vendredi 23 octobre

17:46

« Remettre de l’ordre dans les comptes publics et préparer l’avenir, c’est possible » – Plus de 70 économistes signent une tribune pour soutenir le contre-budget de LFI

Comptes publics. Ce vendredi 23 octobre, plus de 70 économistes ont publié une tribune collective pour soutenir le contre-budget de la France insoumise sur la tribune.fr. Ils appellent à construire une nouvelle économie, en fonction des besoins, et à tourner la page du néolibéralisme pour mettre de l’ordre dans les comptes publics. C’est une étape supplémentaire […]

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Comptes publics. Ce vendredi 23 octobre, plus de 70 économistes ont publié une tribune collective pour soutenir le contre-budget de la France insoumise sur la tribune.fr. Ils appellent à construire une nouvelle économie, en fonction des besoins, et à tourner la page du néolibéralisme pour mettre de l’ordre dans les comptes publics. C’est une étape supplémentaire de franchie dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon, qui confirme la crédibilité et le haut niveau de préparation du leader insoumis, qui recueille déjà plus de 443 000 soutiens populaires. L’Insoumission relaie leur tribune dans ses colonnes.

L’économie doit être organisée en fonction des besoins qu’elle doit satisfaire

Face à une économie française jugée après des décennies de financiarisation, un collectif d’économistes et la France insoumise proposent une rupture stratégique. Leur contre-budget du 14 octobre remet en question les coupes budgétaires, perçues comme un facteur d’aggravation des déficits et des inégalités.

Le contre-budget présenté par la France insoumise le 14 octobre dernier a été critiqué par de nombreux économistes néolibéraux, qui ne veulent pas voir dans quelle impasse le macronisme a conduit notre pays : hausse des inégalités et de la pauvreté, baisse du salaire moyen et du pouvoir d’achat, chute des investissements, record de défaillances d’entreprises, désindustrialisation massive, dérive budgétaire…

Penser que c’est en continuant dans cette voie que la situation pourrait s’améliorer est totalement déraisonnable. Bien entendu, il n’est pas question de nier la progression de la dette ou de la charge des intérêts. Mais réduire un déficit en comprimant brutalement la dépense, ce que continuent de proposer « l’extrême centre » et ses alliés, est absurde. Ces coupes budgétaires massives réduisent les revenus des ménages donc les commandes aux entreprises, leur activité et finalement les recettes fiscales. Elles affaiblissent une économie déjà peu dynamique. Finalement, elles conduisent à augmenter le rapport entre notre dette publique et notre PIB.

Toute démarche sérieuse et réaliste impose de rompre avec les politiques qui nous ont conduits dans ce marasme. C’est une condition indispensable si l’on souhaite retrouver le chemin de l’espoir et la confiance dans notre économie.

L’économie doit être organisée en fonction des besoins qu’elle doit satisfaire – santé, éducation, logement, transports, alimentation, culture, etc. – et non à partir de la rentabilité financière qu’elle doit procurer. Ce qui implique de répondre immédiatement à l’urgence sociale et à la crise des services publics, mais aussi de regarder plus loin, car l’école, l’hôpital, les infrastructures et la bifurcation écologique ne sont pas uniquement des dépenses. Ils constituent les conditions matérielles de notre prospérité future.

Répondre aux besoins et renforcer les services publics tout en réduisant les déficits suppose de dégager des ressources. Celles-ci sont à rechercher prioritairement là où plusieurs décennies de financiarisation et de cadeaux fiscaux les ont concentrées, à savoir dans les hauts patrimoines, les revenus du capital, les niches fiscales et sociales les moins justifiées, les grandes entreprises bénéficiant de possibilités d’optimisation dont ne disposent ni les salariés ni les TPE-PME.

Pour aller plus loin : Dette publique : la vérité sur le déficit et le contre-budget 2027

L’indispensable bifurcation écologique ne pourra se faire sans le soutien des classes populaires et moyennes, auxquelles il convient de garantir davantage de sécurité économique, donc d’améliorer leurs conditions d’existence. Cela passe par l’augmentation des revenus – hausse du SMIC, revalorisation du point d’indice de la fonction publique, garantie d’autonomie jeune – qui soutient les débouchés des entreprises et l’activité économique. La hausse des revenus est à la fois une réponse sociale, un stimulant de la demande et un moyen de sortir d’une politique de l’offre fondée depuis trop longtemps sur la baisse du « coût » du travail.

Répondre au défi écologique suppose un effort massif d’investissement public qui doit être adossé à une reprise en main de la politique du crédit. Il est nécessaire de retrouver un État entrepreneur et planificateur. Cela implique de réduire progressivement notre dépendance aux marchés financiers. D’abord par la construction d’un pôle public bancaire – construit autour de la Caisse des Dépôts, de Bpifrance et de La Banque postale – chargé d’orienter davantage d’épargne vers le financement de la bifurcation écologique. Ensuite par une action en faveur d’une banque centrale davantage engagée dans la définanciarisation de la dette publique et dans le financement de la bifurcation écologique.

Il s’agit de redonner au politique une capacité d’action que quatre décennies de financiarisation ont progressivement réduite, tout en maîtrisant mieux les contraintes budgétaires.

C’est à cette condition que nous pourrons retrouver une plus grande souveraineté économique, c’est-à-dire disposer de la capacité de produire ce dont nous avons réellement besoin, sécuriser les approvisionnements essentiels, préserver les savoir-faire, choisir les investissements stratégiques et ne pas laisser leur réalisation dépendre exclusivement de la rentabilité exigée par des investisseurs privés.

Il est urgent de remettre l’économie au service de la société. La création de richesse n’a de sens que si elle permet de répondre aux besoins. Pour cela, l’économie doit servir la majorité plutôt qu’une minorité et aucune bifurcation sociale et écologique ne sera possible sans reconquête de notre capacité collective à investir et à produire.

La responsabilité économique ne consiste donc pas à annoncer chaque année de nouvelles coupes au nom d’objectifs que l’on ne cesse ensuite de manquer. Elle consiste à dire où l’on veut aller, comment on compte produire les richesses nécessaires, qui doit contribuer davantage, quels investissements doivent être protégés et comment retrouver progressivement les moyens collectifs de maîtriser notre destin économique. C’est ainsi qu’il sera possible de remettre de l’ordre dans les comptes publics tout en préparant un avenir plus radieux.

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