mercredi 30 septembre

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Logement, emploi, rénovation : Mélenchon veut relancer le bâtiment par la planification

Lors du Grand Oral du salon du bâtiment, Jean-Luc Mélenchon a présenté ses propositions devant les représentants du secteur. Face à la crise du logement et aux difficultés rencontrées par les entreprises du BTP, il défend un plan fondé sur la construction de 400 000 logements par an, la rénovation de 700 000 logements et […]

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Lors du Grand Oral du salon du bâtiment, Jean-Luc Mélenchon a présenté ses propositions devant les représentants du secteur. Face à la crise du logement et aux difficultés rencontrées par les entreprises du BTP, il défend un plan fondé sur la construction de 400 000 logements par an, la rénovation de 700 000 logements et la création de 300 000 emplois qualifiés.

Le bâtiment est l’un des premiers employeurs de France et l’un des secteurs majeurs de l’économie. Pourtant, il traverse aujourd’hui une période difficile alors même que les besoins de la population n’ont jamais été aussi importants. La construction de logements s’est fortement contractée, tandis que les demandes de logement social continuent de progresser et que l’accès à la propriété devient de plus en plus difficile pour une partie de la population. Pour Jean-Luc Mélenchon, cette contradiction est le résultat d’un choix politique : celui d’avoir traité le logement avant tout comme un marché. Notre article.

« Les recettes du marché ont été appliquées au logement » – Jean-Luc Mélenchon

« Les recettes du marché ont été appliquées au logement. Le résultat ? Une maltraitance sociale généralisée », affirme Jean-Luc Mélenchon. Il rappelle ainsi que 2,8 millions de ménages sont en attente d’un logement social, tandis que des centaines de milliers de personnes sont privées de logement. À cela s’ajoutent les millions de Français qui souhaitent accéder à la propriété mais dont les revenus ne permettent plus de suivre l’évolution des prix immobiliers.

Pour le candidat insoumis, la réponse ne peut donc pas se limiter à quelques dispositifs fiscaux ou à des mesures ponctuelles. Il faut reconstruire une capacité publique à produire des logements en nombre suffisant. Son objectif est clair : 400 000 nouveaux logements par an et 700 000 réhabilitations thermiques chaque année. Une politique qui vise à répondre simultanément à l’urgence sociale et à la nécessité de transformer le parc immobilier français.

Mobiliser l’épargne pour relancer la construction

Une telle ambition suppose évidemment de mobiliser des moyens financiers considérables. Jean-Luc Mélenchon propose notamment de réorienter davantage les ressources de l’épargne réglementée vers le logement et l’investissement public, en particulier à travers les fonds gérés par la Caisse des dépôts et consignations. L’objectif est de faire davantage de l’épargne des Français un outil au service de la construction et de la rénovation.

Cette proposition s’inscrit dans une logique plus large : l’État ne doit pas seulement intervenir pour compenser les défaillances du marché, mais être capable d’orienter directement l’investissement vers les secteurs jugés prioritaires. Le logement en ferait partie au même titre que la transition écologique ou la réindustrialisation. Mais pour construire et rénover davantage, encore faut-il disposer des travailleurs nécessaires. 

Former 300 000 personnes pour reconstruire la filière

L’insoumis rappelle : « Nous aurons besoin de 300 000 personnes pour faire redémarrer la machine. Nous réorienterions l’investissement public. » Derrière cet objectif se trouve l’un des principaux défis du secteur : celui de la qualification. De nombreuses entreprises du bâtiment peinent déjà à recruter, alors que la relance de la construction et de la rénovation nécessiterait plusieurs centaines de milliers de travailleurs supplémentaires.

Jean-Luc Mélenchon défend donc un véritable parcours de formation, du CAP jusqu’à la licence professionnelle et au-delà, afin de permettre aux salariés de se former tout au long de leur carrière et de progresser vers des postes davantage qualifiés. Il insiste également sur la nécessité de développer les internats à proximité des lycées professionnels et des établissements de formation afin de permettre aux jeunes de se former plus facilement aux métiers du bâtiment.

De plus, il propose de développer des niveaux intermédiaires, notamment sur le modèle des assistants d’ingénieurs, pour permettre aux salariés de progresser sans devoir nécessairement quitter les métiers techniques.

Pour aller plus loin : Mobilisations de lycéens : la colère d’une jeunesse qui cherche à s’organiser

Donner enfin de la visibilité aux entreprises

Les représentants du secteur ont également insisté sur une difficulté particulièrement importante pour le bâtiment : le manque de stabilité des politiques publiques. Les entreprises doivent investir sur plusieurs années et ont donc besoin de connaître à l’avance les règles qui encadreront leur activité. Les changements fréquents de dispositifs d’aide, de normes ou de fiscalité peuvent rendre les décisions d’investissement plus difficiles.

À cette demande de stabilité, Jean-Luc Mélenchon répond par la planification écologique. Pour lui, l’État doit être capable de définir des objectifs de long terme et de donner aux entreprises la visibilité nécessaire pour les atteindre. Les aides publiques seraient notamment conditionnées au respect des objectifs fixés dans le cadre de cette planification.

Il propose également une forme de contrat entre l’État et les entreprises : la puissance publique s’engagerait à maintenir certaines règles pendant une période donnée tandis que les entreprises s’engageraient, en retour, sur des investissements et des objectifs précis. Une manière de construire un véritable « pacte productif », fondé sur des engagements réciproques plutôt que sur une succession de mesures ponctuelles.

Rénover plutôt que multiplier les petits travaux

La rénovation constitue enfin l’autre grand volet de son intervention. Pour répondre aux enjeux énergétiques et écologiques, Jean-Luc Mélenchon défend une politique de rénovation globale, plutôt qu’un système reposant sur une accumulation de petits travaux isolés. L’objectif est de transformer réellement la performance énergétique des bâtiments et d’inscrire les rénovations dans une stratégie de long terme.

Cette politique serait accompagnée d’un développement de l’économie circulaire dans le secteur du BTP. Jean-Luc Mélenchon propose notamment de mettre en place un service public de collecte, de tri et de recyclage des déchets du bâtiment. Il s’agit de structurer de véritables filières de réemploi et de recyclage des matériaux, tout en créant de nouvelles activités économiques.

Pour aller plus loin : Blocage des prix, hausse des salaires : à Lille, Mélenchon a présenté ses mesures d’urgence sociale devant plus de 12 000 personnes

Faire du bâtiment un secteur stratégique

À travers cette intervention, Jean-Luc Mélenchon ne présente donc pas seulement un programme pour le logement. Il défend une vision plus large du bâtiment comme secteur stratégique de la politique économique, sociale et écologique. Construire davantage permettrait de répondre à la crise du logement ; rénover massivement permettrait de réduire les consommations d’énergie ; former davantage permettrait de recréer les compétences nécessaires ; lutter contre le dumping social permettrait de protéger les artisans et les salariés.

Le fil conducteur de ces propositions est celui de la planification : utiliser l’investissement public, l’épargne, la formation et la commande publique pour orienter durablement l’activité. Avec 400 000 logements construits par an, 700 000 logements rénovés et 300 000 emplois à recréer, le bâtiment deviendrait ainsi l’un des principaux leviers d’une politique visant à répondre à l’urgence sociale tout en engageant la transformation écologique et productive du pays.

Par Elias Peschier

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