Police. La mobilisation contre la loi dite de « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » n’en finit pas de prendre de l’ampleur. Et pour cause, cette loi instituerait un véritable permis de tuer, renforcé, pour les policiers et les gendarmes. Mardi prochain, le gouvernement veut faire voter cette loi qui présumerait légal tout tir de policier ou gendarme, même si les tirs sont mortels.
De nombreuses organisations sont vent debout, dont Amnesty, la Ligue des droits de l’Homme mais aussi le Conseil de l’Ordre du barreau qui regroupe près de 32 000 avocats. Ce dernier s’oppose formellement à ce nouveau permis de tuer en gestation.
Concrètement, si cette loi est votée, les futurs meurtres policiers, comme ceux de Nahel en 2023, seront légalement couverts et blanchis par la loi. Si cette loi passe, le 7 juillet, ce ne sera plus aux policiers de démontrer que leur tir était proportionné, mais bien aux familles endeuillées de prouver que le tueur de leur enfant, frère, sœur, parent, n’était pas en situation de légitime défense. Un dévoiement total de la loi au profit des violences et de la brutalité policières, inspiré par l’extrême droite. Avez-vous signé la pétition pour bloquer cette loi assassine ? Notre brève.
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Quand la police tue, l’extrême droite à son secours
L’idée n’est pas neuve : déjà dans les années 1980, le Front National, alors dirigé par Jean-Marie Le Pen s’en réclamait. L’idée d’une « présomption de légitime défense » pour les policiers est finalement intégrée au programme du FN depuis 2007, et la mesure est encore présente dans le programme du RN. Le gouvernement double donc, une fois de plus, le RN sur sa droite en proposant sa « présomption de légalité ».
Mais un pas supplémentaire avait été franchi par le Parti Socialiste, et sa loi « Permis de tuer » (2017), mise en place par l’infect Bernard Cazeneuve. Une politique autoritaire, qui renforce le sentiment d’impunité des policiers violents, est donc poursuivie par les macronistes, au grand profit du RN et de la corporation policière.
Amnesty International pointe aussi le fait que cette loi empêcherait des enquêtes sur les violences policières. L’ONG craint également que cette loi déchaîne davantage les violences policières, en ciblant toujours les mêmes catégories : racisées, jeunes, populaires et précaires.
Une pétition a été mise en place pour bloquer la mise en place de cette loi assassine. Une mobilisation populaire et, à terme, un changement profond et radical de l’appareil policier sont essentiels, pour que plus jamais il n’y ait « d’affaires » Nahel ou Rémi Fraisse.