Le bilan meurtrier de la canicule de fin juin a été revu à la hausse. Au moins 2 000 personnes ont été tuées, avec une hausse notable à domicile, selon les données de Santé Publique France. L’inaction climatique des macronistes, au pouvoir depuis 10 ans, est criminelle.
La canicule, un traumatisme de plus ? Les décès, souffrances physiques et mentales, privations et autres conséquences délétères de la canicule ont eu et continueront d’avoir un impact sur notre santé mentale, qui se dégrade maintenant depuis des décennies.
« Les périodes de chaleur extrême et de canicule affectent le corps mais encore plus l’esprit. Ainsi, leur répétition est à l’origine de ce qu’il est possible d’appeler une éco-anxiété avec un sentiment d’impuissance et d’angoisse pour l’avenir », souligne le docteur Christophe Prudhomme dans les colonnes de L’insoumission. Son billet d’humeur de la semaine.
« Dans ce contexte, les périodes de chaleur extrême et de canicule affectent le corps mais encore plus l’esprit. Ainsi, leur répétition est à l’origine de ce qu’il est possible d’appeler une éco-anxiété avec un sentiment d’impuissance et d’angoisse pour l’avenir. » – Christophe Prudhomme
La santé mentale des Françaises et des Français se dégrade depuis maintenant près de deux décennies. Un seul chiffre est là pour le démontrer : les dépenses de l’Assurance maladie concernant les troubles mentaux sont celles qui ont le plus augmenté depuis 2008, date de la crise financière des subprimes.
Depuis, un cumul de facteurs économiques, sociaux, technologiques et sanitaires a eu un effet de renforcement mutuel pour aggraver la situation. Il faut insister plus particulièrement sur la crise COVID aux conséquences désastreuses pour les jeunes déjà confrontés à un contexte de montée du chômage, à une précarité et à une insécurité professionnelle. Chez les adolescents et les jeunes adultes, la question des réseaux sociaux avec une comparaison sociale permanente, le cyberharcèlement, les troubles du sommeil liés aux écrans et la surcharge informationnelle sont mis en avant comme un contexte favorisant.
Pour toute la population, les facteurs prédominants sont les difficultés de logement, l’endettement et la hausse de la pauvreté ainsi que les discriminations et l’isolement social. À cela s’ajoute une transformation du monde du travail qui fait peser une charge mentale de plus en plus importante. Il faut reconnaître aujourd’hui que l’intensification du travail, une pression en faveur d’une disponibilité permanente via les outils numériques, davantage d’objectifs et d’évaluation ainsi qu’une perte d’autonomie dans certains métiers, sont à l’origine d’une perte de sens qui influe sur l’état psychologique des travailleuses et des travailleurs.
Pour aller plus loin : « Canicule : gouverner, c’est prévoir ! » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme
Le contexte géopolitique joue aussi un rôle important avec la multiplication des conflits, l’augmentation du risque d’attentats terroristes, les crises politiques qui ont des conséquences immédiates sur la vie quotidienne comme l’a montré la hausse des carburants et de l’énergie en lien avec la guerre contre l’Iran.
Dans ce contexte, les périodes de chaleur extrême et de canicule affectent le corps mais encore plus l’esprit. Ainsi, leur répétition est à l’origine de ce qu’il est possible d’appeler une éco-anxiété avec un sentiment d’impuissance et d’angoisse pour l’avenir. Les conséquences sont une irritabilité accrue, une diminution de la tolérance au stress, une sensation d’épuisement mental et des difficultés de concentration et de mémoire, une aggravation de l’anxiété, des troubles de l’humeur pouvant aller jusqu’à un risque suicidaire chez les personnes vulnérables.
Le risque est accru chez les personnes âgées, les personnes isolées, celles vivant dans des logements très chauds et celles prenant des psychotropes (antidépresseurs, antipsychotiques, anxiolytiques) qui peuvent perturber la régulation de la température corporelle.
Une autre source d’inquiétude légitime est le constat d’un système de santé sous tension qui ne répond plus aux besoins de la population. En effet, du fait de la situation désastreuse de la psychiatrie, les personnes qui en ont besoin sont confrontées à une quasi-impossibilité dans de très nombreux cas d’un soutien psychologique et d’un suivi médical adapté.