En annonçant la création d’un service militaire volontaire, Emmanuel Macron se retrouve une fois de plus mis face à ses propres échecs. Cette nouvelle lubie s’avère en réalité être une énième tentative de réécrire l’histoire du fiasco national qu’a été le Service national universel, ce dispositif présenté comme la grande innovation républicaine censée refonder l’engagement d’une jeunesse déjà méprisée et précarisée. Un article du groupe thématique Défense de la France insoumise. Notre article.
SNU : anatomie d’un échec macronien
La honte du gouvernement se dévoile dans les différents retours d’expériences et rapports parlementaires qui en dressent le bilan : le joujou préféré du Président s’est avéré n’être qu’un mélange bancal entre un camp scout et des cours d’éducation civique, animés par un encadrement trop réduit, incapable d’éviter dérives, sanctions collectives et même agressions sexuelles.
Le SNU n’a servi à rien, sinon à offrir aux jeunes issus des familles les plus aisées une ligne supplémentaire dans leur CV, tout en coûtant une fortune à la nation, sans répondre à quelques objectifs préalablement fixés (si tant est qu’il y en ait déjà eu…). Le Parlement, qui n’a jamais été consulté sur sa création, a fini par en prendre acte en votant sa suppression. Emmanuel Macron, lui, s’enfonce dans le déni.
Sa nouvelle annonce intervient dans un climat électrique, où son propre chef d’état-major a prédit publiquement que le pays devait se préparer à « perdre ses enfants » dans un conflit à venir. Jean-Luc Mélenchon l’a souligné avec force : « un général n’a pas à dire ça ». Il n’est pas dans ses prérogatives de tenir ce rôle politique, et un président n’a pas à s’en accommoder : il doit réagir, et sanctionner.
En s’érigeant encore une fois en chef de guerre, Emmanuel Macron persiste dans une stratégie dangereuse va-t-en-guerre, tout en piétinant la loi de programmation militaire votée pourtant il y a deux ans. À aucun moment le Parlement n’a été consulté sur ce projet.
Le service militaire volontaire de Macron : une année de césure sous-payée
Dans ce climat glacial, Emmanuel Macron annonce donc un service militaire volontaire d’une durée de dix mois, réservé aux jeunes majeurs, entièrement militaire et rémunéré 800 euros par mois, c’est-à-dire moins que le SMIC. Une sorte d’année de césure sous-payée, à laquelle seuls les jeunes les plus précaires pourraient se résoudre.
Le président reprend la rhétorique de l’urgence et de la menace pour contourner le débat démocratique. Ce projet, encore vague et flou, ne répond à aucun besoin identifié, si ce n’est de s’insérer dans la rhétorique de la guerre et de la préparation à un conflit armé, préparation obsolète et balbutiante, dont les contours à peine dessinés font craindre un nouveau gaspillage de temps et d’argent public.
Cette annonce soulève une série de questions auxquelles personne ne semble avoir la réponse. Que devient le SNU et quand Emmanuel Macron reconnaîtra-t-il enfin son échec ? Comment financer un dispositif de dix mois alors que l’État n’a même pas été capable de financer le déploiement du SNU, dont le coût explosait déjà ? Un tel service pourrait représenter plusieurs milliards d’euros par an, non prévus dans l’actuelle loi de programmation militaire.
Comment ce projet va-t-il être financé ? Comment éviter les dérives qui ont marqué le SNU, dans ce nouveau projet sorti du chapeau ? En quoi ce nouveau service diffère-t-il du Service militaire volontaire déjà existant, et que devient ce dernier ? Enfin, sur quelle légitimité démocratique s’appuie Emmanuel Macron pour imposer un tel projet ? Il a enchaîné les échecs, et a perdu toutes les dernières élections. Rien ne l’autorise à engager seul la nation dans cette direction. Le Parlement n’a pas été consulté, et le président ne bénéficie pas du soutien populaire.
Pour aller plus loin : Augmentation des dépenses de défense : une nouvelle soumission aux intérêts atlantistes
Contre le bellicisme rampant et le service militaire volontaire, LFI défend la conscription citoyenne
Face à l’impro permanente, la France insoumise porte le projet d’une France indépendante au service de la paix, en résonance avec la proposition de fonder une 6ᵉ République dans laquelle les citoyennes et citoyens retrouveront toute leur place et leur capacité d’initiative. En ce sens, la France insoumise porte un projet cohérent et utile : la conscription citoyenne. Cette conscription, contrairement au projet d’Emmanuel Macron, répond à des besoins clairement identifiés. Celui de la préparation de la jeunesse aux enjeux de demain et celui de la consolidation des compétences humaines dans les métiers liés aux nouvelles frontières de l’humanité.
Il s’agit d’un service obligatoire pour toutes et tous, rémunéré au SMIC, qui durera neuf mois, contrairement à Emmanuel Macron qui propose 800 € pour 10 mois. Le projet de conscription citoyenne de la France insoumise n’a pas vocation à militariser la jeunesse mais à répondre aux besoins réels du pays en organisant la mobilisation civique, sociale et écologique nécessaire dans un monde marqué par les crises climatiques et les catastrophes majeures.
Cette conscription renforce la protection civile, les services des eaux et forêts, les dispositifs d’aide aux populations en cas de canicule ou d’inondation. Elle développe une police de proximité placée sous contrôle citoyen. Elle constitue une véritable force de défense passive, indispensable en cas d’accident nucléaire ou de déplacements massifs de population. Elle permet aux volontaires de servir au sein des armées sans envoi à l’étranger, en mettant leurs compétences au service de la souveraineté du pays, notamment dans des domaines comme la cybersécurité.
Elle offre enfin un cadre de formation et d’autonomie, avec le passage du permis de conduire et du brevet de secourisme pour tous. La conscription citoyenne participera à construire une forme de dissuasion populaire contre les attaques hybrides et les crises à venir. Elle replace la défense du territoire national et des populations dans une logique de proximité et de démocratie, loin des réflexes militaristes et des improvisations de salon du président de la République.
Emmanuel Macron veut rejouer une conscription fantôme pour masquer ses échecs et alimenter une posture guerrière. La France insoumise propose au contraire un projet solide, utile, ancré dans les besoins réels du pays et ouvert à toute la jeunesse. C’est la différence entre l’esbroufe présidentielle et une vision véritablement républicaine et populaire.
Par le groupe thématique Défense de LFI