dimanche 12 juillet

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Droits de l’enfant, des mises en danger aggravés par le budget Lecornu

Aujourd’hui, jeudi 20 novembre, c’est la Journée internationale des droits de l’enfant. Une date pour rappeler l’urgence de protéger les plus jeunes et de dénoncer les violations massives de leurs droits dans le monde et en France. Dans la 7ème puissance mondiale, 2,9 millions d’enfants sont pauvres, plus de 2000 dorment dans la rue, 2700 […]

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Aujourd’hui, jeudi 20 novembre, c’est la Journée internationale des droits de l’enfant. Une date pour rappeler l’urgence de protéger les plus jeunes et de dénoncer les violations massives de leurs droits dans le monde et en France.

Dans la 7ème puissance mondiale, 2,9 millions d’enfants sont pauvres, plus de 2000 dorment dans la rue, 2700 nourrissons meurent avant le premier anniversaire. Et les violences ne s’arrêtent pas là : 160 000 d’entre eux sont victimes de violences sexuelles chaque année.

Pendant que des macronistes partagent des visuels sur la journée des droits de l’enfant, le budget qu’ils adoubent va aggraver les souffrances des enfants, notamment ceux déjà placés dans des situations d’extrême précarité. Ainsi, le plan de lutte contre les violences faites aux enfants subit une baisse de 150 000 euros en moins avec l’inflation. Pour le plan contre la prostitution des mineurs, c’est 80 000 euros que fait disparaitre Lecornu. Les enfants subiront aussi les effets concrets des coupes à la tronçonneuse à l’hopital public et le gel de toutes les prestations sociales de naissance pour les familles.. La mortalité infantile, déjà en hausse, n’est pas prête de reculer. Notre article.

Pour aller plus loin : Aide sociale à l’enfance : la République maltraitante

Le budget de Lecornu, un budget de violences contre les enfants

Salariés, retraités, chômeurs, jeunes, personne n’est épargné par les mesures du budget Lecornu. Les enfants seront eux aussi en première ligne. Deux plans de lutte les concernant sont concernés par des coupes budgétaires. Le plan de lutte contre les violences faites aux enfants sera impacté : 150 000 euros en moins avec l’inflation. Le plan de lutte contre la prostitution des mineurs est aussi concerné : 80 000 euros en moins avec l’inflation

En outre, alors que plus de 2000 enfants dorment dans les rues en France, pas une seule place de plus d’hébergement d’urgence n’est créée. Pour les enfants ayant un toit mais vivant dans une famille sous le seuil de pauvreté, ils seront aussi victimes des politiques de racket du budget Lecornu. 70 % des enfants pauvres sont dans une famille où un parent est au chômage. Or, le budget Lecornu prévoit une augmentation de la CSG sur les chômeurs et gèle l’Allocation de Solidarité spécifique (ASS). Concrètement, c’est tout le quotidien qui sera touché. Moins d’argent, moins de courses, moins de possibilité pour payer les factures de chauffage, d’électricité et d’eau.

Pire, le gouvernement n’entend pas amorcer le début d’un commencement de lutte contre la hausse de la mortalité infantile. Alors que 2700 nourrissons meurent avant leur premier anniversaire, le gouvernement Lecornu sabre le budget de l’hôpital public de près de 5 milliards d’euros. De telles coupes ne feront qu’augmenter fatalement la mortalité infantile.

De la nécessité de protéger l’enfance : le combat au long cours de LFI

Quatre mois après l’adoption du rapport de notre commission d’enquête sur les violences en milieu scolaire, le député LFI Paul Vannier poursuit ses travaux pour traduire toutes ses recommandations en actes. Avec sa co-rapportrice, il a annoncé la constitution d’un comité de suivi inédit, associant des collectifs de victimes, des lanceuses d’alerte, des chercheurs, des syndicats, et des fédérations de parents d’élèves du public et du privé. Trois grands axes sont prévus : reconnaître et accompagner les victimes, mieux prévenir les violences en milieu scolaire, renforcer les contrôles pour protéger les élèves

Au-delà des actes pédocriminels commis au sein de l’établissement Notre-Dame de Bétharram et les mensonges du Premier ministre devant la représentation nationale à ce sujet, la nécessaire protection de l’enfance est un combat de longue date des insoumis. Ainsi, aucun autre parti ne peut se targuer d’avoir investi à deux reprises Lyes Louffok pour des élections législatives, un enfant placé confronté à la maltraitance et à la violence. « L’engagement de la FI est la suite de sa lutte de toujours pour les droits des enfants, illustrée par exemple par la présentation dans l’Isère de Lyes Louffok aux législatives », appuie Jean-Luc Mélenchon.

Pour aller plus loin : Lyes Louffok, porte-voix de la cause des enfants, en tête au 1ᵉʳ tour de la législative partielle à Grenoble

Quel autre parti peut se targuer d’avoir demandé une commission d’enquête sur la matraitance dans les crèches privées ? D’avoir présenté un plan d’urgence sur la petite enfance ? En effet, LFI en a présenté un en septembre 2023, comprenant 19 mesures d’urgence : garantie du droit au logement des enfants, gratuité des crèches publiques, créer un Observatoire de la non-scolarisation, assurer la gratuité véritable de l’éducation…

Ce plan faisant notamment suite à l’alerte lancée par la présidente du groupe parlementaire insoumis, Mathilde Panot, sur la mortalité infantile en France. Si la France était le 5ème pays de l’OCDE avec le taux de mortalité infantile le plus bas en 1980, elle est descendue à la 20ème position avec une mortalité en hausse. « Un pays qui ne prend pas soin de ses enfants est un pays qui détruit son avenir », soulignait alors Mathilde Panot.

1 enfant sur 10 : l’inceste ou les violences silenciées

Outre les violences du budget Lecornu, les enfants sont victimes d’une série de maltraitances et de violences de tout ordre. 1 enfant sur 10 est victime d’inceste, soit en moyenne trois enfants par classe. Il est très difficile pour eux de parler, car cela implique souvent des personnes de leur famille. Lorsque les enfants osent témoigner, on ne les croit pas dans la majorité des cas. Pire, quand un accuse son père, on accuse parfois la mère de manipulation et on lui retire la garde. Les petits se retrouvent alors soit placés, soit confiés directement à leurs agresseurs.

De la domination des adultes sur leur descendance

Au-delà des violences sexuelles, la domination des adultes sur les enfants souffre aujourd’hui d’une banalisation. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

La maltraitance est définie en droit comme « l’abus ou la maltraitance à enfant consiste dans toutes les formes de mauvais traitement physique, émotionnel ou sexuel, la négligence ou le traitement négligent, ou les formes d’exploitation, dont commerciales, résultant en un mal effectif ou potentiel à la santé de l’enfant, à sa survie, à son développement ou sa dignité dans le contexte d’une relation de responsabilité, confiance ou pouvoir ». 

Cela peut prendre différentes formes comme ne pas répondre au besoin des enfants, être violent physiquement ou psychiquement. Comme pour les violences faites aux femmes, il y a un continuum des violences que l’on peut nommer violence ordinaire éducatives. C’est un ensemble de pratiques violentes, souvent considérées comme éducatives et donc acceptables dans l’éducation des petits

Cela peut inclure des punitions physiques (gifles, fessées), les violences verbales (cris, menaces, insultes, humiliations…) ou encore les punitions psychologiques (chantage affectif, isolement forcé, rejet émotionnel)… Cela peut avoir diverses conséquences sur la vie des enfants.

Les violences éducatives se fondent sur des rapports socio-économiques

Comprendre ce qu’est la maltraitance, c’est aussi déconstruire l’idée que certaines violences seraient « naturelles » ou nécessaires à l’éducation. C’est ce qu’essaie de présenter Tal Piterbraut-merx dans son ouvrage La domination oubliée. Il historicise le rapport de l’enfant au sein des famille et montre qu’elles se fondent sur des rapports socio-économiques et sur un système judiciaire et symbolique.

« En s’appuyant sur des travaux issus de la philosophie classique puis de la théorie féministe, il propose de dénaturaliser et repolitiser la domination adulte, en relation avec les autres rapports de pouvoir. Il ouvre des pistes pour lutter contre l’oppression des enfants et notamment la culture de l’inceste. »

La domination des dominations

C’est une domination à l’intersection de toutes les discriminations. En effet, les violences subies par les enfants véhiculent d’autres discriminations. Un enfant pauvre, handicapé, racisé, trans, une petite fille vont non seulement subir la violence de certains adultes, mais également les violences systémiques classistes, racistes, validistes, sexistes, transphobes… Dès leur tendre enfance, ils subissent les discriminations de notre société… Ils et elles ne devraient jamais avoir à subir cela.

Une lutte organisée difficile

Contrairement à d’autres groupes opprimés, les enfants ne peuvent pas vraiment s’auto-organiser. La lutte pour le droit des enfants est menée par des adultes qui incarnent nécessairement en partie le problème. C’est en ce sens que l’on peut également parler de domination oubliée. Les personnes concernées ne sont pas entendues et ne peuvent défendre leurs droits elles-mêmes. Mais la lutte existe et elle est nécessaire.

Le collectif enfantiste, par exemple, lutte contre l’adultisme et toutes les formes de violences envers les enfants. Il est présent sur tout le territoire français et est composé de personnes de tous les âges. Des enfants participent aux actions et donnent leur avis et co-construisent ainsi les actions menées.

Ils et elles ont par exemple organisé des manifestations partout en France samedi 15 novembre. Sur leur site, un texte résume assez bien les raisons pour lesquelles il est très important de lutter pour le droit des enfants. Il rappelle les chiffres des violences, revient sur l’affaire de Bétharram et Le Scouarnec qui a très vite été passée sous silence. Enfin, il est mis en avant que cela pourrait être autrement. Cette situation est le résultat de choix politiques.

Le programme EVARS pour mettre en garde contre ces violences ?

En plus du combat politique, des initiatives existent pour protéger les enfants et leur permettre de s’exprimer dès le plus jeune âge. Les programmes EVARS (Éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle) qui ont tant choqué l’extrême droite ont pour but de mettre en garde contre ses violences. Ses séances sont adaptées à l’âge des enfants et leur permettent d’aborder de nombreux sujets tel que le consentement. Mai Lan Chapiron, artiste très engagée contre l’inceste et figure porteuse du mouvement #MeTooInceste intervient dans les classes et expriment que dès le plus jeune âge on peut parler d’agression sexuelle à des enfants.

Elle part dans ces séances d’un album, Le loup, qu’elle a écrit sur le sujet. Et veut transmettre deux règles. D’abord la règle du consentement, si je n’ai pas envie que l’on me touche je peux dire non. Et cela dans n’importe quel cadre. Ensuite, personne n’a le droit de toucher vos parties intimes. En en parlant cela montre aux enfants que ce n’est pas normal et que s’iels sont victimes, ils peuvent en parler.

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