Dans l’équipe du député RN Villedieu, encore une « brebis galeuse »

Il est un politicien brillant, Antoine Villedieu, ce député RN de Haute-Saône. Réussir à condenser dans son équipe autant de haine raciale, de la République, de toute forme de progrès social, pour ensuite se faire passer pour celui qui ne sait rien, ne voit rien de ce qui se passe dans son entourage, relève de […]

villedieu assistant néofasciste

par

partager

Il est un politicien brillant, Antoine Villedieu, ce député RN de Haute-Saône. Réussir à condenser dans son équipe autant de haine raciale, de la République, de toute forme de progrès social, pour ensuite se faire passer pour celui qui ne sait rien, ne voit rien de ce qui se passe dans son entourage, relève de l’exploit. Ce n’est pas la première fois que L’Insoumission parle de cet ancien policier, éphémère conseiller municipal (macroniste !) de Vesoul, qui a retourné sa veste pour rejoindre le RN, avant d’être élu député d’extrême droite en 2022.

Cet opportunisme manifeste explique peut-être l’indifférence d’Antoine Villedieu envers le passé (et le présent) politique de sa propre équipe parlementaire. Un de ses collaborateurs parlementaires est ancien cadre de la milice dissoute Génération Identitaire (engagement visiblement compatible avec une adhésion au RN) ? « Il a changé ! Et puis, je le connais, il n’est vraiment pas raciste ! ». Dernier exemple en date, révélé par Streetpress, un autre assistant d’Antoine Villedieu, Jean-Eudes Le Moulec, gestionnaire d’une page Instagram nostalgique du nazisme, du fascisme italien, et qui appelle à renverser la République par un coup d’État. Notre brève.

Pour aller plus loin : Racisme décomplexé, antisémitisme, suprémacisme blanc… Bienvenue au RN de Haute-Saône

Du RN à l’apologie des fascismes : la page Conservateur Punk

La page Instagram nommée Conservateur Punk est une véritable anthologie des familles les plus violentes de l’extrême droite. Son employeur, le député Villedieu l’assure : J-E. Le Moulec « n’a rien d’un identitaire ». C’est vrai, c’est son autre assistant, Brice Malagoli, qui porte la défense de la « civilisation européenne » (la race blanche).

Le Moulec a en revanche tout du néofasciste débridé et assumé. Streetpress a, en effet, démontré qu’il était (est encore) derrière la page et le site internet Conservateur Punk, tout simplement parce que le numéro de SIRET (sorte de matricule propre à chaque entreprise) de Le Moulec apparaît dans les conditions de vente du site… Conservateur Punk !

Au menu sur ce site et la page Instagram associée : clins d’œil admiratifs à Hitler, références nostalgiques aux chemises noires (milice des fascistes italiens dans les années 1920 et 1930), mais aussi appels au putsch contre la République, le tout entre deux citations de Collabos. Tout l’attirail du parfait nationaliste-révolutionnaire (autre grande famille de l’extrême droite française, à côté des identitaires) est présent.

Bizarrement, suite aux questions de Streetpress à M. Le Moulec, la page Instagram Conservateur Punk est passée en privé. Pourtant, certains doutent encore et se cherchent des excuses pour ne pas sanctionner l’assistant parlementaire.

Le député RN à la rescousse de son collaborateur parlementaire

Et par « certains », on parle évidemment de l’employeur de Jean-Eudes Le Moulenc, le député Antoine Villedieu. Si l’élu n’a pas jugé bon de répondre à Streetpress, il a en revanche donné suite aux questions de la presse locale. Interrogé par L’Est Républicain, le parlementaire répond : « Il est bien évident que je tirerai toutes les conséquences s’il était avéré que Jean-Eudes Le Moulec Deschamps, qui n’a rien d’un identitaire, est à l’origine de cette page. Je ferai connaître ma position en début de semaine ».

On notera la gêne au RN local : alors que le passé identitaire de Brice Malagoli ne semble pas gêner, les activités de Jean-Eudes Le Moulec sont plus embarrassantes. Pas forcément pour ce qu’elles expriment, mais plus pour la mauvaise publicité qu’elles font à l’image de marque « RN ».

Localement, les réactions ne sont pas faites attendre. Les insoumis locaux ont immédiatement réagi, dénonçant un parti « violent, intolérant, haineux ». De son côté, Antoine Villedieu avait annoncé dans la presse locale ce prononcer « ce mardi » sur la question… « Ce mardi » étant le 18 novembre, le député d’extrême droite n’a depuis plus donné signe quant à cette affaire, malgré ses annonces dans les médias locaux (qui ne semblent d’ailleurs pas pressés de faire toute la lumière sur ce cas).

Quand bien même Streetpress a, suite à son article, révélé d’autres éléments quant à l’identité du gestionnaire du site Conservateur Punk. Sans surprise, Antoine Villedieu, et par extension le RN, ne voient donc pas de problème à accueillir dans ses rangs un adepte de Hitler et Mussolini. Par adhésion ou par « je-m’en-fout-isme » passif ? Peut-être la presse locale devrait poser la question au parlementaire vésulien.

Par Alexis Poyard

sur le même sujet

Loi Duplomb XXL passée en force – La ministre de la Transition écologique va vers une démission
Face à la « loi permis de tuer » XXL, un front commun s’organise à l’Assemblée nationale
« Santé mentale : le grand mensonge du gouvernement » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme
Luc Ferry sur LCI : quand la misogynie sert le climatoscepticisme

Rechercher