Lyon/extrême droite. Le couvre-feu est, pour le gouvernement, à géométrie variable. Pour empêcher les grandes manifestations populaires, contre la vie chère, pour l’école et l’université publiques, l’exécutif déploie les grands moyens pour empêcher tout attroupement dans plusieurs villes du Nord, à Paris, Marseille et Lyon.
Mais cette dernière a vu défiler dans ses rues un cortège dont les revendications n’ont rien à voir avec celles des milieux populaires. Ce lundi 19 octobre, quelques dizaines de militants néofascistes ont pu se pavaner à grands bruits, avec la passivité complice des autorités. En parallèle, Macron, Lecornu et leurs sbires accusent l’ultragauche et LFI d’être responsables du chaos qu’ils ont… eux-mêmes généré en refusant de répondre aux revendications du mouvement. Notre brève.
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Le couvre-feu : un deux poids-deux mesures en faveur de l’extrême droite à Lyon
Le fond de l’air est autoritaire, voire fasciste. Face à une lame de fond et une convergence des revendications lycéennes, étudiantes, au travail et pour un retour à la démocratie en France. Les images impressionnantes et lourdes de sens de la place de la République, occupée par la police et survolée par un hélicoptère pour faire respecter le couvre-feu, sont une illustration de l’accélération de la dérive autoritaire du gouvernement, dépassé par un mouvement social historique.
Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, doit démissionner. Son incompétence à encadrer les manifestations de samedi est aujourd’hui évidente. Ses honteuses directives aux Renseignements territoriaux, qu’il a poussés à cibler, malgré les évidences, LFI comme responsable des violences, confirment que ce médiocre doit partir.
D’autant que l’exécutif choisit qui a le droit d’outrepasser ses propres couvre-feux. Ce lundi à Lyon, une petite centaine de nervis fascistes ont pu défiler en toute impunité et hurler leurs idées nauséabondes. Croix celtiques, slogans racistes et islamophobes… L’identité politique de ce cortège ne fait aucun doute. Est-ce pour cela que la police n’est pas intervenue contre ce défilé, même s’il outrepassait le couvre-feu ?
Le préfet du Rhône a beau jeu de se dire « furieux » pour calmer le jeu. Les priorités du gouvernement n’en sont pas moins affichées au grand jour : laisser défiler les nazis, interdire et envoyer la troupe contre les cortèges populaires, quitte à envoyer l’armée, tout en harcelant judiciairement les parlementaires Insoumis, comme Rima Hassan et Raphaël Arnault. Le gouvernement joue le pourrissement face à la contestation populaire, au lieu de trouver une issue politique à la crise. Ce pourrissement, en plus d’enliser la situation, fait le lit de l’extrême droite et du fascisme.
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Par Alexis Poyard