Grève. L’insoumission.fr et Informations Ouvrières s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours aux quatre coins du pays. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et d’Informations ouvrières.
Après le succès des manifestations du 17 et du 24 octobre, qui ont vu défiler des foules immenses partout en France, le gouvernement commence à reculer. La phase écran de fumée est amorcée. Des annonces, dérisoires, sont faites, ce qui n’était pas le cas avant. Ce samedi 31 octobre, de nouvelles mobilisations sont prévues partout en France pour exiger satisfaction des revendications : blocage des prix, hausse des salaires, abrogation de Parcoursup avec ouverture de places à l’université, inscription au budget des 10 milliards nécessaires pour répondre aux revendications des lycéens et des étudiants.
Une autre date vitale est à suivre pour le mouvement, celle du 5 novembre. La grève se prépare. Notre article.
« Les ports français vont être à l’arrêt à 95 % » vendredi 30 octobre, (Tony Hautbois, secrétaire général de la CGT des dockers)
L’ensemble des syndicats de l’enseignement privé sous contrat appellent à la grève le 5 novembre, ce qui constitue une « première » dans l’histoire du privé, selon eux.
À la SNCF, les quatre principaux syndicats de la compagnie ferroviaire (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT-Cheminots) ont, dans un communiqué commun, appelé les agents « à se mettre en grève » et « à participer aux manifestations pour (leurs) conditions sociales, de vie et de travail». «Comme beaucoup de salariés dans le pays, les cheminots subissent l’austérité budgétaire. Elle se traduit par un déclassement social et des salaires qui stagnent», dénoncent-ils.
La Fédération CGT de la Santé et de l’Action sociale appelle en effet à la grève, réclamant la hausse du point d’indice des fonctionnaires et des budgets de l’État (PLF) et de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 « à la hauteur des besoins ». La Fédération CFTC Santé Sociaux appelle, elle aussi, les hôpitaux les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, publics et privés, à rejoindre l’appel à la mobilisation intersyndicale, demandant « des salaires dignes, de meilleures conditions de travail et des moyens à la hauteur de leurs missions ».
Pour aller plus loin : « Le pouvoir n’aura qu’un seul choix, accepter les revendications ou s’en aller. » – L’entretien de Jean-Luc Mélenchon
La FAPT-CGT, qui représente les salariés des activités postales et de télécommunications, dont ceux de La Poste, Orange, SFR ou Chronopost, a également rejoint l’appel à la mobilisation, dénonçant « salaires insuffisants, emplois supprimés, intensification du travail, dégradation des conditions de travail et remise en cause des missions de service public».
La confédération FO appelle à la grève le jeudi 5 novembre et a déposé un préavis de grève qui « débute le lundi 2 novembre jusqu’au 31 décembre 2026 ».
La Confédération CGT qui a mis en place un compteur des appels à la grève et des préavis pour le 5 novembre, dénombre à ce jour 185 appels émanant de la plupart de ses fédérations nationales (Mines énergie, Commerce, Cheminots, Services publics, Santé, Chimie…) de syndicats d’entreprise, de syndicats de collectivités territoriales…De nombreux préavis, comme c’est le cas dans les services publics territoriaux sont d’ores et déjà étendus aux jours suivants pour permettre les reconductions qui seraient décidées par les grévistes. Plusieurs fédérations constatent une dynamique exceptionnelle dans la période.
L’Union étudiante appelle à manifester « massivement dans la rue le 31 octobre et aux côtés des travailleuses et travailleurs le jeudi 5 novembre ».
Dans un appel, les unions départementales CFDT, CGT, FO, FSU, UNSA et Solidaires de Loire-Atlantique appellent à la « grève et aux manifestations le 5 novembre » :
Le gouvernement doit répondre aux revendications ! (…) La brèche ouverte par la jeunesse lycéenne et étudiante doit trouver son relais dans la grève des travailleur·euse·s. Nos organisations syndicales appellent les salarié-es à se réunir dans leurs entreprises et administrations pour discuter de la préparation du 5 novembre 2026 et de ses suites. »
Le syndicat national des médecins hospitaliers Force ouvrière dépose un préavis de grève à compter du 31 octobre 2026 pour une durée illimitée et appelle à se mobiliser le 5 novembre, dans l’unité la plus large.
Les fédérations CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU et FA de la fonction publique appellent les agents publics à « se mobiliser massivement, par la grève et dans les manifestations, le 5 novembre prochain ».


Appel des confédérations CFDT, CGT, FO, UNSA et FSU (5 octobre 2026)
Les travailleurs et les travailleuses vivent un déclassement inédit. Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions. Notre pays est au bord de la récession et les plans de licenciements se multiplient dans l’industrie comme dans le commerce ou les services.
Pourtant, le gouvernement dans son projet de budget aggrave encore la situation en s’attaquant notamment aux plus précaires et aux malades en gelant les prestations sociales et en réduisant le rôle protecteur de la sécurité sociale. Il baisse aussi les moyens de nos services publics et gèle le salaire des fonctionnaires pourtant en première ligne encore cet été pour sauver des vies et répondre aux besoins de la population face aux canicules et aux mégafeux. Face aux défis climatiques et technologiques qui nous attendent, une politique industrielle n’est plus une option : elle est une nécessité absolue qui fait pourtant toujours cruellement défaut.
La mobilisation des lycéen·nes et des étudiant·es est légitime. Leur colère, leurs inquiétudes et leurs revendications doivent être entendues et prises en considération. Les jeunes doivent pouvoir grandir, apprendre, se former, construire leur avenir et dans des conditions dignes. Dans le respect de l’indépendance du mouvement lycéen, nos organisations partagent les revendications pour de meilleures conditions d’étude et davantage d’égalité. Nous soutenons le droit des lycéen·nes et des étudiant·es à se mobiliser, à manifester et à se réunir pacifiquement, librement et en sécurité.
Après le succès de la journée de grève et de manifestation de la fonction publique du 29 septembre, les organisations syndicales appellent l’ensemble des salarié.e.s du public comme du privé, des jeunes et des retraité.e.s, à franchir une nouvelle étape : faire grève et manifester le jeudi 5 novembre prochain.
Nous demandons :
– L’ouverture immédiate dans toutes les entreprises et dans toutes les branches de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale Femmes -Hommes
– L’augmentation des pensions des retraités, pour le régime de base comme pour les retraites complémentaires AGIRC ARRCO
– L’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires et des mesures de revalorisation des carrières de la fonction publique
– L’augmentation du SMIC et de toutes les aides sociales (APL, allocations familiales, bourses étudiantes, RSA…)
– Une planification environnementale et industrielle pour relocaliser et décarboner notre industrie. Des moyens pour lutter contre le réchauffement climatique et adapter notre société : isoler les bâtiments, végétaliser les villes, développer les transports collectifs décarbonés
– L’augmentation des moyens de nos services publics pour préparer l’avenir, former les jeunes, soigner et accompagner nos aînés et faire face au dérèglement climatique
– Des mesures de justice fiscale pour taxer les patrimoines, les héritages et les dividendes, l’évaluation, le conditionnement et le redéploiement des 211 milliards d’aides publiques.
Les organisations syndicales alertent solennellement gouvernement et patronat. La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales.
Le 5 novembre, généralisons la grève !
Salaires, emplois, services publics, jeunesse : halte aux sacrifices !
Appel des unions départementales CFDT, CGT, FO, UNSA, FSU, Solidaires et CFDC de la Somme (extraits)
Pendant que les prix flambent, les salaires et les pensions stagnent. Le gouvernement impose des coupes budgétaires, étrangle les services publics et fait payer la facture aux travailleurs, aux jeunes, aux retraités et aux plus précaires. Pendant ce temps, des centaines de milliards d’euros d’aides publiques sont accordés aux entreprises, la fiscalité reste profondément injuste.
Le projet de budget 2027 confirme une politique qui fait porter l’effort sur la population et les services publics. Le gouvernement annonce 54 milliards d’euros d’efforts budgétaires, maintient le gel du point d’indice des fonctionnaires et prévoit de nouvelles restrictions qui menacent notre protection sociale.
L’argent existe : il doit servir à répondre aux besoins de la population, à rémunérer le travail et à préparer l’avenir, pas à creuser les inégalités !
Face aux revendications légitimes des jeunes et des travailleurs, le président Macron a pris la parole le 18 octobre de façon irresponsable et oppose le mépris, la répression et les menaces sur la liberté de manifester. Nous exigeons des réponses concrètes à la hauteur de la situation !
ÇA SUFFIT ! NOUS REVENDIQUONS :
Des augmentations de salaires, du SMIC, des pensions et des prestations sociales
Des moyens pour la jeunesse, pour étudier, se former, travailler et construire librement son avenir
Des services publics renforcés, avec des moyens et des effectifs à la hauteur des besoins et dégel du point d’indice
La défense de l’emploi et de l’industrie, une véritable transition écologique
Une fiscalité juste, faisant contribuer les plus fortunés et les dividendes à l’effort collectif, contrôle des aides publiques aux entreprises et conditionnement à des engagements sociaux et environnementaux
L’abrogation de la réforme des retraites
La colère est là, les luttes convergent : poursuivons et amplifions le mouvement !