« Je préfère mourir plutôt qu’être séparée de mes enfants ! » – À Vesoul, mobilisation pour défendre une mère de famille de 6 enfants menacée d’expulsion

À Vesoul, plus de 150 personnes se sont rassemblées samedi 15 août devant la préfecture de Haute-Saône pour témoigner et apporter leur soutien à Nisrine Driouich, ses enfants, sa famille. Cette mère de famille marocaine est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire – OQTF, à la suite de refus répétés de régularisation. […]

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À Vesoul, plus de 150 personnes se sont rassemblées samedi 15 août devant la préfecture de Haute-Saône pour témoigner et apporter leur soutien à Nisrine Driouich, ses enfants, sa famille. Cette mère de famille marocaine est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire – OQTF, à la suite de refus répétés de régularisation.

« J’ai tout bien fait. Je veux juste vivre avec mes enfants », a-t-elle déclaré au micro lors du rassemblement où elle s’est rendue avec sa famille et malgré son état fébrile, tenant à peine debout à l’issue de cette semaine passée en incarcération et l’angoisse et nuits à ne pas dormir… L’insoumission était sur place. Notre brève.

« J’ai tout bien fait. Je veux juste vivre avec mes enfants » – Parole d’une mère de 6 enfants, menacée d’expulsion à Vesoul

Depuis plusieurs semaines, cette mère de famille devait se rendre 4 fois par semaine au commissariat de Vesoul, pour pointer dans le cadre de son assignation à résidence. Dimanche 9 août dernier, contre toute attente, elle n’est pas ressortie du commissariat, a été interpellée et directement conduite au Centre de rétention administrative de Metz, sans avoir eu le temps ou la possibilité de dire au revoir à ses enfants.

Le lendemain, une mesure d’expulsion prévoyait de la faire monter à bord d’un avion pour Casablanca, mais Nisrine, victime d’un malaise, n’a pas pu être expulsée ce jour-là ! Elle a alors passé la semaine au CRA de Metz d’où elle a été libérée vendredi, par décision du Juge des libertés, au titre de « l’intérêt supérieur de l’enfant ». En effet, Nisrine est mère de 6 enfants, âgés de 17 ans à 21 mois. Elle allaitait le plus petit d’entre eux ; ce dernier, ne se nourrissant plus depuis sa séparation brutale et soudaine d’avec sa maman, a dû être hospitalisé dans un état critique dans la semaine.

Si Nisrine est aujourd’hui libérée de sa rétention et présente aux côtés de ses enfants, elle n’est pour autant pas soulagée puisqu’un nouvel arrêté d’expulsion a été prononcé par le préfet de la Haute-Saône pour une expulsion dimanche 23 août. Cela laisse très peu de temps et de répit pour s’opposer à l’expulsion.

C’est une situation terrible pour cette famille dont les 5 autres enfants sont scolarisés à Vesoul. Le père, marié depuis 20 ans à Nisrine, est quant à lui arrivé légalement en France, a obtenu un titre de séjour et a rapidement décroché un emploi chez Stellantis Vesoul où il travaille comme chauffeur poids lourds.

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Interrogée par l’Insoumission, Nisrine déplore : « J’ai tout fait correctement. J’ai pris des cours de français. J’ai obtenu le niveau A2 en français. J’ai deux enfants qui sont nés en France. Mon mari travaille. Je suis bénévole dans plusieurs associations. J’ai fait tout ce que je pouvais, j’ai toujours tout respecté ». Et en effet, administrativement aussi, la famille a déposé le dossier de demande de régularisation, en appel depuis 2024, régularisation refusée jusqu’ici au titre d’ « absence d’activité professionnelle » de cette maman. Là également, la mère de famille témoigne : « J’ai trouvé plusieurs emplois, ils m’ont donné le récépissé mais sans autorisation de travail. S’ils me donnent une autorisation de travail, là, le lendemain je travaille directement, mais je ne peux pas sans autorisation. »

Pour aller plus loin : Dans l’équipe du député RN Villedieu, encore une « brebis galeuse »

« Je préfère mourir plutôt qu’être séparée de mes enfants. »

L’aîné, présent au rassemblement, en soutien derrière sa maman, témoigne lui aussi du caractère « insupportable » de la situation, et s’exprime : « Je trouve tout cela injuste. Je suis touché, c’est ma maman. Je ne peux pas vivre sans elle. C’est impossible… C’est elle qui gère tout, qui veille au bien du foyer. Mon père travaille, qui va s’occuper des petits ? Moi, je vais étudier, je passe le bac cette année. Je n’y arrive plus. Je suis sidéré. »

Nisrine dira aussi au cours de cette mobilisation : « Je préfère mourir plutôt qu’être séparée de mes enfants. »

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Accompagnement de Nisrine au commissariat

Les militants associatifs et politiques, et autres soutiens sont tous unanimes pour maintenir la mobilisation afin d’empêcher à cette mère de famille d’être séparée de ses enfants. Mais il reste très peu de jours et Me Diaz, avocat de la famille, interrogé par la presse quelques jours plus tôt, ne cache pas son inquiétude : « Je pense qu’il faudrait un miracle désormais. »

Une pétition a été lancée. Les insoumis étaient présents, aux côtés des syndicats, lors de la mobilisation du 15 aout. « Nous espérons pouvoir mobiliser des députés nationaux pour défendre le droit de cette famille. » témoignent les insoumis sur place.

Géraldine Thierry

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