dimanche 19 juillet

11:08

« Mélenchon va ! » : à Montbéliard, la police se déchaîne contre des lycéens 

Mélenchon. Alors que depuis des mois les élèves du Lycée Germaine Tillon de Montbéliard (Doubs) dénoncent le délabrement de leur école, la direction, de l’avis unanime des élèves comme de leurs enseignants, est restée sourde à leurs revendications. Ce 22 mai, les lycéens organisaient donc un rassemblement pacifique devant leur école. Appelée par la direction […]

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Mélenchon. Alors que depuis des mois les élèves du Lycée Germaine Tillon de Montbéliard (Doubs) dénoncent le délabrement de leur école, la direction, de l’avis unanime des élèves comme de leurs enseignants, est restée sourde à leurs revendications. Ce 22 mai, les lycéens organisaient donc un rassemblement pacifique devant leur école. Appelée par la direction du lycée, la police s’est rendue sur place, surarmée, avec la volonté d’en découdre. Ce qui devait arriver arriva : de nombreux adolescents se sont retrouvés mis à terre, voire étranglés à en croire les images, gazés à la lacrymo et embarqués par les forces de l’ordre. 

Ces violences policières, accompagnées de menaces et d’insultes envers les lycéens et leurs professeurs. L’un d’eux, s’indignant des violences subies par ses élèves, se voit répondre, agressivement par un officier « Mélenchon va ! », comme s’il s’agissait d’une insulte.

Ce 26 mai, les lycéens se mobilisaient de nouveau. Face à une direction sourde et à une répression policière encore plus violente, la jeunesse tient bon pour faire valoir ses droits. Loin des discours médiatiques réactionnaires, les lycéens luttent pour étudier dans de bonnes conditions. Notre brève. 

Pour aller plus loin : « On ne lâchera pas, on ne va pas se taire ! » – Contre Parcoursup et la militarisation de la jeunesse, mobilisation à Pont-Audemer

Des conditions d’étude déplorables et une répression raciste et sexiste

Ce lycée du quartier populaire de la Petite Hollande (Montbéliard) connaît, depuis plusieurs mois, la gronde de ses élèves, soutenus par une bonne partie de leurs enseignants. En cause : l’état de délabrement du bâtiment. Fuites d’eau, moisissures, manque d’alarmes incendies… tout y passe. Récemment, ce sont même des rats qui se glissent parmi les casiers des élèves ! 

Face à cela, les élèves, leurs enseignants et leurs parents pointent une direction qui « met la tête dans le sable ». Alors les élèves s’organisent en conséquence pour protester. Et la direction de réagir en empêchant les élèves d’accéder au hall du lycée, pas pour la rénover, mais bien dans un pur esprit de « punition collective ». Vendredi 22 mai, un rassemblement pacifique des lycéens a pris place devant l’école, et la répression policière ne s’est pas faite attendre. 

D’après les témoins sur place, plusieurs jeunes ont été violentés physiquement, au point, pour au moins l’une d’eux, de finir à l’hôpital. De plus, ces violences auraient été, toujours d’après des témoins, commises « au faciès », visant d’abord les élèves racisés, ainsi que les lycéennes. 

Lorsque l’un des enseignants a le malheur de défendre ses élèves, il se voit copieusement insulter par l’un des policiers, dérangé alors qu’il tirait du gaz lacrymo sur des adolescents, comme le reste de ses collègues. Le prof se voit alors qualifié de « Mélenchon va ! » par le policier, comme s’il s’agissait d’un défaut. 

Sur d’autres images, un policier est clairement visible en train de plaquer violemment un élève contre un grillage, avant de lui faire un croche-pied. Furieux d’avoir été vu et n’écoutant que son courage, l’uniforme s’en prend ensuite à d’autres adolescentes, les insulte et les pousse brusquement. 

Un redoublement des violences policières quatre jours plus tard  

N’en restant pas là, les lycéens et enseignants, après avoir collectivement dénoncé cette première vague répressive, ont appelé à un second rassemblement ce mardi matin, en marge des discussions entre représentants des élèves et du personnel, et le rectorat. Alors que le rassemblement se tenait paisiblement, et sans aucune sommation, les policiers se sont de nouveau mis à charger et tirer sur les élèves et les profs présents, aux alentours de 10h30. 

Au total, ce sont 24 grenades lacrymo qui sont tirées en moins d’une heure, créant la panique parmi les lycéens. Dans la cohue, un enseignant est touché par un éclat de ces armes : il finit à l’hôpital, et s’en sort de peu. Voilà où mène une politique dite sécuritaire, qui permet d’amener des armes de guerre près d’une école. 

Seul un programme politique clair, sur les violences policières, le racisme systémique et sur la politique éducative à mener dans le pays, permettra que cette situation ne se reproduise plus. Ce programme s’appelle l’Avenir en Commun, porté par son candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. L’impunité des violences policières appartient au vieux monde, n’en déplaise aux fonctionnaires violents, pour qui « Mélenchon » est une insulte. 

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