dimanche 19 juillet

20:15

Niche parlementaire de LFI le 27 novembre – Les insoumis veulent établir l’égalité d’accès au service public postal en Outre-mer

Outre-mer. Ce jeudi 27 novembre se tiendra la journée d’initiative parlementaire du groupe de la France insoumise – aussi dite « journée de niche parlementaire » – seul jour de l’année où les député·es LFI seront libres d’inscrire leurs propositions à l’ordre du jour de l’Assemblée.  Au programme de cette journée, neuf textes, dont voici la […]

Outre-mer service postal

par

partager

Outre-mer. Ce jeudi 27 novembre se tiendra la journée d’initiative parlementaire du groupe de la France insoumise – aussi dite « journée de niche parlementaire » – seul jour de l’année où les député·es LFI seront libres d’inscrire leurs propositions à l’ordre du jour de l’Assemblée. 

Au programme de cette journée, neuf textes, dont voici la liste, seront défendus par le groupe insoumis : Rejet du traité UE-Mercosur ; Égalité de l’accès au service public postal en outre-mer ; Nationalisation d’ArcelorMittal ; Défiscalisation des pensions alimentaires ; Gratuité des parkings des établissements de santé ; Résolution pour faire respecter le droit international à Gaza ; Suppression de la CSG pour les apprentis ; Abrogation de la réforme des retraites. Parmi eux, cinq ont d’ores et déjà été adoptés en commission sans aucune concession du groupe insoumis, et ce malgré les oppositions de la droite et de l’extrême droite et l’abstention souvent opportune du Parti socialiste.

Aussi, à l’approche de ce jeudi 27 novembre, L’Insoumission vous propose de revenir sur chacun des textes qui seront défendus par le groupe parlementaire insoumis lors de sa niche parlementaire.

L’insoumission a de nombreuses fois écrit sur la pauvreté criante dans les Outre-mer et sur la culpabilité de la macronie face à cette situation. Pour pallier cette honteuse situation, les insoumis proposent une mesure concrète : l’extension du tarif unique des services postaux sur l’ensemble du territoire national, afin que les Outre-mer n’en soient plus exclus.

Ce sera le 2ᵉ texte étudié dans le cadre de la niche parlementaire des insoumis. « La cherté des produits postaux participe de cette cherté de la vie. Elle constitue une rupture du principe constitutionnel d’égalité qui s’applique devant les services publics. […] Rien ne peut justifier cette inégalité de traitement ! », abonde le député LFI de la Réunion, Perceval Gaillard, rapporteur de cette proposition de loi. Notre article.

Une mesure de justice sociale, contre laquelle le Rassemblement national fait de l’obstruction

« C’est un texte que nous ne devrions même pas porter ! » : cette formule du député LFI Perceval Gaillard résume bien toute la nature de la proposition de loi insoumise. Parce que l’inégalité d’accès aux services postaux entre les habitants de l’Hexagone et les habitants des territoires d’Outre-mer est anticonstitutionnelle, une loi ne devrait pas avoir à être votée pour pallier cette situation. Preuve de l’importance pour LFI de défendre les intérêts des territoires ultramarins, ce texte a été placé en 2e position dans l’ordre d’examen des propositions de lois pendant la niche parlementaire.

Quelques chiffres pour saisir toute l’ampleur de l’inégalité : un colis de 15 à 20 kilos envoyé dans l’Hexagone, quelle que soit la distance de son trajet, coûte 37,85 euros contre 150,55 euros de l’Hexagone vers les DROM et jusqu’à 302,35 euros vers le Pacifique ; un colis entre 1 et 2 kilos coûte 10,70 euros s’il ne quitte pas l’Hexagone, 22,70 euros pour un envoi de l’Outre-mer vers l’Hexagone et 27,25 euros de l’Hexagone vers l’Outre-mer et jusqu’à 35,25 euros vers les collectivités du Pacifique.

Le Rassemblement national fait de l’obstruction contre la proposition de loi de LFI, au détriment des habitants des territoires d’Outre-mer. « Notre texte fait partie de la logique d’obstruction du RN vis-à-vis de notre niche », souligne le député Perceval Gaillard. « La honte sur le député RN Joseph Rivière qui veut faire passer les lubies racistes de son mouvement : l’extrême droite souhaite faire appliquer notre proposition de loi seulement aux Français ! », dénonce-t-il. Leurs votes seront à surveiller demain, jour de la niche parlementaire.

De la pauvreté et du manque cruel d’eau en Outre-mer : des rappels nécessaires

Par leur proposition, qui fait sens notamment à l’approche des fêtes de fin d’années, les insoumis tentent de faire voter une mesure concrète face à la cherté de la vie en Outre-mer. Qu’en est-il concrètement ? L’insoumission avait couvert cet événement, il y a un an : une large manifestation s’était tenue dans les rues de Paris. 10 000 personnes avaient manifesté en direction du ministère des Outre-mer, contre la pauvreté criante dans ces mêmes territoires.

Voilà la réalité : selon l’INSEE, les prix moyens des produits alimentaires en Martinique sont environ 42 % plus chers qu’en métropole. Il s’agit là d’une situation partagée de manière générale par les territoires ultramarins, puisque le prix des produits alimentaires seraient également 78 % plus élevés en Nouvelle-Calédonie que dans la métropole. La différence de prix de ces produits entre Mayotte et le territoire métropolitain serait de 30 %, toujours selon l’INSEE. Le tout associé à des niveaux de pauvretés records : 27 % de la population en Martinique, 77 % à Mayotte, contre 14,4 % sur le territoire métropolitain. L’urgence sociale qui touche ces territoires n’est donc plus à démontrer.

Pour aller plus loin : Outre-mer : un cruel manque d’eau, une faillite politique

De même, le manque cruel d’eau dans les territoires d’Outre-mer est une honte pour le pays. À Mayotte, département français le plus pauvre, 60 % des logements n’ont pas accès à l’eau courante. 30 % ne disposent d’aucun point d’eau dans leur domicile. Les robinets ne coulent que quelques heures par jour, parfois moins. Des familles entières survivent grâce à des citernes rationnées, pendant que les hôpitaux manquent d’eau pour soigner, et que des enfants ne vont plus à l’école faute de sanitaires.

En Guadeloupe, c’est un mois de scolarité par an que perdent les élèves à cause des coupures ou de la pollution de l’eau. Le prix du mètre cube peut y être deux fois plus élevé qu’en métropole. Comme le disait Thomas Sankara, dans une phrase qui résonne encore aujourd’hui : « Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns ou l’eau potable pour tous ». Rendez-vous demain, 27 novembre, pour la niche parlementaire de LFI !

sur le même sujet

L’OTAN, une machine de guerre : enquête sur 77 ans d’interventions
Loi agricole – Des mobilisations partout en France contre l’empoisonnement des enfants et des femmes enceintes
Mélenchon devient la personnalité politique la plus soutenue par les électeurs écologistes
« Les sénateurs ont transformé une loi agricole en loi criminelle contre nos enfants » – Retrouvez la tribune d’Aurélie Trouvé

Rechercher