Aide sociale à l’enfance : la République maltraitante

Devant l’Assemblée nationale, des anciens enfants de l’aide sociale à l’enfance brandissaient des pancartes qui en disaient long sur leur calvaire : « On n’est pas des objets », « Stop aux économies sur nos vies ». Leur colère accompagnait la publication du dernier rapport accablant sur l’Aide sociale à l’enfance, cette institution qui broie […]

aide sociale à l'enfance

par

partager

Devant l’Assemblée nationale, des anciens enfants de l’aide sociale à l’enfance brandissaient des pancartes qui en disaient long sur leur calvaire : « On n’est pas des objets », « Stop aux économies sur nos vies ». Leur colère accompagnait la publication du dernier rapport accablant sur l’Aide sociale à l’enfance, cette institution qui broie des vies depuis des décennies dans l’indifférence générale.

Les témoignages se bousculent, unis dans la même détresse. Quentin, 21 ans, placé pendant quinze longues années, exige que « l’État reconnaisse enfin ses énormes défaillances ». Laurence, 39 ans, raconte comment on l’a empêchée de faire des études « dans ce milieu extrêmement violent ». Deborah, aujourd’hui travailleuse sociale après avoir été enfant placée, dénonce l’éternel recommencement : « On accumule les rapports sans rien changer ». Notre brève.

Les solutions insoumises pour l’aide sociale à l’enfance

Le gouvernement Bayrou-Macron détourne le regard alors que des solutions existent. Le programme des Insoumis propose des mesures concrètes pour mettre fin aux dysfonctionnements actuels. Il prévoit d’abord une recentralisation du dispositif de l’Aide social à l’enfance avec un renforcement massif des moyens financiers et humains, garantissant ainsi un accompagnement éducatif de qualité et une égalité réelle entre tous les enfants. La construction de nouveaux foyers permettrait de mieux organiser les placements en séparant les tranches d’âge, en préservant les fratries et en créant des centres spécialisés pour les jeunes victimes d’agressions sexuelles.

Le programme de LFI insiste sur l’urgence d’en finir avec les pratiques indignes, comme les placements en hôtel, et propose d’étendre la prise en charge jusqu’à 25 ans via un contrat jeune majeur obligatoire. Il inclut également un plan spécifique pour les Outre-mer, où les carences sont criantes, avec la création de structures adaptées et la formation de professionnels aux réalités locales. Enfin, pour protéger les droits des enfants, l’assistance systématique d’un avocat serait rendue obligatoire dès le placement.

Pour aller plus loin : Protection de l’enfance : la Défenseure des droits tire la sonnette d’alarme sur une situation catastrophique

Ces propositions montrent qu’une autre politique est possible, à condition que l’État cesse de considérer l’enfance en danger comme une variable d’ajustement budgétaire. Combien de rapports faudra-t-il encore avant que l’État cesse d’être complice de cette maltraitance institutionnelle ?

Par Ulysse

sur le même sujet

« Canicule : un traumatisme de plus » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme

Rechercher