La colère est immense et légitime après le meurtre de Lyhanna. Malgré les faits, Gérald Darmanin parle d’un « dysfonctionnement » alors que c’est tout un système qui est responsable. La Civiise avait fait 80 recommandations, seules 25 % sont appliquées. Les associations demandent 2,6 milliards d’euros pour que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles soit efficace.
L’Insoumission publie un témoignage, celui de Leila Benamar, qui a participé hier à un rassemblement pour Lyhanna, au Mans.
« J’aimerais te promettre « plus jamais », mais je ne peux pas. La seule chose que je promets, c’est de me battre de toute mon âme, de porter cette parole et de combattre ce système qui t’a tuée »
Hier, nous étions rassemblés pour Lyhanna et tous les autres enfants que nous ne protégeons pas. Un moment le cœur lourd, mais avec une force encore plus grande de me battre contre ces injustices.
Repose en paix, petit cœur. 🤍
J’aimerais pouvoir te dire que je suis désolée, désolée que tu n’aies pas été protégée. J’aimerais te promettre « plus jamais », mais je ne peux pas. La seule chose que je promets, c’est de me battre de toute mon âme, de porter cette parole et de combattre ce système qui t’a tuée.
Parce que nous savions.
160 000, c’est le nombre d’enfants victimes de violences sexuelles chaque année en France. Toutes les 3 minutes, un enfant subit cette violence. Le temps de rédiger cet article, 15 enfants ont été agressés.
Quand allons-nous bouger ? Quand allons-nous simplement écouter nos enfants ?
Cette violence détruit l’enfant et l’adulte de demain. Une violence qui en amène une autre, tout est souvent lié. Le risque de violences conjugales est multiplié par 5 en cas de violences sexuelles dans l’enfance. La petite fille victime d’inceste devient la femme surexposée au viol et aux violences conjugales. Le taux de suicide est 10 fois plus élevé chez les victimes.
Comment est-il possible que seulement 3 % des plaintes aboutissent à une condamnation ?
Alors, Monsieur le Ministre, à quand un ministère de l’Enfance ?
Au lieu de réfléchir aux vraies problématiques, vous me donnez surtout le sentiment de personnaliser la faute sur une personne, une magistrate. Vous êtes-vous posé la question du pourquoi ? Nous n’avons pas besoin d’un ministre qui rejette la faute sur les autres sans se remettre en question une seule seconde. Quand on veut des responsabilités, il faut les assumer.
C’est ensemble qu’on est plus forts ; Ensemble qu’on se remet en question ; Ensemble qu’on trouve les solutions.
Et c’est l’une des raisons parmi tant d’autres pour lesquelles je suis fière d’être insoumise.
À La France insoumise, ensemble nous travaillons et ensemble nous proposons : une loi globale contre la pédocriminalité et les féminicides. Les coupes budgétaires participent à cette défaillance, nous voulons une restructuration de la justice pour lutter contre ces crimes, 3 milliards dédiés à la lutte contre les VSS, et une augmentation des moyens de la police judiciaire.
On dit que la parole libère, oui, mais la justice vous laisse à terre.
Sources : Dorothée Dussy, Le Berceau des Dominations — CIIVISE — Colloque organisé à l’Assemblée nationale par Gabrielle Cathala, 30 avril 2026 : « Violences sexuelles faites aux enfants : en finir avec l’impunité et l’inaction gouvernementale ».
Leïla Benamar Militante Insoumise au Mans, Autrice de J’avais dix ans !