Membres et gestes néonazis : l’UNI persiste et signe

Alors que les élections étudiantes se poursuivent dans les villes étudiantes françaises, et que les manifestations antiracistes et antifascistes se préparent pour le 22 mars, les révélations sur l’organisation étudiante d’extrême droite UNI (Union Nationale Interuniversitaire) n’en finissent pas. De nombreux membres, jusqu’à leur délégué national, se voient affichés en train de faire des signes […]

UNI nazis extrême droite

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Alors que les élections étudiantes se poursuivent dans les villes étudiantes françaises, et que les manifestations antiracistes et antifascistes se préparent pour le 22 mars, les révélations sur l’organisation étudiante d’extrême droite UNI (Union Nationale Interuniversitaire) n’en finissent pas. De nombreux membres, jusqu’à leur délégué national, se voient affichés en train de faire des signes de tendance néonazie.

Dans le même temps, le comportement de l’organisation pour couvrir ces mêmes membres éclate au grand jour, et ce de longue date, accompagné d’un silence gêné et complice de certaines instances universitaires et ministérielles. De plus, la composition de certaines listes locales de l’UNI aux récentes élections étudiantes confirme une orientation politique zemmourisée. Notre article.

L’UNI Bourgogne : une tradition néonazie bien ancrée

La section bourguignonne du « syndicat » peine à cacher ses tendances nazifiantes. Son patron, Jürgens Tyll, s’est fait connaître en 2022 pour un « message de bienvenue » à un nouvel adhérent : une chanson d’un groupe néonazi faisant l’apologie du Collabo Maurice Papon. Trois ans après les faits, le responsable national de l’UNI, Yvenn le Coz défend son responsable local : Tyll n’aurait rien su d’un fichier qu’il se serait contenter de transmettre.

Cette défense ne tient pas. D’abord parce que la source de l’information est le premier message envoyé à C., membre repenti de l’UNI et Génération Z, qui a précisément pris ses distances de ces organisations du fait de leurs dérives nazifiantes. Ensuite, le Coz omet de mentionner une sombre histoire de croix gammée taguée par Tyll (au moins en sa présence) et ses militants lors d’un collage pour Eric Zemmour. Silence radio du côté de l’UNI sur ces graffitis.

Au contraire, l’étudiant en informatique a toute la confiance de ses chefs : aux élections étudiantes de février dernier, il a même été élu au conseil d’administration de son université, en tant que tête de liste du « syndicat » à ces élections. Dès 2022, il a, comme le montre une capture d’écran de sa story Instagram, déposé la liste UNI aux élections CROUS de 2024 : une tâche d’importance stratégique, confiée à Tyll par le grand patron Mathis Gachon.

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Story Instagram de Jürgens Tyll au dépôt de liste UNI aux élections CROUS de janvier 2022, Besançon

Un bureau national trempé jusqu’au cou

Il faut dire que les mêmes Le Coz et Gachon ont leurs propres casseroles. Les deux sont délégués nationaux de l’organisation : des grands chefs à plume en somme. Dans leur défense face aux accusations que subissent leurs sections locales, ils sont constants : il ne s’agit que de dérives locales et/ou individuelles.

Eux-mêmes sont de belles « dérives individuelles ». Deux articles de Mediapart révèlent, pour Le Coz une plainte pour menace de mort, pour Gachon un salut néonazi de sa part.

Yvenn Le Coz et deux autres responsables locaux de l’UNI sont en effet accusés par un professeur de l’université de Caen de menaces de mort. Lors d’un tractage, le professeur leur a fait savoir son désaccord. Ce sont ensuite les insultes (notamment « d’islamiste »), puis le menaces de mort qui pleuvent. Une plainte a été déposée par l’enseignant. Les intéressés dénoncent une « invention » et envisagent…de déposer plainte pour diffamation !

Quant à Mathis Gachon, autre délégué national de l’organisation étudiante, un autre article de Mediapart dévoile un cliché où l’étudiant est vu en train de faire un « salut de Kühnen », salut néonazi. L’intéressé dément toute intention néonazie…alors que la personne visible avec lui sur la photo fait un autre symbole suprémaciste. Signe suprémaciste que Gachon effectue par ailleurs sur une photo de la section strasbourgeoise.

Pour aller plus loin : L’UNI : ce « syndicat » étudiant truffé de nazis

Besançon : symbole du tournant suprémaciste et identitaire de l’UNI

Dévoilée ce mardi, les listes du « syndicat »a ux élections étudiantes de Besançon comportent un nom familier au milieu militant local. En effet, également porte-parole du collectif d’extrême droite Némésis, Yona Faedda était déjà candidate aux élections CROUS de 2024…sur la liste concurrente de la Cocarde étudiante, proche du RN.

En septembre 2024, la même Faedda avait été aperçue en train de tracter pour l’UNI (davantage proche de LR et de Reconquête!). Sa candidature (en position inéligible certes) officialise un retournement de veste, voire un repositionnement stratégique de Némésis, effectif depuis longtemps.

L’étudiante en économie s’est démarquée par ses déboires judiciaires : ses actions racistes lui ont valu plusieurs plaintes pour incitation à la haine. Pour cause : sa section locale de Némésis (dont elle est de fait la seule membre active) a l’habitude de s’incruster à des événements publics pour brandir des pancartes aux messages ouvertement racistes.

Une de leurs banderoles déployées au centre-ville de la capitale comtoise montre une femme blanche, blonde aux yeux bleus, en larmes, la bouche bâillonnée par des mains d’hommes noirs. Le tout agrémenté d’un message assimilant violences sexuelles et immigration. Cette bestialisation des personnes noires n’aurait pas été reniée par l’Italie fasciste, l’Allemagne nazie, ou encore l’Amérique ségrégationniste, celle-là même qui revient avec Donald Trump.

Strasbourg : circulez, y a rien à voir !

Mediapart s’est renseigné sur la section strasbourgeoise de l’UNI. Pour rappel, celle-ci s’était faite épingler pour un jeu de carte antisémite, raciste et misogyne. La direction nationale de l’UNI avait alors suspendu sa section locale et son président, le temps que l’affaire se tasse. Une eurodéputée RN, dont l’assistant est mêlé à l’affaire, avait même affiché publiquement son soutien aux nouveaux ostracisés.

De plus, les élus locaux de l’UNI siègent toujours dans les conseils étudiants, avec l’étiquette de leur organisation. La boucle Whatsapp de la section locale est aussi toujours active, le tout malgré la suspension de la section par le national, élus compris.

Ainsi, si en public l’UNI condamne de malheureuses « dérives » particulières, force est de constater que le racisme et le suprémacisme font système à l’UNI : gestuelle nazifiante, candidats suprémacistes…le tout couvert par nombre d’universités, comme le rapport l’insoumis et lanceur d’alerte Ilies Djaouti, certaines renvoyant même dos à dos « les extrêmes ».

Comme le préconise Ilies Djaouti, la question de la « dissolution » de l’UNI, mais aussi des nids à racistes comme Némésis se pose, ces portraits au vitriol en sont la preuve.

Par Alexis Poyard

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