Après l’attentat raciste et islamophobe de Trappes, qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, c’est une vérité que bon nombre au RN et dans les médias d’extrême droite voudraient taire : Kévin T., auteur présumé de l’attentat, est bien un sympathisant du Rassemblement national, ainsi que l’a révélé Mediapart.
Kévin T., est passé cette nuit devant le procureur de la République, qui a donné une conférence de presse ce jeudi matin : l’assaillant a bien agi en ayant prémédité sa tuerie, sur des motifs racistes et sur fond d’adhésion aux idées du RN, avec notamment des autocollants du parti retrouvés chez lui. De son point de vue, son attentat n’est en rien un acte terroriste, mais un acte de légitime défense dans une guerre civile raciale : il n’est traversé par « aucun regret » après son assassinat terroriste. Notre brève.
Trappes : un attentat raciste et suprémaciste assumé
Cette rhétorique de la guerre civile raciale, lieu commun à toute l’extrême droite, sert de justification aux actes de Kévin T. : Trappes serait un « repaire d’islamistes » (sic), ce qui nécessiterait de tuer des personnes « de types musulmans ou africains nord-africains » selon ses propres termes. Au nom des Français de souche.
On ne peut qu’être troublés par ces motivations, surtout en les mettant en lien avec le discours officiel du RN, tenu d’abord par Bardella en 2021, puis repris par Edwige Diaz, patronne des sénateurs RN, ce lundi 26 octobre. Entre le tueur de Trappes et le Rassemblement national, il y a un continuum idéologique et politique, d’une France mise à mal par « l’islamisme » : les deux veulent en fin de compte la même chose pour la France.
Pour aller plus loin : Attentat raciste de Trappes : Nadège Abomangoli dénonce les responsabilités politico-médiatiques, Lecornu s’enfonce dans la honte
La proximité de Kévin T. avec le RN ne se retrouve pas que dans le discours. En fouillant son appartement, entre un exemplaire de Mein Kampf et des autocollants de soutien aux policiers et des armes, les enquêteurs ont trouvé une trentaine de stickers de soutien… au RN.
Comble de l’abject, le RN se défausse de toute responsabilité de diffusion des idées racistes, qui ont fourni à Kévin T. des justifications pour passer à l’acte, tuer une personne et en blesser cinq autres en raison de leurs couleurs de peau et de leurs origines. Le racisme tue, avec la complicité de ses relais médiatiques et politiques.
Par Alexis Poyard