dimanche 19 juillet

20:24

Reconnaissance de l’État de Palestine : les éditorialistes du génocide en roue libre

Ce lundi 22 septembre, la France reconnaissait officiellement l’État de Palestine. Par cet acte, Emmanuel Macron comme plusieurs chefs d’État et de gouvernement la veille, résistants de la vingt-cinquième heure, tentent de se laver de leur complicité dans la mort de 150 000 à 200 000 Palestiniens depuis le début du génocide. Reconnaître l’État palestinien […]

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Ce lundi 22 septembre, la France reconnaissait officiellement l’État de Palestine. Par cet acte, Emmanuel Macron comme plusieurs chefs d’État et de gouvernement la veille, résistants de la vingt-cinquième heure, tentent de se laver de leur complicité dans la mort de 150 000 à 200 000 Palestiniens depuis le début du génocide.

Reconnaître l’État palestinien sans aucune sanction à l’encontre d’Israël n’empêchera ni le génocide à Gaza ni la colonisation de la Palestine. Pourtant, cet acte éminemment cynique du même Emmanuel Macron qui a permis la vente de 27 millions d’euros d’armes à Israël en 2024 est déjà bien trop insupportable pour les porte-paroles désignés du génocide en France.

Ainsi, ces derniers jours, l’annonce de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France a déchaîné les plateaux de la presse bourgeoise acquise au génocide de Netanyahu. De CNEWS à BFM, des « Grandes Gueules » à « Quotidien », retour sur quelques séquences du traitement médiatique de la reconnaissance de l’État de Palestine. Notre article.

« Une vie égale une vie, c’est la propagande du Hamas ! » : la reconnaissance de l’État de Palestine met les éditorialistes du génocide en transe

« Une vie égale une vie, c’est la propagande du Hamas ! ». Ces mots, glaçants, sont ceux de Rachel Kahn, télégraphiste zélée de la propagande de l’État génocidaire israélien en France, coqueluche des émissions de CNEWS. Ainsi sur le plateau de Bolloré ce lundi 22 septembre à l’occasion de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France, voilà une Rachel Kahn en pleurs à la simple idée de voir des drapeaux palestiniens pavoiser le fronton de mairies françaises, allant jusqu’à assumer ne pas considérer qu’une vie palestinienne vaut autant qu’une vie israélienne.

Au-delà même de cette séquence particulièrement explicite quant à la véritable nature du discours porté par les défenseurs auto-proclamés de « l’armée la plus morale du monde », CNEWS ne cesse depuis ce lundi de multiplier les plateaux où pérorent les pires propagandistes du génocide de Netanyahu. Ainsi se succèdent à un rythme effréné sur les plateaux de Bolloré parmi les porte-voix médiatiques les plus zélées du génocide, d’Arno Klarsfeld au député RN Julien Odoul, de Gilles-William Goldnadel à Julien Dray, de Rachel Kahn à Frank Tapiro, le publicitaire préféré de Benjamin Netanyahu.

Pour aller plus loinPortrait – Frank Tapiro : le publicitaire génocidaire, son armée citoyenne et les médias

Dans une séquence aussi hallucinante que honteuse, voilà également Georges Bensoussan affirmant que la haine des juifs est au programme scolaire des enfants palestiniens. En plateau, au-delà même du grotesque de cette affirmation, personne bien-sûr pour rappeler que dès novembre 2024, 95 % des écoles de la bande de Gaza étaient déjà totalement ou partiellement détruites.

Ailleurs dans les médias complices, on retrouve devant Apolline de Malherbe sur BFMTV un certain Bernard-Henri Lévy – dont on ne peut comprendre l’improbable omniprésence médiatique que par sa dévotion à la propagande de Netanyahu – pour expliquer ni plus ni moins que la reconnaissance de l’État de Palestine est « un geste qui témoigne de la corruption des esprits ».

Sur RMC, autre chaîne du groupe BFM, on retrouvait sans surprise l’odieuse éditorialiste Barbara Lefebvre – laquelle appelait en février dernier à « vider la bande de Gaza » – pour recracher mot à mot la propagande du génocide, pour déclarer ne pas considérer que la France reconnaît l’État de Palestine, mais aussi pour être recardée en direct par un auditeur lui rappelant l’horreur des massacres à Gaza.

Les Palestiniens ont droit à un État depuis 80 ans : plus que jamais, l’urgence est aux sanctions contre Israël

De CNEWS à la très réactionnaire FigaroTV en passant l’émission pseudo-progressiste « Quotidien », on a aussi profité de la reconnaissance de l’État de Palestine pour dérouler le tapis rouge à Nora Bussigny, « journaliste » aux torchons pro-israéliens Le Point et Franc-Tireur (fondé par Caroline Fourest et Raphaël Enthoven) pour faire la promotion de son nouveau livre pullulant de mensonges, d’insultes, de calomnies et d’imprécisions indigentes à l’encontre du mouvement civil et politique d’opposition au génocide des Palestiniens, et de la France insoumise en particulier.

Si la réaction des médias complices face à l’annonce de la reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron doit être mise en lumière pour être dénoncée, elle ne doit pas occulter qu’une telle démarche, pour ne pas demeurer un pur acte de cynisme politique, doit impérativement s’accompagner de mesures réelles pour mettre fin au génocide.

Alors qu’Emmanuel Macron n’a toujours pas bougé le petit doigt pour que cesse le génocide, alors qu’il maintient le commerce avec Israël et qu’il continue de permettre qu’on y livre des armes en secret, plusieurs parlementaires de la France insoumise viennent de voir la flottille de la liberté sur laquelle ils sont embarqués pour briser le blocus sur Gaza attaquée par l’armée de Netanyahu.

Pour aller plus loin : La flottille internationale attaquée par l’armée de Netanyahu dans la nuit

En parallèle, le groupe de la France insoumise à l’Assemblée nationale vient déposer une résolution pour que la France reconnaisse enfin le génocide à Gaza et prenne des mesures pour y mettre fin. Parmi elles, la reconnaissance officielle du génocide du peuple palestinien en cours à Gaza, l’imposition de sanctions financières, économiques et diplomatiques à Israël, l’application des mandats de la cour Pénale Internationale contre Netanyahu, la sanction des colons israéliens en Cisjordanie ou la mise en place d’un pont aérien humanitaire sécurisé et la lutte pour œuvrer à briser le blocus maritime et terrestre de Gaza.

Voilà 80 ans que les Palestiniens ont droit à un État. Aujourd’hui plus que chaque jamais, l’urgence est à ce qu’ils puissent y vivre. Reconnaître l’État palestinien sans prendre aucune mesure concrète pour arrêter l’œuvre funeste de Benjamin Netanyahu, c’est reconnaître un charnier.

Par Eliot Martello-Hillmeyer

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