler.
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Cette transformation suppose de changer jusqu’à la manière de produire et de décider. Réorienter l’économie vers les besoins plutôt que vers les profits, garantir à chacun les conditions matérielles d’une existence digne, reprendre collectivement la maîtrise de notre avenir. Telles sont les lignes de force d’un programme qui entend articuler planification écologique, sécurité sociale intégrale et refondation démocratique à travers la 6ème République. Car, comme le rappelle Jean-Luc Mélenchon, « un programme n’est pas une addition d’éléments de communication, mais une cohérence ». Celle d’une société où l’entraide prendrait le pas sur la concurrence, et où le progrès se mesurerait d’abord à l’amélioration concrète et matérielle de nos vies. C’est aussi s’inscrire dans la tradition du mouvement ouvrier bataillant longtemps, et toujours, pour la République sociale. Celle-là même qui ajoute à l’égalité de droit, l’égalité réelle.
Derrière chaque mesure, des vies à transformer
Dans la vie de Justine, les difficultés ne se présentent jamais séparément. Il y a les courses qui coûtent trop cher, le travail qui ne permet pas toujours de joindre les deux bouts, le logement mal isolé où les enfants tombent malades, et cette inquiétude pour une mère vieillissante qui voudrait rester chez elle. Autant d’épreuves devenues ordinaires qui, à force de se répéter, finissent par peser sur toute l’existence.
C’est à partir de ces situations familières que les insoumis, se succédant à la tribune entre les séquences du film, ont présenté les principales mesures de L’Avenir en commun. À la vie chère, ils opposent le blocage des prix des produits de première nécessité, l’augmentation du SMIC à 1 700 euros net et l’indexation des salaires sur l’inflation. À la dégradation des services publics, la reconstruction de l’école publique et une Sécurité sociale prenant en charge à 100 % les soins. À la précarité du logement, un vaste programme de rénovation et la garantie du droit à un toit digne. Pour que vieillir ne signifie plus devenir une charge pour ses proches, ils défendent la création d’un service public de l’autonomie, permettant à chacun de choisir où et comment vivre ses dernières années.
Mais changer la vie suppose aussi de transformer ce qui la rend possible. Dans les champs, une révolution agricole pour sortir de l’agrobusiness et engager la bifurcation vers une agriculture biologique. Dans les entreprises, un nouveau pacte productif pour rompre avec les délocalisations et mettre la production au service des besoins. Dans les territoires, une planification écologique organisée à partir des réalités du vivant, notamment par la création d’éco-régions.
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Sur les écrans du Bourget, ces propositions cessent ainsi d’être de simples lignes dans un programme. Elles prennent les traits d’une voisine qui peine à rentrer voir sa famille en Guadeloupe, d’un ouvrier menacé par la fermeture de son usine, d’une mère qui s’inquiète pour ses enfants ou d’une femme âgée qui refuse de perdre son indépendance. Le choix du cinéma donne à voir ce que les chiffres et les discours peinent parfois à mettre en mouvement. Derrière chaque problème social, il y a des vies, des visages et des aspirations. Et derrière chaque mesure, la possibilité de desserrer un peu l’étau du quotidien pour rendre à chacun la liberté de construire son avenir.

Un front des non alignés pour refuser le suprémacisme
Le 6 novembre, un autre ouvrage considérable a été publié en plus du programme l’Avenir en commun. Palestine errante, c’est l’ouvrage de Rima Hassan, qui a lui aussi été publié. Cliquez sur ce lien pour en savoir plus. La députée européenne s’est exprimée au grand meeting du Bourget, comme de nombreux autres. « Notre Avenir en commun c’est aussi un avenir de justice et de paix, un avenir où la France n’est plus complice du génocide, où elle agit pour mettre fin à la colonisation des terres du peuple palestinien, un avenir où celles et ceux qui militent pour la justice et la paix ne sont plus intimidés et criminalisés. Demain la paix et la justice triompheront ! » a t-elle rappelé.
Dans son discours, Jean-Luc Mélenchon a rappelé ce que fera un gouvernement insoumis dès 2027 : construire un front des non-alignés, avec le droit international comme feuille de route, agir frontalement au secours des Palestiniens, à la fois contre le génocide à Gaza et contre l’annexion progressive de la Cisjordanie, et entrer franchement dans le règlement de l’invasion russe de l’Ukraine, notamment avec l’exigence ce garanties de sécurité mutuelle.
La révolution citoyenne comme horizon
Lorsque Jean-Luc Mélenchon rejoint enfin la tribune, accueilli par une longue ovation et des milliers de voix scandant « Mélenchon président », il rappelle aussitôt la nature du rassemblement : « On fait de la politique ici, on crie des mots d’ordre politiques. » Car l’enjeu, insiste-t-il, dépasse les échéances électorales « Regardez, ici est la force », rappelle t-il. Une force née de la volonté de chacun de faire nombre, et appelée à grandir à mesure que d’autres la rejoindront.
Mais cette force collective doit aussi se dresser contre ce qui menace de diviser le peuple. Dans un moment de vive émotion, le leader insoumis a rendu hommage à Pengo Bossio Wangi, victime de l’attentat raciste de Trappes, dont les funérailles se tenaient en ce même jour. Une minute de silence traverse alors le rassemblement. Jean-Luc Mélenchon a appelé chacun à « faire de l’antiracisme une affaire personnelle », refusant de réduire la lutte contre le racisme à la seule réponse judiciaire. C’est aussi, défend-il, une bataille culturelle à mener contre la banalisation des idées d’extrême droite, qui doit pouvoir faire vivre la diversité comme unité fondamentale d’une humanité partagée. « Il faut une résistance populaire et créatrice pour engager la libération culturelle de notre pays contre la culture fasciste et ses prémices racistes ! » souligne t-il, en rappelant qu’un gouvernement insoumis en prendra toute sa part en démantèlement l’Empire Bolloré.
Pour l’unité de la nation, la Nouvelle France doit fédérer le peuple. Dans la salle, la Nouvelle France est bien là, tant sur la scène que par les plus de 20 000 personnes présentes. Ce nouveau peuple est le sujet central de la 6ème République, pour assurer un pouvoir d’intervention populaire permanent, par le référendum d’initiative citoyenne, et le référendum révocatoire entre autres.
Sur la scène internationale, cette mênme volonté de souveraineté se traduit par la défense du non-alignement en s’appuyant sur les nations-soeurs brésiliennes, espagnoles ou mexicaines, de la coopération entre les peuples et du droit international, contre la logique des rapports de force, le génocide en Palestine et l’escalade guerrière.
Les insoumis ont réalisé une démonstration de force ce samedi 7 novembre, confirmant leur nombre, leur élargissement, leur crédibilité. Dans les heures qui suivent, et au lendemain, les commentateurs médiatiques pourtant marqués par l’hostilité anti-LFI, n’ont pas tari d’éloges. « Les insoumis sont les seuls à faire une vraie campagne présidentielle ! Les autres sont inaudibles. Tout le monde est représenté par leur programme. Incontestablement, il y a une dynamique chez Mélenchon avec un travail de fond réalisé. » déclarait un intervenant ce dimanche sur France Info.
La suite est déjà prévue, et les tâches ont été rappelé. Jean-Luc Mélenchon a appelé chacune et chacun à s’emparer du programme, à le discuter, à le faire connaître, à convaincre autour de soi. Une stratégie fondée sur les causes communes et sur la conviction que les mêmes aspirations à la dignité, à la paix et au bonheur peuvent rassembler le plus grand nombre. Sur scène comme dans la salle, le mot d’ordre « On va gagner » reprend en chœur. Et tandis que le meeting touche à sa fin, c’est peut-être l’image de Justine qui demeure. Celle d’une femme dont l’existence, avec ses difficultés et ses espérances, est devenue le récit d’un avenir à construire ensemble : « Ami.es, vous tous, dans son crépuscule, Macron vous a dit vous n’êtes rien, alors zou, soyons tout ».