vendredi 24 juillet

16:26

Le RN et Christophe Barthès aux commandes à Carcassonne : le bilan des 100 premiers jours  

Élu maire en mars 2026, Christophe Barthès a remporté la ville de Carcassonne, offrant au RN la préfecture de l’Aude. Depuis son élection, la cité médiévale n’a jamais autant fait parler d’elle avec des décisions polémiques comme l’arrêté anti-mendicité, l’augmentation des indemnités, le retrait des subventions à la LDH et la répression des opposants. Pendant […]

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Élu maire en mars 2026, Christophe Barthès a remporté la ville de Carcassonne, offrant au RN la préfecture de l’Aude. Depuis son élection, la cité médiévale n’a jamais autant fait parler d’elle avec des décisions polémiques comme l’arrêté anti-mendicité, l’augmentation des indemnités, le retrait des subventions à la LDH et la répression des opposants. Pendant ce temps, les mesures répressives et antisociales sont nombreuses. Notre article. 

Attaquer les plus pauvres et s’en mettre plein les poches

Dès son élection, le maire RN fait parler de lui : sa première mesure a consisté à prendre un arrêté anti-mendicité dans le centre-ville. La polémique a été relayée dans toute la presse nationale. Il justifie cette décision par la volonté de « d’évacuer tous ces punk-à-chiens, tous ces drogués à moitié hippies, qui importunent les gens sur la voie publique ». Voilà le vrai visage du RN face à la misère sociale grandissante. Cet arrêté a été contesté au tribunal par la Ligue des Droits de l’Homme. Immédiatement le maire a attaqué l’association en lui retirant les subventions que lui attribuait la ville. 


En parallèle, le conseil municipal a voté une large augmentation des indemnités : le maire passe d’une indemnité mensuelle de 4 875 € en 2020 à 5 700 €, une hausse de 17%. Les adjoints voient leurs indemnités augmenter de 24 % et les conseillers délégués de 6 %. Une hausse de plus de 4000 euros de l’enveloppe des indemnités par rapport au mandat précédent. 

Pour aller plus loin : Sans surprise, les maires RN sont racistes et réactionnaires : la preuve par les faits 

Le premier budget austéritaire voté par la municipalité RN ampute le budget culturel de 20% soit une baisse de presque 850 000 euros. Dans le même temps, le maire a prévu d’embaucher 4 policiers municipaux supplémentaires.

Le Trump Occitan 

L’Humanité a révélé que Christophe Barthès a infiltré un groupe lycéen sur Instagram afin de les intimider. Ces jeunes souhaitaient se mobiliser contre les coupes budgétaires dansl’Éducationn nationale et la montée de l’extrême droite. Pour se justifier, il a donné une excuse trumpienne : un faux compte qui usurpe son identité. Sauf qu’un de ses proches a bien confirmé à la presse locale qu’il était derrière ce compte.

Finalement, la manifestation a bien eu lieu grâce au soutien des syndicats locaux. Le lendemain, le maire a annoncé en fin de conseil municipal qu’il retirait les locaux mis à la disposition de ces 4 syndicats de travailleurs : CGT, CFDT, FSU, Solidaires. Le RN veut museler l’opposition locale alors même que des manifestations antifascistes réunissant près de 600 personnes sont régulièrement organisées. 


Depuis cette annonce, le maire continue les provocations toujours mises en scène sur les réseaux sociaux. Il a fait déposer les cartons dedéménagements au pied des syndicalistes venus manifester devant l’hôtel de ville. 

Une nouvelle étape a été franchie fin juin puisqu’il s’est permis d’arroser depuis le balcon les manifestants qui protestaient contre sa politique : « Allez hop, allez, un peu de fraîcheur » avec la légende sur les réseaux sociaux « La canicule, c’est terminé ! ». Un comportement honteux en pleine sécheresse alors que certains départements manquent cruellement d’eau. 

La presse locale n’est pas épargnée, la municipalité d’extrême droite a décidé de stopper les aides à La Dépêche du Midi qui manquerait, selon lui, de neutralité. Une attaque contre la démocratie et le droit à l’information. 

Chassez le naturel et il revient au galop !

Christophe Barthès est habitué aux déclarations polémiques qui rappellent son affiliation à l’extrême droite. En janvier 2024, il participe en tant que député à une manifestation d’agriculteurs où il a posé devant une pancarte « Va faire la soupe salope ! ». Une insulte sexiste visant les membres du parti Les Écologistes Sandrine Rousseau et Marine Tondelier. 

Une des premières décisions a été de retirer le drapeau européen du fronton de la mairie de Carcassonne. Une décision lourde d’hypocrisie puisque le parti ne se prive jamais de favoriser le capital : il vote toujours en faveur des traités de libre-échange qui mettent en difficulté l’agriculture française. L’Europe n’est jamais bonne pour le RN sauf quand il s’agit d’y voler 4 millions d’euros !

Pour aller plus loin : Le RN, soutien des agriculteurs ? Ces votes qui prouvent le contraire

D’autres décisions polémiques ont aussi émaillé l’actualité. Le maire RN a refusé de mettre à disposition des locaux au consulat d’Algérie pour que les binationaux puissent voter aux élections législatives. Il a également rendu un hommage appuyé à Jeanne d’Arc le 1er Mai, une célébration adorée par Jean-Marie Le Pen, ancrée dans les pratiques de l’extrême droite française. 

Ces polémiques mettent mal à l’aise les cadres du RN puisqu’elles montrent que ce parti fondé par des Waffen-SS et des pétainistes n’a pas changé.

Pour aller plus loin : Le RN veut faire oublier ses origines SS et collabos et salit la mémoire du résistant Marc Bloch

L’abstention et la résignation favorisent le RN 

Christophe Barthès a été élu maire au second tour dans une triangulaire à 40 %. Son élection a largement été permise par l’abstention conséquente dans lacommune : 37 %. Finalement, le maire n’a été élu que par25 %% des inscrits. L’enseignement principal à tirer de cette élection à Carcassonne est que l’extrême droite est toujours favorisée par l’abstention. 

C’est pour cette raison que même au cœur de l’été, les Insoumis sillonnent la France, avec ses caravanes populaires, pour faire massivement s’inscrire les milieux populaires sur les listes électorales. 

Par Virginio Cestaro

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